Royaume-Uni : record d’arrestations pour travail illégal depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste

Bar à ongles, sociétés de lavage de voiture, restaurants, barbiers… Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste en juillet 2024, les autorités britanniques ont mené plus de 17 400 raids dans des entreprises du pays employant des personnes sans-papiers. Un chiffre jamais atteint au Royaume-Uni.
Le 1er mai 2025, trois travailleurs vietnamiens en situation irrégulière ont été interpellés dans un bar à ongles de Belfast, en Irlande du nord. Le 28 juin, quatre personnes, originaires de Roumanie, d’Éthiopie et de Jordanie, ont été arrêtées à Bangor, au Pays de Galles, pour travail illégal dans une société de lavage de voiture. Le 25 octobre, ce sont trois travailleurs chinois sans-papiers qui ont été appréhendés dans un restaurant asiatique de Londres.
Ces arrestations se sont multipliées ces dix-huit derniers mois au Royaume-Uni. Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste de Keir Starmer en juillet 2024, plus de 17 400 raids ont été menés et 12 300 arrestations ont été effectuées, a indiqué le gouvernement britannique dans un communiqué publié lundi 12 janvier.
A lire aussi
Royaume-Uni : le gouvernement multiplie les arrestations de migrants pour travail illégal
Les entreprises visées sont principalement des bars à ongles, des sociétés de lavage de voiture, des barbiers, des entreprises du secteur de la construction et de la restauration, ou encore des services de livraison.
Ainsi, les descentes de police enregistrent une hausse de 77 % sur 18 mois ; et les arrestations, une augmentation de 83 %.
Londres, les West Midlands et le Sud-Ouest ont vu le plus grand nombre d’arrestations. Plus de 2 100 interpellations ont eu lieu à Londres durant cette période, soit une hausse de 47 %.
« Les arrestations pour travail illégal et les raids ont atteint le plus haut niveau de l’histoire du Royaume-Uni », s’est félicité le gouvernement.
Sur le total des 12 300 arrestations, 1 726 personnes ont été expulsées vers leur pays d’origine.
« Il n’y a pas de place pour le travail illégal dans notre société. (…) Je ne reculerai devant rien pour rétablir l’ordre et le contrôle de nos frontières », a insisté la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.
Cette hausse des arrestations s’inscrit dans le cadre de l’application de la nouvelle loi sur l’immigration, qui a augmenté de 5 millions d’euros le financement pour arrêter, détenir et éloigner les personnes travaillant illégalement au Royaume-Uni. Des contrôles plus stricts du droit au travail ont également été introduits, de sorte que les travailleurs occasionnels, temporaires ou sous-traités sont obligés de prouver leur statut administratif.
Rendre le Royaume-Uni « moins attrayant »
« La répression du travail illégal s’appuie sur les efforts de ce gouvernement pour rétablir l’ordre dans le système d’immigration et mettre fin à l’appât du travail illégal que les gangs utilisent pour vendre des places sur de petits bateaux », peut-on encore lire dans le communiqué.
A lire aussi
Royaume-Uni : la publicité des traversées de la Manche sur les réseaux sociaux bientôt punie de 5 ans de prison
Avec sa nouvelle loi, le gouvernement veut ainsi rendre « moins attrayant » le Royaume-Uni pour les migrants. Beaucoup d’entre eux, qui attendent dans le nord de la France en espérant traverser la Manche, pensent en effet qu’il est plus facile de travailler au Royaume-Uni sans-papiers.
Or travailler en situation irrégulière dans le pays n’est pas sans risque, car c’est passible de prison, mais aussi car les personnes sans papiers sur le territoire britannique sont des proies faciles pour des patrons peu scrupuleux qui sous-paient leurs salariés, ne respectent pas les conditions de sécurité au travail ou vont jusqu’à confisquer les passeports de leurs employés.
Les stations de lavage de voiture à la main « Car Wash », que l’on retrouve en bordure des routes ou dans les parkings des supermarchés britanniques, sont fréquemment pointées du doigt par les ONG anglaises. Des salariés étrangers, souvent sans papiers, y travaillent jusqu’à 12 heures par jour pour un salaire quotidien de 40 pounds (44 euros), révélait en 2018 un rapport conjoint de l’Université de Nottingham et du Bureau du Commissaire indépendant à la lutte contre l’esclavage.
Sous pression dans son pays, le Premier ministre Keir Starmer est devancé dans les sondages par le parti anti-immigration Reform UK qui caracole dans les intentions de vote. Malgré la multiplication des mesures pour enrayer les traversées de la Manche depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement à l’été 2024, les départs depuis les côtes françaises ont explosé en 2025.
Cette année-là, 41 472 personnes ont rejoint les rives anglaises après avoir entrepris la périlleuse traversée, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45 774 enregistré en 2022, selon les données du ministère britannique de l’Intérieur.
Sources: infomigrants




