Uncategorized

Grèce : un Marocain, considéré comme un passeur, arrêté après la collision avec les gardes-côtes

Quelques heures après la collision entre un canot de migrants et un bateau des gardes-côtes grecs en mer Égée mardi soir, un Marocain de 31 ans a été arrêté sur l’île de Chios. L’homme a été désigné par les survivants comme un passeur. La collision a provoqué la mort d’au moins 15 personnes.

Un Marocain de 31 ans a été arrêté mercredi soir sur l’île grecque de Chios a annoncé jeudi 5 février la garde côtière grecque dans un communiqué. L’homme, actuellement hospitalisé, a été désigné par des rescapés afghans comme un passeur.

Il va être présenté jeudi à un juge d’instruction pour « facilitation d’entrée illégale sur le territoire grec », « refus d’obtempérer » et « provocation de naufrage ».

Mardi soir, une « violente collision » entre un patrouilleur des gardes-côtes grecs et une embarcation de migrants près de Chios a causé la mort d’au moins 15 exilés. Vingt migrants, dont 10 enfants, sont par ailleurs toujours hospitalisés. Deux femmes enceintes ont perdu leur fœtus dans l’accident, selon la presse grecque.

« Les criminels sont les passeurs »

« Les criminels sont les passeurs (…) qui ont tenté de déposer des migrants à Chios », a déclaré mercredi Thanos Plevris, le ministre grec des Migrations, à l’occasion d’un débat au Parlement sur un projet de loi qui durcit les peines des passeurs. Selon cet ex-élu d’extrême droite, « les gardes-côtes ont repéré le bateau des migrants et leur ont ordonné de s’arrêter mais les passeurs ont fait un virage pour s’échapper et ont percuté le patrouilleur » de la police portuaire. Les migrants étaient à bord « d’une vedette à grande vitesse sans feux de navigation dont le pilote n’avait pas obtempéré aux signaux lumineux et sonores des gardes-côtes », indique un communiqué de la police portuaire.

A lire aussi
« J’avais des rêves, des envies » : des migrants condamnés comme des passeurs croupissent dans une prison grecque (3/3)

« Il a fait demi-tour et la vedette est entrée en collision avec le flanc droit du patrouilleur des gardes-côtes », ajoute le texte qui souligne que « sous la violence de l’impact », la vedette des migrants « a chaviré et coulé ».

Le nombre total de migrants qui se trouvaient à bord au moment de la collision reste inconnu. Les opérations de recherche pour tenter de retrouver d’éventuels survivants, avec cinq patrouilleurs et un hélicoptère de la police portuaire, se sont poursuivies toute la journée de mercredi et jeudi matin, selon la télévision publique ERT. Sans résultat jusqu’ici.

Les recherches se poursuivent jeudi 5 février en mer Égée pour retrouver d'éventuels disparus, après la collision entre un bateau des gardes-côtes grecs et un canot de migrants au large de Chios, le 3 février 2026. Crédit : Reuters
Les recherches se poursuivent jeudi 5 février en mer Égée pour retrouver d’éventuels disparus, après la collision entre un bateau des gardes-côtes grecs et un canot de migrants au large de Chios, le 3 février 2026. Crédit : Reuters

Après avoir exprimé « sa tristesse pour les morts », le ministre des Migrations a félicité, mercredi au Parlement, les gardes-côtes « qui ont sauvé les personnes et secouru les personnes retrouvées en mer ». Cela « montre le combat que nous devons mener contre les passeurs meurtriers de migrants en situation irrégulière (…), les seuls responsables de ce qui se passe », a-t-il poursuivi.

Le ministre des Affaires maritimes, Vassilis Kikilias, a assuré que l’enquête sur les circonstances de cet accident sera menée « avec transparence et professionnalisme ».

Une autre collision en 2024

« Le gouvernement doit des explications au-delà de tout doute [sur cette tragédie], surtout après l’aggravation de sa politique anti-immigration qui favorise des logiques xénophobes », a réagi mercredi dans un communiqué le parti de gauche Syriza.

La Grèce a été accusée à plusieurs reprises ces dernières années par des ONG et des médias, vidéos à l’appui, de pratiquer des refoulements illégaux de migrants vers la Turquie.

Dix-huit membres des gardes-côtes sont d’ailleurs accusés d’homicide involontaire par négligence dans le naufrage d’un chalutier au large de Pylos, ville du sud-ouest du Péloponnèse en 2023, l’un de plus importants naufrages en Méditerranée orientales ces dernières années ayant fait des centaines de morts. Parmi les 104 survivants de ce naufrage, plusieurs dizaines ont fait une plainte collective contre la police portuaire grecque, alléguant que les gardes-côtes avaient mis des heures à intervenir lorsque le bateau était en difficulté, malgré les avertissements de Frontex, police portuaire de l’UE, et de l’ONG Alarm Phone.

Par ailleurs, cette collision n’est pas la première : en mai 2024, un migrant avait été tué, et cinq autres blessés, dans une collision survenue entre un canot et un patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Symi. Selon les autorités, le pilote du bateau pneumatique avait sauté par-dessus bord pour éviter d’être arrêté, provoquant une collision avec l’un des patrouilleurs.

Source: Infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page