La Suède veut durcir les règles d’obtention de la citoyenneté

Le gouvernement suédois a annoncé lundi vouloir durcir les règles d’acquisition de la citoyenneté, en introduisant des exigences « d’honnêteté » et de situation financière, un test de langue et de culture générale, et en portant la durée de résidence requise de cinq à huit ans.
Le ministre de l’Immigration, Johan Forssell, juge qu’il est actuellement trop facile d’acquérir la nationalité suédoise. « La nationalité doit avoir plus de sens qu’aujourd’hui », a-t-il déclaré lundi 9 février. « La fierté est un sentiment que l’on éprouve lorsqu’on a travaillé dur pour atteindre un objectif. Mais travailler dur n’a pas caractérisé l’acquisition de la citoyenneté », a estimé le ministre.
« Il était possible de devenir citoyen après cinq ans sans connaître un seul mot de suédois, sans rien savoir de notre société suédoise, sans avoir de revenus propres », a encore déclaré Johan Forssell.
Exigences d’une « vie honnête »
Ainsi le ministre de l’Immigration a annoncé son intention de durcir les règles d’acquisition de la citoyenneté. Selon le texte de loi, les étrangers devront justifier de huit ans de résidence en Suède pour introduire une demande de nationalité, contre cinq actuellement.
Les personnes ayant un casier judiciaire – dans leur pays d’origine ou en Suède – et ayant purgé une peine devront, quant à elles, attendre jusqu’à 17 ans avant de pouvoir demander la citoyenneté, contre 10 ans aujourd’hui.
Les étrangers devront aussi effectuer des tests de langue et de culture générale, similaires à ceux utilisés au Danemark et aux États-Unis, a indiqué le gouvernement. Les premiers tests devraient débuter en août.
Les candidats devront également disposer d’un revenu mensuel avant impôt de 20 000 couronnes (1 900 euros), à l’exception des retraités et des étudiants.
Enfin, les personnes qui ne respecteraient pas les exigences d’une « vie honnête » ne se verront pas accorder la citoyenneté. Cela pourrait inclure le fait d’avoir accumulé de fortes dettes, d’être sous contrôle judiciaire ou même d’être toxicomane.
Si elles sont approuvées par le Parlement – le gouvernement de droite détient la majorité grâce au soutien des Démocrates suédois d’extrême droite – ces nouvelles règles entreront en vigueur le 6 juin, jour de la fête nationale suédoise, et s’appliqueront même aux demandes de nationalité déjà en cours de traitement.
Chute des demandes d’asile
Cette volonté de durcir les conditions d’accès à la nationalité suédoise n’est pas nouvelle. En janvier 2025 déjà, Johan Forssell avait estimé que « la citoyenneté doit se mériter, elle ne doit pas être accordée sans condition ». « Cela est particulièrement important à un moment où la Suède a accueilli des centaines de milliers de personnes provenant de nombreuses régions du monde ces dernières années », avait-il ajouté.
Depuis l’afflux massif de migrants en Suède pendant la crise migratoire de 2015, les gouvernements successifs de gauche et de droite ont durci les règles en matière d’asile et d’immigration. Soutenu par les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite anti-immigration, le gouvernement d’Ulf Kristersson a introduit des restrictions de plus en plus sévères depuis son arrivée au pouvoir en 2022.
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Stockholm a notamment durci l’accès au regroupement familial et a surtout fortement augmenté l’aide financière au retour des migrants dans leur pays d’origine. Depuis le 1er janvier 2026, en effet, la contribution de l’aide financière au retour peut atteindre 30 000 euros – contre 2 300 euros auparavant.
En parallèle, le nombre de demandes d’asile a chuté de 30 % l’an dernier par rapport à l’année précédente (6 735 en 2025, contre 9 645 en 2024). L’immigration liée à l’asile en Suède reste à son niveau le plus bas depuis 40 ans. « Si je fais le bilan du mandat jusqu’à présent [entre 2022 et 2025], on constate que le nombre [de demandes d’asile] a diminué de près de 60 % et que, dans le même temps, les retours ont augmenté de 60 % », s’est félicité début janvier Johan Forssell.
Sources: Infomigrants




