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Maroc : 550 migrants empêchés de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta

Ce week-end, 550 migrants, dont 400 Subsahariens, ont été empêchés de rejoindre de manière irrégulière Ceuta, selon les autorités marocaines. Les exilés, qui avaient établi un campement dans la forêt adjacente à l’enclave espagnole, ont été chassés de leur lieu de vie par la police marocaine, et envoyés loin des côtes, dans le sud et l’est du royaume chérifien.

Le Maroc intensifie sa lutte contre l’immigration irrégulière. Le week-end du 11 et 12 octobre, la police a empêché 550 exilés de rejoindre l’enclave espagnole, seule frontière terrestre de l’Union européenne avec Melilla sur le sol africain, ont annoncé les autorités marocaines.

Les forces de sécurité ont mené d’importantes opérations de ratissage dans les campements de migrants érigés dans les forêts près de Ceuta, entre les villes de Tanger et de Tétouan. Au total 400 migrants subsahariens ont été interpellés sur leur lieu de vie informel. Ils ont « tous été expulsés vers les régions de l’est et du sud du royaume », a indiqué une source sécuritaire au site d’actualité Hespress. Cent-quarante migrants marocains, dont 40 mineurs, ont également été arrêtés et renvoyés dans leur ville d’origine.

Des migrants essayent de franchir la barrière qui sépare le Maroc de Ceuta (archives). Crédit : Reuters
Des migrants essayent de franchir la barrière qui sépare le Maroc de Ceuta (archives). Crédit : Reuters

Ces opérations interviennent alors que des appels à franchir, de manière groupée, la barrière qui sépare le Maroc de Ceuta, mais aussi de Melilla, ont été relayés sur les réseaux sociaux, selon la presse locale. Les autorités marocaines, qui s’attendent à d’autres mouvements similaires vers les enclaves espagnoles dans les prochains jours, ont intensifié leurs actions visant à interpeller des jeunes dans les villes de Tanger, Fnideq et Tétouan.

La semaine dernière, des hélicoptères de la gendarmerie ont mené des vols de reconnaissance au dessus des forêts près des enclaves espagnoles, à la recherche de regroupements de migrants qui seraient venus de différentes régions pour tenter d’escalader les barbelés, suite aux incitations sur les réseaux sociaux.

Hausse des expulsions

Le Maroc mène régulièrement des opérations de ce type dans le nord du pays, visant à éloigner les migrants des côtes. Ces derniers mois, les associations humanitaires de Tiznit, dans le sud du pays, s’inquiètent d’une hausse des expulsions dans cette ville de 90 000 habitants.

« Les bus arrivent tous les 2-3 jours et laissent environ 50 à 70 migrants », expliquait en août Roméo Nyamsi, de l’antenne de Tiznit d’Alarme Phone Sahara, joint par InfoMigrants.

Image d'archives de migrants franchissant la clôture séparant le Maroc de Melilla. Credit: Reuters
Image d’archives de migrants franchissant la clôture séparant le Maroc de Melilla. Credit: Reuters

Une fois envoyés à Tiznit, les migrants « font comme ils peuvent ». « Ils se débrouillent. La plupart vivent de la mendicité », ajoutait-il, regrettant l’absence de centre d’accueil « pour les accueillir, les intégrer ou les aider ». « Ils mendient en groupes dispersés près des feux de circulation. Certains dorment en plein air sur l’un des ronds-points de Tiznit », abondait El Madani Dahbi, responsable de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à InfoMigrants.

Certains parviennent à se faire employer au marché, comme assistants d’artisans ou dans des fermes, « mais une fois l’argent récolté, ils repartent pour le nord du Maroc, espérant traverser la mer pour rejoindre l’Europe », selon les humanitaires.

Aide financière

Depuis le réchauffement des relations diplomatiques entre Rabat et Madrid en 2022, le Maroc a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière une de ses priorités. Selon le ministère de l’Intérieur marocain, près de 80 000 migrants ont été empêchés de rejoindre l’Union européenne depuis le Maroc au cours de l’année 2024. En 2023, ce sont 87 000 migrants qui ont été interpellés sur la route vers l’Europe et encore 70 000 l’année précédente. La majorité de ces personnes sont originaires d’Afrique subsaharienne.

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Et le Maroc peut compter sur le soutien de l’UE. Depuis 2019, le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez a débloqué plus de 120 millions d’euros à Rabat pour soutenir ce pays de transit dans sa lutte contre l’immigration irrégulière. En parallèle, depuis 2013, l’UE a déboursé plus de 360 millions d’euros – dont 234 millions proviennent du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union pour l’Afrique, indique une note de l’UE datée de février 2022 – pour aider le Maroc.

Ainsi, « parmi les voisins de l’UE, le Maroc représente le deuxième portefeuille de coopération en matière de migration », peut-on lire dans le même document européen. En 2022, l’UE affirmait voir en Rabat « un partenaire stratégique et engagé […] en matière de migration », « loyal et fiable ».

Sources: infomigrants

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