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En dix ans, deux fois plus de déplacés dans le monde et moins d’aide internationale

Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) est confronté à une crise profonde : le nombre de personnes déplacées de force dans le monde est estimé à 117,3 millions en 2025, l’équivalent de la population de la RDC. Un chiffre qui a presque doublé en 10 ans. Le financement de l’aide internationale a, lui, diminué drastiquement, en particulier depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

De notre correspondant à Genève, 

Face à la multiplication des conflits armés, la politisation du droit d’asile et les coupures dans l’aide internationale, l’ONU doit réexaminer à partir de ce lundi 15 décembre à Genève ses stratégies autour de la question des réfugiés. Les discussions porteront sur plusieurs thèmes, dont le financement innovant, l’inclusion, les voies d’accès sûres vers les pays tiers, la transformation des camps de réfugiés en « établissements humains » et les solutions à long terme. Des engagements des bailleurs sont attendus.

Trois réfugiés sur quatre exposés aux catastrophes climatiques

En 10 ans, il y a en effet eu l’aggravation du conflit en Syrie, au Yémen, la guerre au Soudan, en Ukraine, le conflit en Birmanie, et le retour de l’instabilité dans toute l’Afrique subsaharienne. Et tout cela, sans compter le réchauffement climatique, dont on sait qu’il contribue à amplifier les déplacements. Aujourd’hui, les trois quarts des réfugiés vivent dans des endroits exposés aux catastrophes climatiques comme les sécheresses, les inondations ou les cyclones.

Le nombre de personnes déplacées de force dans le monde est estimé à 117,3 millions en 2025, l’équivalent de la population de la RDC. Un chiffre qui a presque doublé en 10 ans.

Et puis, il y a le contexte : la xénophobie est en hausse. Le droit d’asile est remis en cause. C’est le cas bien sûr aux États-Unis où l’administration a réduit le quota de réfugiés admis sur le territoire à 7 500 personnes seulement pour 2025. C’était 100 000 auparavant. Il y a quelques jours, Donald Trump s’est encore emporté contre « tous ces pays de merde » qui envoient leurs migrants aux États-Unis. Il a d’ailleurs coupé les vivres de la plupart des organisations internationales.

Les États-Unis réduisent leur aide internationale

Au Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), qui dépendait à 40 % des subventions de Washington, cela signifie 5 000 suppressions de postes cette année déjà. Et ce n’est pas fini. L’agence onusienne va avoir un nouveau patron : l’ex-président irakien Barham Saleh succèdera en janvier à l’Italien Filippo Grandi, qui a passé dix ans aux commandes. Officiellement, il faut attendre le feu vert de l’Assemblée générale de l’ONU, mais les agences Reuters et l’AFP affirment qu’il s’agit bien de lui. Le choix de cet ancien responsable irakien et kurde peut surprendre. Alors qu’il y avait en face une pléthore de diplomates et de candidats avec a priori plus d’expérience sur les questions de migrations.

Ce qui surprend surtout, c’est sa nationalité. À l’ONU les nominations sont très politiques. Jusqu’ici, le HCR a quasiment toujours été dirigé par des Occidentaux. Parce que ce sont des donateurs traditionnels de l’agence. Mais à l’heure où ces donateurs ne répondent plus au téléphone, il est presque logique que le HCR se tourne vers d’autres profils comme Barham Saleh pour attirer, peut-être, d’autres financeurs. Et, pourquoi pas, les pays du Golfe.

Sources: infomigrants

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