Espagne : des ONG s’opposent à la collecte de données sur les migrants illégaux

En Andalousie, un projet des autorités prévoit de faciliter la collecte de données fournies par les médecins et les services sociaux afin d’identifier et d’expulser les migrants sans papiers. Le danger de cette mesure décriée par les organisations de défense des droits de l’Homme : que ces personnes ne cherchent plus à être aidées.

En Andalousie, dans le sud de l’Espagne, des données sur l’identité des migrants sans papiers pourraient désormais être communiquées à la police. C’est en tout cas ce que prévoient les autorités andalouses dans une clause figurant dans le projet de budget 2020 de cette région – projet de budget approuvé à la suite d’un accord avec le parti d’extrême droite Vox. Cette clause faciliterait la collecte de données fournies par les médecins et les services sociaux afin d’identifier et d’expulser les migrants en situation irrégulière.

La mesure n’a pas tardé à faire bondir les associations de défense des droits de l’Homme. Vendredi 25 octobre, 125 organisations ont dénoncé une mesure aux conséquences potentiellement dramatiques dans un communiqué joint. Ils ont prévenu le gouvernement d’Andalousie qu’elles contesteraient cette mesure en justice. Une telle décision « constitue une attaque flagrante contre les droits fondamentaux des migrants », peut-on lire dans la déclaration commune.

« C’est illégal », assure, de fait, la porte-parole de l’Association pour les Droits humains d’Andalousie (APDHA) Natalia Garcia Caballos à l’AFP. Selon cette dernière, le fait de « permettre l’identification, la localisation et la possible expulsion des personnes qui ont été identifiées après avoir contacté un médecin ou les services sociaux » reviendrait à mettre les migrants dans une situation de très grande « vulnérabilité ». Le danger : que ces personnes ne cherchent pas à être aidées, de peur d’être expulsées.

L’extrême droite fait son entrée au parlement

En Andalousie, où 32 000 migrants en situation irrégulière ont été recensés par le gouvernement en mars, le parti Vox, créé seulement en 2014 et habitué jusque-là aux petits scores électoraux, a récemment réalisé une percée remarquée dans les rangs de l’Assemblée. En avril, il a fait son entrée pour la première fois au parlement espagnol

Les accords passés entre le gouvernement d’Andalousie, une coalition de droite composée du Parti populaire (PP) et de Ciudadanos (centre-droit), et Vox ne sont pas nouveaux. En juin, la formation au pouvoir s’était déjà entendu avec le parti d’extrême droite afin de faire adopter le projet de budget 2019. 

Infos Migrants

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