France : des sans-papiers assignent aux prud’hommes des multinationales du traitement des déchets

Onze Marocains et Marocaines ont saisi la justice en France pour faire valoir leurs droits après avoir travaillé sans papiers et dans des conditions précaires pour un sous-traitant de grands groupes, notamment pendant la période du Covid-19. Une audience se tenait à Paris vendredi 26 septembre au conseil des prud’hommes, instance judiciaire dédiée au droit du travail.
En France, des travailleurs essentiels estiment avoir été exploités pendant des années par l’entreprise NTI et ont décidé de l’attaquer aux prud’hommes, l’instance judiciaire dédiée au droit du travail. C’est le cas d’Amine, 25 ans, employé par ce sous-traitant dans des usines de traitement des déchets de Veolia, de Suez ou encore de Paprec partout en région parisienne et même jusqu’à Nice. « Moi, je suis un salarié qui a perdu l’odorat. Depuis que je travaille dans ce domaine, penché sur le tapis, en train de trier pendant des heures et des heures, on est payé 60 euros la journée, 80 euros la nuit. Notre équipe avons rapporté beaucoup d’argent pour les donneurs d’ordre, parce que nous, on fait le travail deux fois, trois fois plus que leurs salariés », explique Amine. Il est depuis parvenu à être embauché chez Veolia.
Khadija, une autre Marocaine de 37 ans, assure qu’elle travaillait sans contrat, sans salaire fixe et sans fiche de paye.
Les grands groupes se défendent
L’audience de vendredi 26 septembre aux prud’hommes a duré plus de cinq heures. NTI, le sous-traitant, n’existe plus et devant le conseil des prud’hommes, les avocats des grands groupes assurent qu’ils ne savaient pas que les travailleurs étaient sans-papiers. L’un assure avoir mis fin au contrat avec le sous-traitant quand il l’a appris. Ils plaident par ailleurs avoir veillé à la sécurité sur les lieux de travail.
Ali Chaligui, du syndicat CGT, accompagne les salariés depuis plusieurs années : « Cette sous-traitance a vocation à niveler les conditions de travail et les salaires vers le bas », soutient le syndicaliste. Pour lui, il faut donc aussi interroger la responsabilité des collectivités locales, qui délèguent le traitement des déchets à ces entreprises.
La décision des prud’hommes est attendue le 12 décembre prochain.
Sources: infomigrants




