Traversées irrégulières de la Manche : la barre symbolique des 10 000 arrivées au Royaume-Uni a été franchie

Depuis le début de l’année, 10 244 migrants ont traversé la Manche à bord de « small boats » pour rejoindre l’Angleterre. L’année dernière à la même période, ils étaient plus de 18 000. Soit une baisse de 41%. Depuis plusieurs années, le gouvernement britannique multiplie les mesures pour tenter d’enrayer les départs irréguliers dans la Manche.
Dix mille. C’est le nombre d’arrivées irrégulières par « small boats » au Royaume-Uni entre le 1er janvier et le 22 juin 2026. L’année dernière à la même période, ils étaient 18 400 à traverser la Manche, soit une baisse de 41% sur un an.
Au total sur l’année 2025, 41 472 migrants ont atteint le Royaume-Uni, à bord de 672 embarcations, malgré le danger mortel que cette traversée représente.

Le record d’arrivées en une journée a été battu le 15 juin dernier, alors que 710 migrants débarquaient sur les côtes britanniques à bord de 11 « small boats ». On constate néanmoins que le nombre d’application du droit d’asile a diminué tandis que celui des retours de migrants vers leur pays d’origine ou d’expulsion a augmenté. En cause : une politique migratoire durcie par le parlement britannique.
Des accords franco-anglais sans beaucoup d’effets
Londres et Paris ont signé en avril un nouvel accord triennal visant à endiguer le phénomène des traversées de ma Manche. La contribution financière de Londres est en nette augmentation – 766 millions d’euros contre 540 millions sur la période 2023/2026 – mais pour la première fois, une partie (186 millions d’euros) est désormais flexible pour être ajustée plus efficacement en fonction des besoins.
L’accord « un pour un » a aussi été prolongé jusqu’en octobre 2026. Conclu à l’été 2025, il prévoit le renvoi en France de migrants arrivés à bord de « small-boats » au Royaume-Uni. Et en échange, Londres accepte d’accueillir des migrants se trouvant en France, via une route sûre et légale, et exprimant leur volonté de demander l’asile. L’objectif de 2 500 échanges avaient été fixés.
Mais le bilan pour les 10 premiers mois de cet accord est mitigé : selon les autorités, à la date du 26 mai, 783 migrants ont été renvoyés en France tandis que 736 ont été accueillis au Royaume-Uni depuis la signature du traité en août 2025. Soit une moyenne de 17 par semaine, loin de l’objectif de 50 migrants par semaine envisagé par les Britanniques.
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Cet accord avait été conclu entre Emmanuel Macron et Keir Starmer. Dès son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le Premier ministre britannique avait promis de « reprendre le contrôle » des frontières. Le chef du gouvernement, confronté à la pression du parti anti-immigration Reform UK et très fortement contesté au sein de son camp travailliste, a ainsi multiplié les mesures ces deux dernières années afin de mettre un terme aux traversées de la Manche à bord de « small boats ». Sans succès. Il a annoncé sa démission ce lundi 22 juin.
La traversée de la Manche reste particulièrement dangereuse. Samedi dernier, une femme a été retrouvée morte dans un canot de migrants par les forces britanniques. Depuis le début de l’année, neuf personnes ont péri dans la Manche en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. En 2025, au moins 29 migrants sont morts en mer, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.
Sources: Infomigrants




