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Grèce : face au flux de migrants depuis la Libye, Athènes suspend les demandes d’asile

Athènes a annoncé mercredi suspendre temporairement l’examen des demandes d’asile de migrants arrivant à bord de bateaux en provenance des pays d’Afrique du Nord. Le pays connaît actuellement de fortes arrivées, principalement sur l’île de Crète, dans le sud de la Grèce, et sur la petite île de Gavdos.

« Le passage vers la Grèce est fermé », a lancé, mercredi 9 juillet, le Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis devant les députés, avertissant que « tout migrant entrant illégalement [en Grèce] sera arrêté et détenu ».

Face à la forte recrudescence des arrivées depuis la Libye, Athènes a décidé de suspendre temporairement l’examen des demandes d’asile de migrants arrivant à bord de bateaux en provenance des pays d’Afrique du Nord.

Le Premier ministre, qui depuis son arrivée au pouvoir en 2019 mène une politique migratoire très restrictive, a indiqué qu’il allait informer l’Union européenne (UE) de sa décision de « suspendre, dans un premier temps pour trois mois, les demandes d’asile pour les migrants arrivant à bord de bateaux en provenance d’Afrique du Nord ».

La Grèce connaît actuellement une vague d’arrivées, principalement dans le sud du pays, sur l’île de Crète et sur la petite île de Gavdos. Les exilés qui arrivent ont embarqué depuis la Libye, en particulier depuis la ville portuaire de Tobrouk, dans l’est du pays sous contrôle du puissant maréchal Khalifa Haftar.

« Restez où vous êtes »

Selon les autorités grecques, plus de 7 300 migrants sont arrivés en Crète et à Gavdos depuis le début de l’année, contre 4 935 sur l’ensemble de 2024. Depuis le début du mois de juin, ces arrivées se sont encore accélérées, atteignant 2 550.

Selon le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, il s’agit d’une « invasion d’Afrique du Nord », et le message porté par le chef du gouvernement est « clair ». « Restez où vous êtes, nous ne vous acceptons pas », a dit cet ancien membre d’une formation d’extrême droite sur X.

La Crète et Gavdos ne disposent pas de structures d’accueil adéquates contrairement aux îles du nord-est de la mer Égée, comme Lesbos. Les autorités locales ne cessent d’appeler le gouvernement à prendre des mesures pour y faire face.

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Devant le Parlement, Kyriakos Mitsotakis a promis la « création, dans un premier temps, d’un centre fermé permanent en Crète, et possiblement d’un second ».

Suspension de l’asile en 2020

La Grèce avait déjà temporairement suspendu l’examen des demandes d’asile début 2020 en pleine crise migratoire avec la Turquie quand des milliers de personnes en quête d’asile dans l’UE avaient afflué à la frontière gréco-turque.

Mercredi à l’aube, une opération de sauvetage d’un nouveau groupe d’environ 520 migrants a été menée par la police portuaire grecque et l’Agence de surveillance des frontières européennes, Frontex, au large de Gavdos.

Des centaines de personnes étaient entassées sur un vieux bateau de pêche ayant appareillé des côtes libyennes. Elles ont toutes été transférées sur un cargo qui naviguait à proximité et seront transférés à Lavrion, port à 50 km d’Athènes, selon la police portuaire.

Dimanche, plus de 600 migrants ont été secourus dans cette zone de la Méditerranée orientale au cours de quatre opérations de sauvetage distinctes, selon la police portuaire.

Un futur accord avec la Libye

Porte d’entrée régulière de migrants des côtes turques proches depuis la crise migratoire de 2015, Lesbos, Chios, Leros, Kos et Samos ont connu une réduction du nombre de migrants ces dernières années.

Des accords passés avec la Turquie pour lutter contre les réseaux de trafiquants sur ses côtes occidentales ont notamment permis de réduire les arrivées. Depuis plus d’un an et demi, la route migratoire passe désormais par la Libye et place de fait la Grèce, l’Italie et Malte en première ligne.

Face à ce phénomène, Athènes souhaite passer un accord avec la Libye, similaire à celui conclu entre la Libye et l’Italie en 2017. Depuis février 2017, les gardes-côtes libyens sont chargés de stopper les embarcations de migrants en Méditerranée, en échange d’une aide financière italienne.

La Grèce a également annoncé qu’elle allait déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes, pour stopper les embarcations de migrants.

Sources: infomigrants

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