Calais : un migrant est mort d’hypothermie le dernier jour de l’année 2025

Un migrant est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été retrouvé en état d’hypothermie à Calais le 31 décembre, ont indiqué en fin de semaine le parquet de Boulogne-sur-Mer et une association. L’homme vivait depuis plusieurs années dans cette ville du nord de la France en espérant atteindre un jour le Royaume-Uni.
La fin d’année a été tragique dans le nord de la France. Un homme sans papiers a été retrouvé mort le 31 décembre dans les rues de Calais. Selon l’association Salam, qui a annoncé le décès dès le lendemain, il s’agit d’une « personne qui survivait à la rue depuis de longues années à Calais ».
La Voix du Nord précise que la victime prénommée Ahmed était originaire d’un peuple nomade du Sahara. Il vivait dehors depuis son arrivée en France en 2023, où il avait demandé l’asile. « Cette personne, connue des habitants et des bénévoles, arpentait depuis de longues années les rues de Calais, nourrissant l’espoir constant de pouvoir traverser le détroit », peut-on lire dans un communiqué inter-associatif.
Vendredi 2 janvier, le parquet de Boulogne-sur-Mer a confirmé ces informations à l’AFP : « Un homme sans domicile fixe a été découvert en hypothermie mais conscient. Il a été emmené à l’hôpital et a fait un arrêt cardiaque dont il est décédé ». Le parquet n’a en revanche pas donné plus d’éléments sur l’identité de la victime.
« Un examen de corps a eu lieu et une autopsie ordonnée compte tenu du jeune âge de la victime », a ajouté le parquet, indiquant qu’une enquête avait été ouverte afin de déterminer les causes de la mort.
« Cela fait deux jours que je n’ai pas dormi »
« Sa mort rappelle une nouvelle fois la vulnérabilité extrême dans laquelle vivent de nombreuses personnes exilées, exposées aux intempéries et au manque de protection », déplorent les associations.
La veille de ce décès, le 30 décembre, l’Auberge des migrants avait interpellé la préfecture des Hauts-de-France sur la situation à Calais. « Les personnes à la rue souffrent de froid, ont des engelures, des crevasses, le 115 est plein et les personnes se font toujours expulser [des campements informels, ndlr], les couvertures et tentes confisquées », avait écrit l’association sur le réseau social X. « Nous demandons aux autorités à tous les niveaux de mettre fin par tous les moyens aux situations de rue. Ouverture de gymnases, réquisition de logements vides, ouvertures de place d’hébergements d’urgence, la fin des expulsions coûteuses et inhumaine. Des solutions existent ! ».
Ces derniers jours, les associations ont été nombreuses à se plaindre de la prise en charge par l’État des personnes, notamment migrantes, vivant à la rue. Car malgré l’activation du plan Grand froid dans plusieurs régions, de nombreux exilés ont passé des nuits dehors, sous des températures négatives.
« Cela fait deux jours que je n’ai pas dormi. C’est impossible de s’endormir vraiment avec ce froid. On le ressent dans tout le corps. Jusque dans les os. Je n’en peux plus ! », témoignait à Paris la semaine dernière à InfoMigrants Falikou, un jeune Ivoirien dont la minorité vient d’être contestée par le département. Falikou s’est d’abord installé sous un pont de la capitale. Puis, transi de froid, il s’est réfugié dans la gare de Lyon. « Le sol est toujours très froid mais il y a moins de vent », confiait-il.
« Quelques centaines de personnes, que ce soient des adultes ou des enfants » vont pouvoir bénéficier du plan Grand froid mais « on ne va pas pouvoir répondre à toutes les personnes », avait prévenu sur France Info le 29 décembre Éric Constantin, directeur régional Ile-de-France de la Fondation pour le logement des défavorisés (ancienne Fondation Abbé-Pierre).
Le 29 décembre à Paris, Utopia 56 a recensé « 89 personnes en famille dont 34 enfants à la rue », lors de sa permanence place de l’Hôtel de ville. « Toutes ont appelé le 115, sans solution. La préfecture avait pourtant affirmé mettre les moyens pour répondre ‘à toutes les demandes' », s’est désolé l’association.
Sources: Infomigrants




