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La Grèce va ouvrir trois centres pour migrants en Crète

Le gouvernement grec va ouvrir d’ici le printemps deux centres temporaires pour migrants en Crète, et une autre structure permanente, selon la presse locale. L’île a connu en 2025 une hausse de 200 % des arrivées d’exilés venus de la ville de Tobrouk, à l’est de la Libye.

Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, a annoncé, lundi 2 février, que trois centres pour migrants allaient prochainement être ouverts en Crète, selon la presse locale. Le premier sera construit à l’est de l’île, dans la zone industrielle d’Héraklion ; et le deuxième à l’ouest, dans l’ancien centre d’exposition de la Canée, qui sert déjà de structure d’accueil. Les deux sites, temporaires en fonction du flux migratoire, devraient être opérationnels d’ici le printemps prochain, a précisé le ministre. Le troisième sera permanent, sa localisation n’a pas été précisée.

La Crète, confrontée à une forte hausse des arrivées de migrants l’an dernier, ne dispose pas de centres d’accueil. Les exilés qui viennent de débarquer peuvent passer quelques nuits sur l’île avant d’être rapidement transférés en Grèce continentale.

Des migrants arrivent sur la petite île de Gavdos, après avoir été secourus en mer, le 19 décembre 2025. Crédit : Reuters
Des migrants arrivent sur la petite île de Gavdos, après avoir été secourus en mer, le 19 décembre 2025. Crédit : Reuters

Dans ces trois nouveaux sites, les autorités procéderont à un examen de la situation du demandeur d’asile. Les personnes dont la demande de protection a peu de chances d’aboutir, selon les critères d’Athènes, seront transférées dans des centres de détention en attendant le traitement accéléré de leur dossier, puis leur éventuelle expulsion du territoire grec. Les autres seront prises en charge dans le système d’accueil classique des demandeurs d’asile.

Avec ce nouveau processus, le gouvernement vise particulièrement les ressortissants d’Égypte, du Pakistan et du Bangladesh. « La plupart [de ces personnes] n’ont pas le droit à l’asile », a insisté lundi Thanos Plevris. La Grèce est par ailleurs en pourparlers avec ces trois États pour faciliter le retour de ces migrants dans leur pays d’origine.

Près de 20 000 arrivées en 2025

En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés en Crète et sur la petite île voisine de Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %. Parmi ces personnes, 7 300 étaient originaires du Soudan, plus de 7 000 d’Égypte et 3 500 du Bangladesh, d’après les données du ministre des Migrations.

Pour atteindre la Crète, les exilés partent de la ville de Tobrouk, à l’est de la Libye, située à 300 km de l’île grecque. La route dite de Tobrouk s’est largement développée l’année dernière au dépend de celle passant de la Turquie vers les îles de la mer Égée. En 2024, 78 % des arrivées en Grèce se faisait via les îles de la mer Égée, et seulement 8 % via la Crète. Alors qu’en 2025, 44 % des migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie et 40 % en partant de Libye, selon le ministre.

Face à cette hausse, les autorités locales se sont vite retrouvées débordées, et le gouvernement grec a rapidement tenté de dissuader les migrants de venir sur l’île.

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En juillet 2025, Athènes a annoncé qu’elle allait déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes, pour stopper les embarcations de migrants en route vers la Grèce. En août, les autorités ont décidé de suspendre pour trois mois le traitement des demandes d’asile des personnes arrivant en bateaux depuis l’Afrique du Nord. Mi-octobre, l’enregistrement des dossiers a finalement repris. Mais malgré cette reprise, « la situation politique ne change pas », expliquait début novembre à InfoMigrants Agapi Chouzouraki, chargée de plaidoyer à l’ONG du Conseil grec pour les réfugiés. « Le but du gouvernement est d’expulser un maximum d’étrangers hors de Grèce » rapportait-elle.

En septembre, le gouvernement a aussi voté une loi criminalisant les migrants. Le séjour irrégulier n’est plus une irrégularité administrative mais un délit pénal. Les étrangers restés sur le territoire grec après le rejet de leur demande d’asile risquent une peine de deux à cinq ans de prison, et une amende de 10 000 euros. « Le message est clair […] Si votre asile est rejeté, vous avez deux choix : soit vous rentrez dans votre pays, soit vous irez en prison », avait déclaré le ministre des Migrations, Thanos Plevris, fin août.

Sources: infomigrants

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