La Finlande veut instaurer un test de « culture civique » pour l’obtention de la nationalité

Le gouvernement finlandais a annoncé jeudi vouloir introduire un test portant sur la connaissance de la société finlandaise pour les étrangers demandant la nationalité dans le pays. Ce test devra être passé dans l’une des deux principales langues officielles de la Finlande, le finnois ou le suédois.
C’est une nouvelle étape dans le durcissement de la politique d’immigration finlandaise. Le gouvernement a annoncé jeudi 16 avril vouloir introduire un test portant sur la connaissance de la société finlandaise pour l’obtention de la nationalité.
Ce test devra être passé dans l’une des deux principales langues officielles de la Finlande, le finnois ou le suédois, par voie électronique. Il vise à « évaluer les connaissances des candidats sur le fonctionnement de la société finlandaise et ses principes fondamentaux », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Alternativement, les candidats pourront démontrer leurs « connaissances civiques » en passant un examen d’entrée à l’université ou en obtenant un diplôme universitaire en finnois ou en suédois.
Les questions porteront sur les principales lois en Finlande, les droits fondamentaux et les droits de l’Homme, l’égalité, l’égalité des sexes, l’histoire et la culture.
« La citoyenneté finlandaise ne s’obtient pas automatiquement », a prévenu la ministre de l’Intérieur Mari Rantanen, citée dans le communiqué. « L’objectif de ces réformes est d’encourager l’intégration, l’emploi et le respect des règles de la société finlandaise », a ajouté cette membre du parti anti-immigration Les Finlandais.
S’il est approuvé par le Parlement finlandais, ce test sera mis en place l’année prochaine.
La Finlande n’est pas le seul État de l’Union européenne (UE) à mettre en place des tests civiques pour les étrangers souhaitant s’installer durablement dans le pays. Depuis le 1er janvier 2026, les étrangers présents en France et demandant pour la première fois un titre de séjour, une carte de résident ou la naturalisation doivent obligatoirement réussir un examen civique et prouver qu’ils maîtrisent la langue française. En février, la Suède voisine a également proposé un test de connaissances similaire dans le cadre de son durcissement des règles d’obtention de la nationalité.
Accélérer les expulsions
Cette nouvelle disposition finlandaise représente « la dernière étape d’une réforme plus large de la législation sur la nationalité » qui « durcit les conditions d’obtention de la nationalité finlandaise », indique encore le communiqué du ministère de l’Intérieur.
Les exigences concernant la durée de résidence du demandeur, son casier judiciaire et ses ressources financières ont déjà été renforcées.
Le gouvernement a également proposé jeudi d’accélérer encore l’exécution des décisions d’expulsion. Avec cette nouvelle loi, le gouvernement souhaite rendre légale l’expulsion de migrants en situation irrégulière, même durant un recours introduit en justice. Ce texte ne s’appliquerait pas aux demandeurs d’asile mais aux étrangers qui ont un permis de séjour en Finlande sur la base de liens de travail, d’études ou de relations familiales.
Les autorités finlandaises veulent aussi imposer une interdiction d’entrée sur le territoire à l’avance à l’encontre des personnes « qui constituent une menace grave pour l’ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale ».
Durcissement de la politique migratoire
La Finlande a commencé à durcir sa politique migratoire en 2023 à la suite de l’arrivée d’un millier de migrants sans visa en novembre de la même année depuis la Russie voisine. Helsinki a alors fermé cette frontière longue de 1 340 km et affirmé que cet afflux de migrants avait été orchestré par la Russie, ce que le Kremlin avait démenti.
Une loi avait ensuite été votée en avril 2024 pour entériner cette fermeture puis prolongée en avril 2025 car, selon le gouvernement, « le risque que la migration instrumentalisée reprenne et s’étende, comme cela a été le cas précédemment, reste probable ».
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Le Parlement finlandais a également adopté en juillet 2024 une loi très controversée sur l’asile. Le texte autorise les gardes-frontières à refuser l’entrée de demandeurs d’asile à la frontière orientale du pays sans examiner leur demande, sous certaines conditions. Cette loi, destinée à contrer les « attaques russes hybrides », selon les termes des autorités finlandaises, peut être activée pour un mois dans des zones délimitées du pays, si sa souveraineté et sa sécurité sont jugées menacées.
Outre les expulsions aujourd’hui autorisées à la frontière, de plus en plus d’étrangers n’ayant pas pu renouveler leur droit de séjour sont eux aussi éloignés. La police finlandaise a expulsé 2 070 ressortissants étrangers entre janvier et septembre 2025, en hausse de 30 % par rapport à la même période l’année dernière, selon les données du Conseil national de la police finlandaise.
Les contrôles dans les lieux publics ont été renforcés et le droit de séjour des étrangers fait maintenant l’objet d’un « examen rigoureux », expliquait en fin d’année dernière un responsable policier, Janne Lepsu, interrogé par l’AFP. « S’il s’avère qu’un ressortissant étranger ne dispose pas de ce droit, tous les moyens seront mis en œuvre pour qu’il quitte la Finlande ou l’espace Schengen. »
Une situation de plus en plus courante car, dans l’examen des dossiers d’immigration, « les décisions négatives sont plus fréquentes qu’avant », et moins de poids est accordé aux situations individuelles dans chaque cas, constatait de son côté Johannes Hirvela, porte-parole des services d’Immigration.
Sources: Infomigrants




