Manche : des gendarmes réaniment un migrant coincé sous un canot pneumatique dans le Pas-de-Calais

Dans la nuit du 18 au 19 juillet, des gendarmes ont secouru un migrant en arrêt cardio-respiratoire coincé sous une embarcation pneumatique, à Saint Etienne au Mont, non loin de Boulogne-sur-Mer. Après un massage cardiaque, les forces de l’ordre sont parvenus à relancer son cœur.
Un sauvetage in extremis. Des gendarmes mobiles ont sauvé la vie d’un migrant dans la nuit du 18 au 19 juillet 2025, sur la plage de Saint-Etienne-au-Mont, dans le Pas-de-Calais. C’est lors d’une patrouille sur une plage que les forces de l’ordre découvrent un canot pneumatique, vidé de ses occupants, et bloqué sur un banc de sable. « En se rapprochant, les forces de l’ordre font la découverte d’un homme, pris au piège sous le bateau, en arrêt cardio-respiratoire », écrit France 3 Hauts-de-France.
« Les gendarmes mobiles [ont effectué] un massage cardiaque pendant une dizaine de minutes avant de retrouver un pouls. Il [a] ensuite [été] pris en charge par les secours », écrivent les gendarmes sur Facebook.
Le migrant a été pris en charge par les secours et hospitalisé à Calais. Une noyade évitée de justesse à l’heure où au moins 17 exilés ont perdu la vie depuis le début de l’année dans la Manche.
Quelques semaines plus tôt, sur cette même plage de Saint-Etienne-au-Mont, des gendarmes avaient été filmés par la chaîne de télévision britannique BBC en train d’intervenir en mer pour empêcher un canot de migrants de traverser la Manche. Les gendarmes avaient lacéré le bateau pour le mettre hors d’état de naviguer et ordonné aux exilés de regagner la plage. Londres avait félicité Paris pour ce « durcissement » de méthode.
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Si les forces de l’ordre se défendent de toute violence et parlent d’interception sur le littoral pour sauver des vies et éviter des noyades en mer, leur comportement est souvent décrié par les associations d’aide aux migrants. Les traversées « déraillent complètement », avait résumé en novembre 2024 Célestin Pichaud, d’Utopia 56 qui s’en prend à la militarisation « à outrance » de la frontière maritime. « On voit désormais les forces de l’ordre qui jettent des gaz lacrymogènes dans les canots ou des lanceurs de balles de défense (LBD) », une arme réputée potentiellement létale. « On observe une augmentation des forces de police sur le littoral, une augmentation des drones, des caméras de surveillance ».
Nouvel accord franco-britannique
Selon les derniers chiffres du Home office, 23 606 migrants ont atteint les côtes britanniques depuis le début de l’année.
La France et le Royaume-Uni tentent depuis des années de trouver une réponse politique aux traversées illégales de la Manche. Dernier accord en date : le 10 juillet. Londres et Paris ont dévoilé un projet pilote d’échange de migrants. Cet accord repose sur le principe de « un pour un » : il prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par « small boat », en échange de quoi Londres s’engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté, via une plateforme en ligne, de s’installer au Royaume-Uni et justifiant de liens avec ce pays.
Dans le même temps, 25 individus et organisations ont été visés mercredi 23 juillet par des sanctions émises par les autorités britanniques pour leur implication présumée dans un trafic de migrants. Les mesures prises par Londres – gel d’avoirs et/ou interdiction de séjour au Royaume-Uni – entrent dans le cadre d’un nouveau régime de sanctions spécifiquement mis en place à l’encontre des réseaux d’immigration clandestine.
Sources: infomigrants




