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La Pologne rétablit les contrôles à sa frontière avec l’Allemagne et la Lituanie

La Pologne a annoncé mardi le rétablissement des contrôles temporaires à ses frontières avec l’Allemagne et la Lituanie à partir du 7 juillet. Cette mesure vise à endiguer le flux de l’immigration illégale, alors que Berlin a rétabli les contrôles à la frontière avec la Pologne en septembre. Depuis, Varsovie reproche à Berlin de refouler des migrants vers ce pays.

Au tour de la Pologne de rétablir les contrôles à ses frontières. Varsovie a annoncé mardi 1er juillet le rétablissement des contrôles temporaires à ses frontières avec l’Allemagne et la Lituanie à partir du 7 juillet prochain.

Cette mesure est « nécessaire pour limiter, réduire au minimum ces flux non contrôlés par nos services », les « va-et-vient des migrants », a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk devant la presse.

Le nouveau gouvernement allemand a réintroduit des contrôles temporaires à la frontière avec la Pologne en septembre, et depuis, Varsovie reproche à Berlin de refouler des migrants vers ce pays.

« Depuis environ un mois, la pratique à la frontière polono-allemande a clairement été modifiée »

« Depuis environ un mois, la pratique à la frontière polono-allemande a clairement été modifiée. Contrairement aux dix dernières années, le côté allemand refuse désormais réellement d’autoriser l’entrée sur son territoire des migrants qui se dirigent vers l’Allemagne pour, par exemple, demander l’asile ou obtenir un autre type de statut », a expliqué Donald Tusk. « Ce changement de pratique à cette frontière a également entraîné des tensions et un sentiment d’asymétrie justifié », a-t-il ajouté.

« Nous avons été les défenseurs de Schengen [accord de libre-circulation, ndlr] et nous resterons les partisans d’une Europe avec une circulation sans frontières et sans restrictions, mais cela doit être une volonté partagée et symétrique de tous les voisins », a encore dit le Premier ministre polonais.

La réintroduction des contrôles à la frontière avec la Lituanie est, quant à elle, nécessaire pour bloquer les migrants passant par la Biélorussie voisine, selon Donald Tusk, indiquant que son gouvernement avait contacté Berlin et Vilnius avant d’annoncer les nouvelles mesures.

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Le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé avoir été prévenu par Varsovie. « Nous sommes conscients des préoccupations du gouvernement polonais, et nous savons que le gouvernement polonais souhaite désormais également mettre en place des contrôles aux frontières avec la Lituanie afin de limiter les passages illégaux de la frontière de la Lituanie vers la Pologne », a-t-il déclaré mardi matin à Berlin peu avant l’annonce de la décision polonaise.

Friedrich Merz a souligné « une coopération très étroite, très collégiale et amicale entre les chefs de gouvernement, c’est-à-dire entre Donald Tusk et moi-même, ainsi qu’entre les ministres de l’Intérieur, car nous avons un problème commun. Nous le résolvons ensemble ».

L’immigration, un enjeu majeur en Pologne

L’immigration est l’un des principaux sujets du débat politique en Pologne depuis la campagne pour l’élection présidentielle du 1er juin, remportée par l’historien Karol Nawrocki soutenu par l’opposition nationaliste populiste, face au candidat pro-européen Rafal Trzaskowski, appuyé par Donald Tusk.

Lors de sa campagne, Karol Nawrocki, admirateur de Donald Trump, a prôné la mise en place de contrôles à la frontière avec l’Allemagne afin d’empêcher l’entrée de migrants.

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En Pologne, le chef de l’État, dont le mandat est de cinq ans, exerce une certaine influence sur les domaines de la politique étrangère et de la défense. Il dispose surtout d’un pouvoir de véto au niveau législatif. Karol Nawrocki va donc devoir composer avec Donald Tusk.

Ce dernier a multiplié les mesures depuis son arrivée au pouvoir à l’automne 2023. En mai 2024, le gouvernement a réintroduit une zone tampon de 200 m à sa frontière avec la Biélorussie, après l’agression à l’arme blanche d’un agent. Une décision similaire avait été appliquée en novembre 2021 par le précédent gouvernement nationaliste PiS, alors que des milliers de personnes tentaient d’entrer dans le pays. La population, les ONG ou encore les journalistes avaient interdiction d’y pénétrer.

En juillet, les députés polonais ont approuvé une loi autorisant les agents en poste à la frontière biélorusse à tirer à balles réelles sur des exilés, en situation « de légitime défense » ou de « manière préventive ».

En mars dernier, Varsovie a entériné une loi très controversée permettant de limiter le droit de déposer une demande de protection internationale sur le sol polonais. Lorsque des autorités le déclencheront, elles devront indiquer une temporalité déterminée (six mois maximum, renouvelable par accord parlementaire) ainsi qu’une zone précise de la frontière où cette restriction s’appliquera. Cette mesure a été prolongée pour 60 jours supplémentaires par le Parlement polonais fin mai.

Sources: infomigrants

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