Route des Canaries : au moins 7 morts et de nombreux disparus dans un naufrage au large de la Gambie

Sept personnes sont mortes jeudi 1er janvier dans un naufrage survenu au large de la Gambie. Au moins 96 exilés ont pu être secourus mais l’embarcation transportait « présumément plus de 200 personnes », ce qui laisse craindre un nombre élevé de disparus.
C’est au large de Jinack, dans la région frontalière du Sénégal de North Bank, en Gambie, que le naufrage s’est produit. Au moins sept personnes sont mortes dans ce drame qui est survenu dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.
« Le gouvernement est informé d’un accident maritime tragique impliquant un bateau transportant présumément plus de 200 personnes migrantes, et qui aurait chaviré vers minuit dans la nuit du 31 décembre au large de Jinack, dans la région de North Bank », dans le nord-ouest de la Gambie, selon un communiqué du ministère gambien de la Défense transmis à l’AFP.
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Alertée par un appel de détresse, la marine nationale gambienne a lancé vers 1 heure du matin jeudi une opération de recherche et sauvetage, à laquelle ont pris part plusieurs bateaux de la marine et un bateau de pêche venu prêter main forte, affirme le communiqué.
Cette opération a permis de secourir 96 personnes. « Parmi elles, dix sont dans un état grave », a précisé le ministère. Selon les autorités, l’embarcation « transportait présumément plus de 200 personnes migrantes », ainsi « nombre de passagers sont portés disparus », ajoute le communiqué.

Plusieurs victimes ont été identifiées comme n’étant pas de nationalité gambienne, ont annoncé les autorités sans donner davantage de précisions. Les identifications sont toujours en cours.
Dans son communiqué, le gouvernement gambien a présenté « ses sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux affectés par ce regrettable incident », et a rappelé « son engagement » à lutter contre l’émigration clandestine.
Route meurtrière
Depuis une dizaine d’années, la route migratoire au départ des côtes ouest-africaines pour rejoindre les îles Canaries, en Espagne, est devenue l’un des principaux itinéraires empruntés par les migrants subsahariens.
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Et les naufrages se multiplient sur cet itinéraire. Le 24 décembre, au moins 12 corps d’exilés ont été repêchés au large de Joal, dans le département de Mbour, au sud de Dakar, suite au naufrage d’une embarcation de migrants. En août également, au moins 69 personnes sont mortes suite à un naufrage au large de la Mauritanie. Les exilés étaient eux aussi partis d’Afrique de l’Ouest et faisaient route vers les iles Canaries.
Cette année, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Du côté de la route Atlantique, c’est-à-dire de l’Afrique occidentale vers l’archipel des Canaries, l’ONG dénombre 1 906 morts et disparus en 2025. La grande majorité étaient partis de Mauritanie. L’an dernier, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là).

Une baisse notamment due à la chute des arrivées aux Canaries en 2025. Un peu plus de 17 500 personnes ont rejoint l’archipel depuis le 1er janvier, contre près de 47 000 en 2024, selon le ministère espagnol de l’Intérieur.
Cette chute des arrivées est attribuée par les autorités au renforcement de la surveillance des frontières au Sénégal et en Mauritanie, dans le cadre d’accords bilatéraux passés avec l’Espagne, et de partenariats migratoires avec l’Union européenne.
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Mais l’autre conséquence du renforcement des contrôles, c’est que les exilés tentent maintenant de prendre la mer depuis des côtes beaucoup plus éloignées. C’est le cas de l’embarcation qui a fait naufrage jeudi. Plus de 1 500 km séparent les côtes gambiennes des îles Canaries, rendant la traversée bien plus dangereuse.
« La distance est importante – il faut entre quatre et sept jours de navigation si tout se passe bien [pour rejoindre l’archipel espagnol] –, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, d’autant que le comportement des passeurs peut accroître le danger », expliquait Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines fin septembre à InfoMigrants.
Sources: infomigrants




