La Norvège bloque l’extradition vers la Grèce du directeur de l’ONG d’aide aux migrants Aegean Boat Report

La justice norvégienne a bloqué en appel l’extradition vers la Grèce de Tommy Olsen, le directeur de l’ONG Aegean Boat Report. Le Norvégien est accusé par Athènes de trafic de migrants. Il avait été arrêté le 16 mars, à son domicile de Tromsø, à la suite d’un mandat d’arrêt européen émis par Athènes. Il a fait appel et a été remis en liberté le 20 mars.
Tommy Olsen ne sera pas extradé vers la Grèce. Son avocat a indiqué, samedi 16 mai, que la justice norvégienne avait bloqué en appel l’extradition vers la Grèce du fondateur de l’ONG de défense des droits humains Aegean Boat Report.
Le Norvégien est accusé par Athènes de trafic de migrants pour avoir transmis, en 2021, aux autorités locales de Kos des informations sur un groupe de migrants qui l’avait contacté afin qu’ils soient hébergés et puissent déposer une demande d’asile. En clair, la Grèce reproche au militant d’avoir été contact avec des migrants avant qu’ils ne foulent le sol grec.
Dans cette affaire, les autorités grecques estiment que Tommy Olsen et son association sont coupables de « complicité de trafic d’êtres humains » et d’ »activités criminelles ».
Une enquête avait été ouverte en 2022 contre lui et Panayote Dimitras, de l’ONG Greek Helsinki Monitor. En mai 2024, un procureur grec avait repris ces accusations et émis un mandat d’arrêt national contre Tommy Olsen. Depuis cette date, le Norvégien ne s’est plus rendu en Grèce car il risquait d’y être arrêté et emprisonné. Le 11 février 2025, la police norvégienne avait informé l’avocat de Tommy Olsen qu’un mandat d’arrêt européen avait cette fois-ci été émis contre lui.
« Risque réel de violation du droit à la liberté d’expression »
Tommy Olsen a été arrêté le 16 mars à son domicile par la police norvégienne. Le même jour, un tribunal avait estimé qu’il pouvait être extradé vers la Grèce. Mais Tommy Olsen a fait appel et a été remis en liberté le 20 mars.
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La cour d’appel de Norvège a rejeté le mandat d’arrêt grec, estimant que « les actes décrits dans l’acte d’accusation grec ne sont pas punissables en droit norvégien », a expliqué l’avocat de Tommy Olsen, Brynjulf Risnes, dans un courriel à l’AFP.
La cour d’appel a également jugé que « le comportement des autorités grecques comport[ait] un risque réel de violation du droit d’Olsen à la liberté d’expression », a indiqué Brynjulf Risnes.
« Il ne s’agit pas seulement d’une importante victoire personnelle pour Tommy Olsen », a réagi l’Aegean Boat Report sur son site internet. « C’est aussi une décision importante pour les journalistes, les défenseurs des droits humains, les travailleurs humanitaires et toutes les personnes qui documentent les abus aux frontières de l’Europe. »
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La Grèce est régulièrement accusée par des ONG et des médias de refoulements de migrants contraires au droit international, et de traquer les organisations qui les défendent.
Fondée en 2017, l’Aegean Boat Report documente ces opérations attribuées aux gardes-côtes grecs, qu’Athènes dément.
Plus de 1 200 migrants sont morts ou portés disparus en Méditerranée depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Sources: Infomigrants




