Bulgarie : six migrants meurent après une course poursuite des passeurs et une voiture de police

Une course poursuite entre un véhicule où se cachaient des migrants et une voiture de police a viré au drame jeudi en Bulgarie. « La police a tenté d’arrêter le véhicule […] mais le conducteur n’a pas obtempéré », a expliqué la police. La voiture a fait une sortie de route et fini dans un lac. Six passagers, tous migrants, sont morts.
Six migrants ont trouvé la mort jeudi 6 novembre dans l’est de la Bulgarie après la chute dans un lac de la voiture dans laquelle ils se trouvaient. Un issue fatale après une course-poursuite avec la police, a indiqué vendredi à l’AFP un porte-parole bulgare du ministère de l’Intérieur.
« La police a tenté d’arrêter le véhicule une première fois à 21h30, mais le conducteur n’a pas obtempéré », a détaillé un porte-parole de la police, ajoutant que ce premier incident s’était produit à 50 km au sud de la ville de Bourgas.
Deux autres tentatives d’interception ont suivi et, lors de la troisième, à l’entrée de Bourgas, le véhicule a fait une sortie de route et a terminé dans un lac. Outre les six décédés, trois autres migrants ont été blessés et le conducteur, un citoyen roumain, a été interpellé, a précisé le porte-parole du ministère.
La nationalité des migrants n’a pas été précisée.
Nombreux drames migratoires dans le pays
Bourgas, ville portuaire de la mer Noire, se trouve près du massif de Strandja. La région est un axe fréquenté par les réseaux de passeurs vers l’Union européenne. En juillet, d’ailleurs, les autorités bulgares avaient annoncé avoir saisi près de 70 bateaux gonflables, destinés au passage de migrants dans la Manche (entre la France et l’Angleterre), au poste de contrôle frontalier de Kapitan Andreevo, au sud-est de la Bulgarie.
Le pays a aussi connu d’autres drames migratoires. Trois mineurs originaires d’Égypte, âgés de 15 à 17 ans, avaient été retrouvés morts, fin décembre 2024, en Bulgarie, à quelques kilomètres de la frontière turque. Les associations avaient alors accusé les autorités de Sofia d’avoir empêché le sauvetage de ces trois adolescents, et d’avoir ainsi causé leur mort.
En février 2023, la police bulgare avait découvert dix-huit cadavres de migrants dans un camion abandonné dans un village, à une vingtaine de kilomètres de la capitale Sofia.

En août 2022, deux policiers bulgares avaient été tués après qu’un bus transportant des migrants a percuté leur véhicule. Une enquête avait été ouverte et cinq personnes interpellées. « Le véhicule ne s’est pas arrêté malgré deux contrôles routiers. Une patrouille l’a alors pris en chasse et lui a barré le chemin », avait à l’époque précisé Stanimir Stanev, présent sur les lieux du drame. Le véhicule s’est ensuite encastré dans un arrêt de bus d’un quartier résidentiel de la ville. Quarante-sept passagers d’origine syrienne, dont des femmes et des enfants, étaient présents à bord du véhicule immatriculé en Turquie. Aucun n’avait été blessé.
Le pays est aussi dans le viseur des ONG pour son atteinte aux droits humains. En décembre de la même année, une enquête du Monde et d’un consortium de journalistes européens avaient révélé l’existence d’un lieu de détention illégal utilisé par les gardes-frontières bulgares pour retenir les personnes étrangères à proximité de la frontière turque. Des exilés y ont été enfermés dans des cages, dans des conditions sanitaires déplorables et ont été soumis à des violences avec des chiens.
Depuis son adhésion pleine et entière à l’espace Schengen en janvier 2025, la Bulgarie est soumise à une forte pression de la part des autres États membres de l’UE dans sa capacité à gérer les flux migratoires. Les questions de sécurité aux frontières figuraient parmi les principales préoccupations qui ont retardé l’entrée de la Bulgarie à l’espace Schengen – l’Autriche et les Pays-Bas ayant dans un premier temps opposé leur veto à une adhésion.
Sources: infomigrants




