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Méditerranée : quatre migrants morts et 26 disparus dans un naufrage sur « la route de Tobrouk »

Quatre migrants sont morts et 26 autres sont portés disparus après un « accident de bateau » en Méditerranée, au sud de la Crète, a annoncé dimanche le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). « La route de Tobrouk », qui relie la ville de l’est libyen à la Crète, s’est considérablement développée ces derniers mois.

Nouveau drame en Méditerranée centrale. Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a annoncé dimanche 1er février un « accident de bateau » au large de la Crète. « Quatre personnes seraient décédées, 20 ont été secourues à ce stade et quelque 26 autres sont portées disparues », au sud de l’île grecque, a affirmé l’agence onusienne sur le réseau social X en fin d’après-midi.

Dans la matinée, le HCR avait dans un premier temps évoqué sur sa page Facebook que 17 migrants avaient survécu au naufrage de ce canot, survenu au large de Tobrouk (est de la Libye), et composé de « 31 personnes », avant de revoir ses chiffres à la hausse.

Des migrants secourus après le naufrage de leur embarcation, sur le port de Kala Limenas, en Crète en Grèce, le 21 février 2026. Crédit : Reuters
Des migrants secourus après le naufrage de leur embarcation, sur le port de Kala Limenas, en Crète en Grèce, le 21 février 2026. Crédit : Reuters

Une semaine plus tôt, quatre autres exilés avaient déjà péri entre la Libye et la Crète. Les gardes-côtes grecs avaient repêché samedi 21 février les dépouilles de trois hommes égyptiens et celle d’une femme soudanaise après le naufrage de leur embarcation. Par ailleurs, au moins 30 personnes sont portées disparues. Le canot transportait 50 migrants, dont 21 Égyptiens, d’après le ministère égyptien des Affaires étrangères.

Plus de 18 000 arrivées en Crète en 2025

Depuis le début de l’année, un peu plus de 490 migrants sont arrivés en Crète par la route dite de Tobrouk, qui relie la ville Libyenne à la Crète et Gavdos. C’est moins que les arrivées à Lesbos (600 personnes) et les arrivées à la frontière terrestre greco-turque de l’Evros (1 000 personnes), selon les chiffres du HCR.

En 2025, toutefois, la route de Tobrouk s’était largement développée au dépend de celles arrivant aux îles de la mer Égée. Plus de 18 000 personnes étaient arrivées cette année-là de manière irrégulière en Crète, contre un peu plus de 5 000 en 2024, d’après les chiffres des autorités grecques. Soit une augmentation de plus de 200 %. C’était six fois plus que les arrivées à Lesbos (3 777) et quatre fois plus qu’à Samos (4 747), selon les données du HCR.

La majorité des migrants débarqués en Crète sont originaires du Soudan et d’Égypte. Sans perspective d’avenir dans leur pays plongé dans une crise économique, plus de 17 000 Égyptiens ont atteint les côtes européennes par la Méditerranée l’an dernier, ce nombre les plaçant en tête de la migration irrégulière du continent africain vers l’Europe, notamment vers la Grèce et l’Italie.

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Cet exode égyptien s’explique notamment en raison de la pauvreté et du chômage dans le pays – où « les salaires réels [sont] au plus bas depuis 30 ans, [le] taux de pauvreté multiplié par deux en 20 ans », écrivait le gouvernement français dans une note de Bercy d’avril 2025. S’ajoute à cela les « pressions économiques et un marché de l’emploi difficile, aggravé par les répercussions régionales des conflits à Gaza et au Soudan », indiquait l’agence européenne Frontex à InfoMigrants en janvier.

Les Égyptiens fuient également, depuis des années, la répression politique qui sévit dans le pays dirigé par Abdel Fattah al-Sissi depuis 2014. « Les autorités égyptiennes continuent de réprimer les critiques, d’étouffer la société civile », peut-on lire dans un rapport d’Amnesty international en 2024.

Sources: Infomigrants

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