L’immigration légale ralentit en France…

C’est  un débat potentiellement à hauts risques sur l’immigration, qui va se tenir ce lundi à l’Assemblée, à la demande du chef de l’Etat. La question est toujours inflammable en France, les forces politiques s’affrontant sans trop tenir compte des chiffres.

Revue de détails :

La France accueille toujours plus, mais moins vite

Depuis 2007 et à l’exception de 2011, la France a délivré chaque année plus de titres de séjour que la précédente. En 2018, elle en a accordé 255.956, contre 171.907 onze ans plus tôt. Mais le rythme de cette progression s’est nettement ralenti l’an dernier, après trois années consécutives d’accélération. En 2017, le nombre de titres avait bondi de 7,4 %. En 2018, il ne s’est accru que de 3,4 %.

Plus d’un tiers de ces titres de séjours (35,2 %) ont été accordés pour des motifs familiaux. Un autre tiers (32,5 %) concerne les étudiants. Le reste se répartit principalement entre l’immigration humanitaire (13,3 %) et économique (13,1 %).

Le regroupement familial minoritaire

C’est l’un des dispositifs les plus critiqués par une partie de la droite et par l’extrême droite. Ce dispositif, qui permet à un étranger non européen détenant un titre de séjour de faire venir son conjoint et ses enfants, ne représente pourtant qu’une part très réduite de l’immigration légale. En 2018, plus de la moitié (53,6 %) des titres de séjours délivrés pour un motif familial a concerné des membres de famille de ressortissants français. Le regroupement familial, qui a fait l’objet de 11.282 titres de séjours l’an dernier, ne représente que 12 % de cette catégorie. Sur le nombre total de titres délivrés en 2018, cette part chute même à 4,4 %. Le regroupement familial a reculé en moyenne de -1,12 % par an depuis 2013.

Demandes d’asile en hausse, acceptation en baisse

Si le nombre de demandes d’asile a bondi de près de 23 % en 2018, le nombre de demandes acceptées ne s’est quant à lui accru que de 4 % l’an passé, avec pour conséquence une baisse du taux d’accord, tombé à 27 % l’an dernier.

Parmi les nationalités représentées, les Afghans ont été les plus nombreux en 2018 avec 9.455 demandes déposées. Suivent les Guinéens (6.188 demandes) et les Albanais (5.793). Sixième nation la plus représentée il y a deux ans, la Syrie n’apparaît plus dans les dix premières l’an dernier. L’Algérie disparaît elle aussi de ce top 10.

Les expulsions de plus en plus nombreuses

Alors que les mesures d’« éloignement » avaient très fortement reculé entre 2012 et 2016, passant de 36.822 à 24.707, elles sont reparties à la hausse ces deux dernières années. Après une première augmentation de 8,4 % en 2017, leur nombre a de nouveau progressé de 13 % en 2018.

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Si les éloignements « forcés » se sont accrus de 10,1 % puis de 9,9 % en deux ans, ce sont surtout les éloignements « aidés » qui ont bondi : + 40 % en 2017 et + 41 % en 2018. Ce dispositif, qui concerne les immigrés irréguliers résidant depuis plus de six mois consécutifs sur le territoire français, se traduit par une assistance administrative, une prise en charge des frais de transport et une allocation pouvant aller de 300 à 650 euros selon les cas.

Sources : https://www.lesechos.fr

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