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Nord de la France : nouvelle fusillade à Loon-Plage, 4 migrants blessés

Un nouvel échange de tirs par armes à feu a éclaté mardi soir à Loon-Plage dans le nord de la France. Quatre migrants ont été légèrement blessés. Ces fusillades ne sont pas rares dans cette zone de départs pour les migrants désireux de rejoindre le Royaume-Uni. Un business lucratif propice aux règlements de compte entre trafiquants, selon les autorités.

Une fusillade a éclaté mardi 4 novembre dans la soirée dans le campement de Loon-Plage, près de Dunkerque, dans le nord de la France.

« Sur place, quatre migrants légèrement blessés ont été pris en charge par les secours. De son côté, la police a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances de ces échanges de tirs et tenter d’en identifier les auteurs », écrivent nos confrères de La Voix du nord.

Ce n’est pas la première fois que des heurts violents par armes à feu éclatent dans ce campement informels – où patientent des centaines de migrants en attente de traverser la Manche pour rejoindre l’Angleterre.

Le 27 juillet déjà, un homme âgé d’une trentaine d’années avait reçu sept balles dans le corps, selon une information de La Voix du Nord confirmée à InfoMigrants.

InfoMigrants témoin d’une fusillade en juillet

Cet été, les fusillades étaient quasi hebdomadaires dans cette zone où de nombreux mini-campements ont essaimé ces dernières années. Mi-juin, une double fusillade avait notamment fait deux morts et six blessés, dont une femme et un enfant de deux ans.

Les associations mettent en cause l’insalubrité des campements et leur démantèlement systématique qui exacerbent les tensions. De leur côté, les autorités dénoncent des mafias qui ne se cachent plus pour organiser leur trafic.

En reportage début juillet sur les départs de migrants vers le Royaume-Uni, InfoMigrants a même été témoin d’une fusillade à Loon-Plage lors de laquelle un Irakien a été blessé à la jambe. Nos reporters ont pu constater à quel point la tension pouvait survenir à n’importe quel moment de la journée, et ce malgré la présence d’associations, de femmes et d’enfants. « Ce qui a changé, c’est qu’il y a moins d’endroits [qu’avant] pour se cacher, pour faire des transactions sur les passages en Grande-Bretagne », témoignait alors Sarah Berry, responsable de l’ONG britannique Roots.

Le campement de Loon-plage, en juillet 2025. Crédit : InfoMigrants
Le campement de Loon-plage, en juillet 2025. Crédit : InfoMigrants

Malgré les coups de feu, les règlements de compte entre passeurs, les familles restent à Loon-Plage qui se trouve à quelques centaines de mètres des plages de départ pour tenter la traversée illégale vers le Royaume-Uni. Elles se sont habituées à ces fréquentes scènes de violence.

« Vous pouvez gagner 100 000 euros par bateau »

« Hier [mardi 8 juillet, ndlr], un homme masqué est venu et a tiré à plusieurs reprises, j’ai juste entendu les détonations », témoignait à InfoMigrants au début de l’été Zakaria, un Afghan de 20 ans. « Maman m’a dit de rester loin des pistolets », avait dit en riant encore Myriam*, une fillette somalienne, croisée dans le campement

Pour Maya*, sa mère, la simple évocation des trafiquants suffit à couper net la discussion : « J’ai un bébé avec moi. Évidemment que je n’aime pas qu’il y ait des armes ici », dit-elle. « Mais je ne veux pas parler d’eux [les passeurs, ndlr]. Je ne veux pas qu’ils me voient avec vous ».

La violence entre les réseaux de passeurs n’est pas nouvelle et concerne généralement le contrôle des territoires. Les trafiquants se disputent les quelque 200 km de plages de la Belgique à la Baie de Somme – en vue des traversées illégales.

Et ce trafic de migrants se chiffre en dizaines de millions d’euros chaque année. « C’est assez lucratif, vous pouvez gagner 100 000 euros par bateau, donc quand vous avez 500 canots qui traversent [la Manche] chaque année, ça représente de belles sommes », estime Xavier Delrieu, directeur de l’Oltim, interrogé par France 24. Pour le vice-procureur du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer Florian Pappo, même « le trafic de stupéfiants ne rivalise pas avec une soirée réussie pour des passeurs de migrants ».

Sources: infomigrant

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