Grèce : l’île de Chios ravagée par les flammes, le centre pour migrants évacué

Plus de 600 migrants hébergés dans le camp de Vial, à Chios, ont été évacués dimanche en raison d’un incendie de forêt qui ravage l’île grecque. Les exilés ont été transférés vers le gymnase couvert de la ville. Athènes a envoyé, lundi, des équipes en renfort sur l’île pour épauler les pompiers déjà présents alors que les rafales de vents attisaient encore les flammes.
La Grèce est, cet été encore, touchée par d’importants feux de forêts. Une cinquantaine d’incendies se sont déclarés à travers le pays entre le samedi 21 et le dimanche 22 juin. Si la plupart ont été maîtrisés, l’île de Chios était toujours, lundi 23 juin, en proie aux flammes.
Située en Méditerranée orientale, victime du changement climatique, la Grèce est particulièrement vulnérable l’été aux incendies, alimentés par des vents violents, la sécheresse et de hautes températures.
Plus d’une dizaine de localités de Chios, près des zones touchées par l’incendie de forêt, ont été évacuées préventivement dès dimanche, a indiqué la Protection civile. C’est notamment le cas du centre pour migrants de Vial. Dans l’après-midi, les 629 exilés hébergés dans la structure ont été transférés vers le gymnase de la ville.

Au total près de 200 pompiers avec une trentaine de véhicules, épaulés par deux appareils bombardiers d’eau et une dizaine d’hélicoptères, tentaient de maîtriser le feu, selon le service des pompiers. Ce lundi, Athènes a annoncé que 170 pompiers supplémentaires allaient être dépêchés à Chios pour renforcer les équipes, alors que les rafales de vents attisent encore les flammes, provoquant également des coupures d’électricité.
« La situation reste critique, les forces de lutte contre les incendies étant toujours confrontées à de nombreux foyers actifs, dont plusieurs situés à proximité de hameaux », a déclaré le porte-parole du gouvernement grec Pavlos Marinakis lors d’une conférence de presse.
Un camp aux conditions de vie difficiles
L’île de Chios, située à moins de 10 km des côtes turques, est devenue ces dernières années l’une des portes d’entrée des migrants en Grèce. Sur les 14 600 arrivées de migrants par la mer en Grèce depuis le début de l’année, 1 282 ont débarqué à Chios, d’après les chiffres du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
Tous les exilés qui échouent sur les côtes de l’île transitent par le centre fermé d’accès contrôlé (CCAC) de Vial, ouvert en 2016, avant d’être répartis sur le territoire grec.
En 2017, InfoMigrants s’était rendu dans le camp de Vial, construit au milieu de nulle part, et entouré de barbelés. Les résidents étaient nombreux à dénoncer les conditions de vie délétères dans la structure. « Il n’y a que des collines autour de nous. Je n’aime pas être coupé du monde », avait, à l’époque, confié un exilé.
Des adolescents avait dépeint Vial comme l’antichambre de l’enfer. « C’est tellement sale, c’est horrible. J’ai tenté de mettre fin à mes jours là-bas », avait expliqué un jeune Syrien de 16 ans et demi.
Sources: infomigrants




