Plus de 5000 réfugiés toujours en attente de leur sort à Lesbos…

Quatre ans après le pic de la crise migratoire en 2015, l’île grecque de Lesbos héberge toujours des milliers de migrants qui espèrent poser le pied sur le continent européen. Sur place, la situation s’enlise.

Principale porte d’entrée en Europe au plus fort de la crise migratoire voici quatre ans, l’île de Lesbos abrite aujourd’hui une population migrante d’environ 7000 personnes, soit 2,5 fois la population locale. A lui seul, le camp de Moria en héberge près de 5000 – le double de sa capacité – et reste le plus important d’Europe.

L’île voit toujours arriver presque quotidiennement des embarcations chargées de réfugiés. Avec plus de 400 arrivées par semaine début mars, en majorité des Afghans, Lesbos demeure le principal lieu d’accès des migrants fuyant guerres et misère depuis l’est de la Méditerranée, selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

Moins de naufrages

Malgré une légère reprise début 2019, le nombre d’arrivants n’a toutefois rien de comparable avec la situation d’il y a quatre ans. « En 2015, nous voyions des petits points partout sur nos radars et il fallait souvent décider à quel bateau porter secours sur les huit qu’on détectait en même temps », explique à l’AFP l’ingénieur Georgios Manousos, à bord d’un bateau patrouilleur. Depuis l’accalmie des arrivées en 2017 et 2018, « il n’y a plus trop d’incidents », ajoute-t-il. Le corps d’une fillette victime d’un naufrage a toutefois été découvert début mars sur une plage de l’île.

Selon l’agence européenne de protection des frontières Frontex, 56’500 migrants sont arrivés sur les îles grecques en 2018, contre 875’000 en 2015. Outre la relative amélioration de la situation en Syrie, l’accord entre Ankara et l’UE, conclu en mars 2016 pour freiner les traversées de la mer Egée, a considérablement fait chuter les arrivées sur les îles proches de la Turquie.

La crise migratoire est finie, pas la surpopulation

Cet accord n’a cependant pas résolu les problèmes de surpopulation sur ces îles où les migrants sont confinés en attendant l’examen de leur situation. « Avant, les gens restaient au maximum 48 heures sur les îles », explique le représentant en Grèce du HCR Philippe Leclerc. « La lenteur de la bureaucratie grecque, mais aussi la pression forte de la Commission européenne et de certains Etats membres pour que la Grèce garde les migrants sur ses îles, engendre un surpeuplement et des souffrances fortes des populations », observe le représentant de l’agence onusienne.

Sources : rts.ch

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