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La France gèle l’accueil de réfugiés gazaouis

Après la polémique autour d’une étudiante palestinienne ayant tenu des propos antisémites sur ses réseaux sociaux, une enquête interne est en cours et le ministère des Affaires étrangères français a annoncé le gel de toute opération liée à l’accueil de réfugiés gazaouis en France.

Le ministère des Affaires étrangères français a annoncé, vendredi 1er août, le gel de l’accueil des réfugiés gazaouis. Cette suspension doit durer le temps d’une enquête interne ouverte sur les conditions d’accueil d’une étudiante palestinienne, Nour A., arrivée en France début juillet via une bourse délivrée par le consulat français de Jérusalem.

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Cette étudiante, qui devait faire sa rentrée en septembre à Sciences-Po Lille, a fait l’objet d’une polémique après que des internautes anonymes sur le réseau social X, ainsi que le média d’extrême-droite Bastion, ont déniché le 30 juillet d’anciennes publications à caractère antisémite sur un compte lui appartenant, fermé depuis. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait relayé les faits et demandé au préfet de saisir le parquet de Lille, qui a ouvert une enquête pour « apologie du terrorisme » et « apologie de crime contre l’humanité ».

Depuis, la jeune femme de 25 ans a rejoint le Qatar. « Elle a quitté la France aujourd’hui pour rejoindre le Qatar et y poursuivre ses études », a déclaré le Quai d’Orsay dimanche 3 août. Dans son communiqué, le ministère « remercie les autorités qatariennes pour leur coopération déterminante ». Le directeur de Sciences-Po Lille a lui été placé sous protection par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche après avoir fait l’objet d’attaques sur les réseaux sociaux, selon l’agence de presse AEF.

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« Intraitable avec une jeune gazaouie pour des tweets, certes condamnables, mais expulser cette rescapée d’un génocide et décréter une punition collective contre tous les Gazaouis ne grandit pas la France. Et vous allez faire quoi avec les soldats Franco-Israéliens génocidaires ? », a réagi Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité, sur le réseau social X.

« Aucune évacuation d’aucune sorte » dans l’attente des résultats de l’enquête

« Je l’avais dit, nous l’avons fait », s’est félicité sur ce même réseau social Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. De fait, deux jours auparavant, le ministre avait soutenu au micro de FranceInfo : « Elle doit quitter le territoire national. Elle n’a pas sa place en France ».

C’est à l’occasion de cette même interview du 1er août que le ministre des Affaires étrangères a annoncé qu' »aucune opération de ce type, aucune évacuation d’aucune sorte ne se tiendra tant que nous n’aurons pas tiré les conséquences de cette affaire ». « Tous les profils qui sont entrés en France vont faire l’objet d’une nouvelle vérification », a ajouté Jean-Noël Barrot.

Interrogé jeudi 31 juillet, le Premier ministre François Bayrou avait soutenu que « la vigilance sur le profil des personnes admises en France (…) est de tous les instants ». Tout en indiquant, à propos de cette procédure d’accueil au compte-gouttes de citoyens gazaouis : « Est-ce qu’elle peut être améliorée ? Sûrement. Est-ce qu’il peut y avoir sanction lorsqu’il y a des manquements ? À coup sûr ».

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« Dans le cadre des opérations d’évacuation de Gaza, les listes établies par le centre de crise et de soutien du quai d’Orsay sont transmises à l’administration israélienne pour une première vérification de sécurité. Les visas sont ensuite instruits par le poste consulaire français. Pour sa part, le ministère de l’Intérieur procède à un contrôle des fichiers de police français », a précisé une source du ministère de l’Intérieur à FranceInfo.

Le déblocage du statut de réfugié pour les Gazaouis

Ceci étant, face à la situation actuelle à Gaza – qualifiée de « génocide » par des ONG, juristes, comité d’enquête des Nations Unies ou encore par le chef des opérations humanitaires de l’ONU lui-même -, la protection des Palestiniens progresse en France. Depuis le 11 juillet, les Gazaouis peuvent prétendre au statut de réfugié, en vertu de la convention de Genève qui régit la protection internationale. La Cour nationale du droit d’asile a en effet accordé ce jour-là ce statut à une Palestinienne, madame H., et son fils. Une première en France.

Cette femme bénéficiait jusqu’alors de la protection subsidiaire, après avoir fui la bande de Gaza quelques jours après le début des représailles israéliennes aux attaques meurtrières du Hamas, le 7 octobre 2023. Elle s’était vu refuser, il y a un an, par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), le statut plus protecteur de réfugié qui donne droit à une carte de résident de 10 ans – contre quatre pour la protection subsidiaire.

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Grâce à cette jurisprudence, tous les ressortissants palestiniens originaires du territoire palestinien non protégés par l’ONU peuvent désormais demander à bénéficier du statut de réfugié. L’ONG Amnesty international a salué « une décision historique pour le droit des Palestinien.nes ».

Dans sa décision, la Cour a rappelé que « les méthodes de guerre employées par les forces israéliennes dans la bande de Gaza conduisent à un nombre important de victimes et de blessés civils dont une majorité de femmes et d’enfants, une destruction à grande échelle d’infrastructures essentielles à la population civile, comme des points d’approvisionnement et de distribution d’eau et d’électricité, d’hôpitaux ou des écoles et des déplacements forcés de population et que les entraves et blocages à l’acheminement de l’aide humanitaire créent un niveau de crise d’insécurité alimentaire pour l’ensemble de la population gazaouie ».

Sources: infomigrants

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