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Manche : un réseau de passeurs démantelé en début de semaine

nterpellés en début de semaine en région parisienne et à Calais, sept hommes suspectés d’avoir organisé des traversées clandestines de migrants vers le Royaume-Uni sont jugés ce jeudi par le parquet de Boulogne-sur-Mer. La semaine précédente, un autre réseau de passeurs était devant la justice pour son implication dans le naufrage d’une embarcation survenu en décembre 2022.

Après plus de six mois d’enquête menée par la police aux frontières (PAF), une vaste opération policière orchestrée en début de semaine a permis d’interpeller sept suspects entre Calais et la région parisienne.

Ces hommes d’origine irakienne, afghane et iranienne, sont suspectés d’alimenter un réseau de traversées clandestines de migrants depuis la Côte d’Opale (au Nord de la côte picarde, en France) à destination du Royaume-Uni. Ils seraient affiliés à un réseau mafieux et des armes ont été retrouvées chez certains.

Les suspects étaient présentés à un juge du parquet de Boulogne-sur-Mer jeudi 26 juin en vue d’une mise en examen, qui devrait probablement être assortie d’une mesure de détention provisoire au regard des faits reprochés.

Une dizaine de traversées à l’actif du réseau

D’après les éléments recueillis, le réseau avait ses habitudes au Portel et à Outreau. Les passeurs se rendaient en Allemagne afin de récupérer du matériel nautique, qu’ils transportaient ensuite à Calais, avant d’amener celui-ci sur les plages de cette localité ainsi que du Boulonnais.

C’est de là que partaient ensuite les bateaux pneumatiques, avec à leur bord entre 60 et 70 migrants, pour tenter de rallier les côtes britanniques.

Les surveillances et écoutes réalisées par les enquêteurs ont révélé que ce réseau de passeurs aurait à son compte une dizaine de traversées réussies de la Manche. Au total, d’après les estimations, ces passeurs auraient aidé entre 600 et 700 migrants à atteindre le Royaume-Uni. Les sommes perçues sont estimées entre 600 000 et 700 000 euros, à raison d’environ 1 000 euros la traversée par personne.

Depuis le 1er janvier, plus de 18 000 personnes ont traversé la Manche à bord de « small boats », d’après les autorités britanniques, dont plus de 3 500 depuis le 11 juin. Ces traversées illégales avaient connu un net rebond en 2024 avec plus de 36 800 migrants arrivés sur le territoire britannique, soit 23% de plus que l’année précédente qui avait connu une baisse notables des arrivées.

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Les traversées de la Manche ont représenté 84% des arrivées illégales au Royaume-Uni en 2024 et la plupart des personnes, majoritairement des Afghans, des Syriens, des Iraniens et des Vietnamiens, arrivant par ce biais y demandent l’asile.

Ces traversées sont particulièrement risquées bien que la distance séparant les côtes britanniques de celles françaises soit courte (environ 30 km).

Répressions judiciaires des passeurs

La semaine passée, dix hommes étaient jugés à Lille, dans le nord de la France, pour leur rôle présumé de passeurs dans le naufrage d’une embarcation le 14 décembre 2022 au cours duquel au moins quatre migrants ont péri. Quatre autres passagers ont également été portés disparus.

Les passeurs présumés encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour avoir recruté des intermédiaires et assurer la logistique auprès des migrants alors que d’autres géraient l’organisation de camps de migrants à Loon-Plage, près de Dunkerque. D’autres encore sont jugés pour s’être occupés du transport des migrants vers la plage et de la mise à l’eau du canot, ou encore pour avoir collecté une partie des paiements.

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Parmi les suspects, huit hommes, Afghans et Kurdes, comparaissaient au tribunal pour homicide involontaire et traite d’êtres humains. Le verdict doit être rendu le 30 juin. L’un des prévenus est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, tandis qu’un second doit être jugé ultérieurement en Belgique.

Le pilote du canot pneumatique, un mineur Sénégalais qui avait assuré avoir été contraint de prendre la barre sous la menace d’une arme, a écopé de neuf ans de prison au Royaume-Uni en février 2024 pour la même affaire.

Plusieurs autres condamnations judicaires à l’encontre de passeurs et réseaux de trafic d’êtres humains ont déjà été prononcées durant ce mois de juin. Une stratégie répressive utilisée par les autorités françaises comme britanniques pour décourager les traversées clandestines de la Manche.

Le 16 juin, un Irakien, lui-même candidat à l’exil vivant dans un camp à Dunkerque, a été condamné à 18 mois de prison ferme pour avoir transporté une quarantaine de migrants désireux de rejoindre le Royaume-Uni au passage de la frontière franco-britannique.

Au début du mois, un ressortissant syrien a été condamné lundi 2 juin à un an de prison ferme pour aide à la circulation irrégulière d’un étranger entre la France et le Royaume-Uni.

Sources: infomigrants

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