24 heures après avoir échoué au Portugal, 38 Marocains sous le coup d’une expulsion

La justice portugaise a délivré ce samedi un ordre d’expulsion à la plupart des 38 Marocains qui se sont échoués, la veille, au sud du pays. Les autorités se félicitent d’un traitement rapide de la situation, tout en affirmant qu’aucun exilé du groupe n’a déposé une demande d’asile.
Le tribunal de Silves, dans le district de Faro au Portugal, a tranché, samedi 9 août. La majorité des 38 Marocains ayant échoué, la veille au soir, sur les côtes portugaises, sont sous le coup d’une procédure de rapatriement.
Ils sont 25 hommes, six femmes et sept enfants – le plus jeune âgé d’un an seulement – à avoir pris une embarcation en bois depuis le littoral marocain pour tenter de rejoindre l’Europe. Alertée à 20h vendredi 8 août, la police maritime portugaise a porté assistance à ces passagers qui « présentaient des signes de mauvaise santé », précise The Portugal News. Le groupe a ainsi pu débarquer sur une plage de Vila do Bispo, localité située dans la région la plus au sud du Portugal, dans ce même district de Faro.
A lire aussi
Le Portugal annonce l’expulsion prochaine de près de 18 000 immigrés irréguliers
Dans la foulée de cette décision d’expulsion du juge, le ministre de la présidence, António Leitão Amaro, a félicité la rapidité du système judiciaire et salué le fait que le Portugal maintient ses « frontières maritimes sûres ». « Le Portugal dispose d’un vaste littoral et, bien que nous soyons vulnérables, les autorités portugaises ont réagi rapidement et efficacement », a déclaré le ministre à la presse portugaise.
20 jours pour quitter le pays
Ces Marocains ont désormais 20 jours pour quitter le pays volontairement, après quoi, les autorités prévoient de les expulser de force. Seuls les enfants, en raison de la protection internationale qui leur est due, ne sont pas soumis à l’ordre d’expulsion.
Les migrants se trouvent actuellement dans un bâtiment fourni par le conseil municipal de Vila do Bispo, aménagé spécialement, avec sur place une équipe de la Garde nationale républicaine (GNR, l’équivalent de la gendarmerie), la protection civile et les pompiers. Ainsi, placés « sous la garde des autorités », ils seront « détenus dans un centre de détention temporaire ou similaire » jusqu’à leur expulsion, a fait savoir le ministre.
A lire aussi
Ces pays de l’UE, réputés accueillants en 2015, qui ont durci leur politique migratoire
C’est l’Agence pour l’intégration, la migration et l’asile (AIMA) qui est chargée de coordonner l’opération de rapatriement, une fois l’entièreté du processus d’identification et des audiences judiciaires de tous les adultes du groupe achevés.
Les adultes accompagnant des enfants, ainsi que certains Marocains du groupe encore hospitalisés, n’ont en effet pas été entendus par le juge samedi. Mais ils étaient attendus au tribunal d’ici ce lundi soir au plus tard pour que leur sort soit fixé, a assuré à Euronews le commandant Ilídio Barreiros, de l’unité de contrôle des côtes et des frontières de la GNR.
Cinq jours de dérive et des morts lors de la traversée
Quant à savoir s’ils ont exprimé la volonté de déposer une demande d’asile après leur arrivée sur le sol européen, António Leitão Amaro a rétorqué à la presse portugaise : « pour l’instant, il n’y a pas de demande d’asile et il n’y a pas lieu de spéculer sur l’affaire ou sur leur sort ».
Leur dérive en mer aura duré cinq jours, durant lesquels quatre passagers du canot sont décédés, a rapporté au média portugais Observador un témoin direct du débarquement, vendredi. « J’ai parlé à une famille avec un enfant d’un an. Ils m’ont demandé de l’eau et du tabac. Et aussi de la nourriture. Il y avait un couple sur la plage qui leur a donné de la nourriture », a expliqué ce témoin, indiquant qu’une fois débarqués, les migrants se sont assis près d’un parking et ont « attendu de l’aide ».
A lire aussi
Portugal : manifestation du parti d’extrême droite Chega contre l’immigration
Le nouveau gouvernement portugais, issu des élections de mai, adopte un ton bien plus dure que son prédécesseur sur les questions d’immigration. Mi-juillet, grâce aux voix de la coalition gouvernementale de droite et de l’extrême droite, le Parlement a voté une série de dispositions pour limiter les visas de travail ou encore le regroupement familial.
Un texte finalement retoqué par le Conseil constitutionnel vendredi. La plus haute juridiction du pays a jugé inconstitutionnels cinq articles, dont certains concernant le regroupement familial. Mais « nous ne renoncerons pas à notre objectif », a affirmé jeudi soir le Premier ministre Luís Montenegro. « Si une disposition n’est pas pleinement conforme aux principes constitutionnels, la majorité respectera cette décision et trouvera une solution juridique », a-t-il déclaré.
Sources: infomigrants




