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« 12 heures sans eau ni nourriture » : Plus de 100 personnes, dont des enfants, secourues en 24 heures en Méditerranée

En une journée, plusieurs ONG maritimes se sont mobilisées pour secourir des migrants en détresse en Méditerranée centrale. Le 2 juillet, l’Ocean Viking a secouru 37 personnes, tandis que le voilier Garganey VI, de l’association italienne Arci, est venu en aide à 80 exilés, dont une femme enceinte « dans un état grave ». Les autorités italiennes et maltaises sont restées muettes face aux appels à l’aide, dénonce Arci dans un communiqué.

« Imaginez être en mer pendant 12 heures sans eau ni nourriture », peut-on lire sur le compte X de l’ONG SOS Méditerranée. Mercredi 2 juillet, leur navire humanitaire, l’Ocean Viking, a secouru 37 personnes à la dérive en mer Méditerranée centrale. Les naufragés avaient été repérés au préalable par le Seabird, l’avion de reconnaissance de l’ONG allemande Sea Watch, qui survole la mer à la recherche d’embarcations de fortune.

Parmi eux, se trouvaient quatre mineurs non accompagnés. En sécurité à bord de l’Ocean Viking, les rescapés se préparent désormais à « un long voyage de 769 milles nautiques […] jusqu’à Ancône », le port de débarquement attribué par les autorités italiennes à l’Ocean Viking, sur la côte adriatique.

Dans cette même journée du 2 juillet, le Seabird avait également repéré en fin d’après-midi deux autres embarcations en détresse. « Un bateau en fer coule en mer Méditerranée centrale. Une vingtaine de personnes sont à l’eau », postait sur X l’ONG Sea Watch, en lançant des Mayday aux autorités et navires alentours. « Des enfants sont présents. Des personnes ont sauté à l’eau pour soulager le poids du canot qui est en train de couler. Nous suivons la situation depuis notre avion mais nous ne pouvons pas les aider ».

C’est finalement le voilier Gargane VI, de l’association italienne ARCI et Sailingfor-Blue Lab qui répondra à l’appel d’urgence.

Pas de réponse du MRCC italien ou maltais

« Le voilier a secouru deux bateaux de 60 et 20 personnes. Il a sollicité l’aide des garde-côtes, mais aucune réponse », a écrit la journaliste italienne Angela Caponnetto sur X. Lors de la première opération de sauvetage, « plusieurs blessés et brûlés ont été signalés […] 12 enfants et 3 femmes enceintes, dont l’une dans un état grave, avec de fortes contractions », ont été secourus, a ensuite écrit l’association Arci dans un communiqué.

C’est durant cette première opération de sauvetage qu’Arci est informée d’un deuxième naufrage « à quelques milles nautiques de là, avec plus de 20 personnes à l’eau. »

Arci dit regretter le silence des autorités. « Malgré des échanges répétés par courriel et par téléphone, ni le MRCC italien ni le MRCC maltais [MRCC : tour de contrôle maritime] n’ont répondu à nos demandes d’intervention avec des moyens de sauvetage adéquats. Aucun moyen n’a été envoyé. »

Le Garganey VI, d’un petit gabarit, doit donc gérer seul. « En tant que voilier engagé dans une mission d’observation civile, il n’est pas conçu pour transporter un grand nombre de personnes », écrit encore Arci dans le communiqué. Selon la journaliste italienne, Le Life support de l’ONG Emergency, devait bientôt arriver, le jeudi 3 juillet, à hauteur du Garganey pour le soulager et transférer les naufragés à son bord.

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Pour rappel, l’Union européenne (UE) ne dispose pas d’une force de secours commune, au grand dam des ONG. Seule la société civile est présente en mer Méditerranée pour sauver les migrants qui font naufrage sur leurs embarcations vétustes. L’agence européenne des garde-côtes, Frontex, est bien présente en mer, mais leur rôle premier est de protéger les frontières européennes – pas de porter assistance aux embarcations en mer.

Les drames se répètent en mer Méditerranée, surtout à l’approche de l’été qui favorise les départs en mer. Le 30 juin, les garde-côtes italiens ont secouru 87 migrants, et récupéré le corps d’une femme noyée après le naufrage de leur embarcation. Cinq jours avant, le Sea-Watch avait repéré cinq corps flottant en mer Méditerranée, au large de la Libye. Les 12 et 13 juin, deux naufrages au large des côtes libyennes ont entraîné la disparition d’au moins 60 exilés, a communiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Sources: infomigrants

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