Kassoum, migrant logé dans le foyer de Médenine : « On ne nous donne même pas à manger »…

Kassoum a fui la Libye en octobre 2018 et a trouvé refuge en Tunisie où il est hébergé au centre pour migrants de Médenine, au sud-est de la Tunisie. Ce jeune Ivoirien de 25 ans raconte à InfoMigrants ses conditions de vie dans ce foyer qui va prochainement fermer ses portes. Il dit ne plus recevoir de rations alimentaires depuis des mois et être forcé de quitter le centre, sans solution d’hébergement.

« Je suis dans le foyer de Médenine, en Tunisie, depuis le mois d’octobre dernier après avoir fui la Libye. Au départ, l’organisation internationale des migrations (OIM) me donnait de la nourriture mais au bout de 60 jours ils ont arrêté. Nous n’avons plus le droit à rien ! »

L’OIM fournit une aide matérielle aux migrants pendant 60 jours. Passé ce délai, c’est au tour du Haut-commissariat des Nations-Unies aux réfugiés (HCR) de prendre le relais. En revanche, les personnes déboutées de leur demande d’asile, comme Kassoum, n’ont plus le droit à rien.

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« Je ne suis pas le seul dans ce cas, nous sommes des dizaines de personnes originaires d’Afrique subsaharienne dans le centre à vivre dans ces conditions. Par contre, les Somaliens, Soudanais et Erythréens du centre ont droit à de la nourriture.

C’est grâce à l’argent que l’on gagne en faisant des petits travaux dans la région – sur les chantiers ou dans les champs d’olives – qu’on s’achète à manger et à boire. C’est la même chose lorsqu’on est malade et qu’on a besoin de médicaments. On va seul à la pharmacie et on se paye nos médicaments. Au foyer, le médecin ne nous sert à rien. La dernière fois j’avais mal aux dents, il m’a donné des médicalements pour les oreilles ! »

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Mongi Slim, du Croissant-rouge tunisien, explique à InfoMigrants que les migrants dont parlent Kassoum sont en attente de leur demande d’asile. Ils continuent donc, comme expliqué plus haut, d’être pris en charge par les organisations internationales.

« Quand on marche dans la rue, des jeunes Tunisiens font des bruits de singe »

« Il y a quelques jours, le personnel du Croissant-rouge [qui gère le centre avec la coopération de l’OIM, ndlr] nous a annoncé que nous devions quitter le centre au plus tard le 8 avril, car il ferme définitivement. Mais où va-t-on aller ? On n’a nulle part où dormir. Je ne sais pas ce que je vais devenir.

On aimerait louer une chambre en centre-ville mais nous n’avons aucun document donc c’est très difficile, voire impossible. On demande au Croissant-rouge qu’ils nous délivrent un nouveau document prouvant que nous sommes sous leur protection, mais ils ne veulent pas. »

Tous les habitants du centre reçoivent à leur arrivée une carte spécifiant qu’ils sont pendant 60 jours sous protection du Croissant-rouge. Passé ce délai, ils n’ont plus de documents à présenter – notamment lors de contrôles policiers. 

« On est livrés à nous-mêmes, ils se fichent de nous et de ce qu’on devient.

De plus, on subit le racisme des Tunisiens. Quand on marche dans la rue, des jeunes nous insultent, font des bruits de singe, lancent des bouteilles en verre sur nous. Parfois ils essayent même de nous arracher nos téléphones portables et si on proteste ou on se débat ça vire en bagarre générale. C’est la jungle ici !

Moi je veux juste vivre. J’aimerais rester en Tunisie mais la vie est trop difficile ici pour les gens comme nous. »

Sources : infomigrants.net

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