Espagne : 35 migrants secourus dans l’archipel des Baléares

Deux opérations de sauvetage menées par les autorités espagnoles ont permis de secourir 35 exilés nord-africains et subsahariens, à proximité des îles du sud de l’archipel des Baléares. Cette voie maritime, de plus en plus empruntée malgré sa dangerosité, a vu débarquer près de 6 000 candidats à l’exil vers l’Europe l’an dernier.
35 personnes ont été secourues au large des îles de Cabrera et Formentera dans l’archipel espagnol des Baléares, mercredi 6 août, alors qu’elles se trouvaient à bord de deux embarcations.
Vers 10h, un bateau a été repéré au sud de Formentera, la plus petite des quatre îles de l’archipel. À son bord : 21 exilés subsahariens, selon les autorités, citées par l’agence de presse EFE.
Bien en amont dans la nuit, juste après minuit, une première opération de secours avait déjà eu lieu au sud de la petite île de Cabrera. Cette fois, les 14 exilés à bord étaient nord-africains.
En plus des bateaux des gardes-côtes espagnols, un avion de la Garde civile est également intervenu dans la supervision de ces deux opérations.

Depuis 2022, la route migratoire algérienne qui relie l’Algérie à l’Espagne se déplace de plus en plus à l’est, en direction de l’archipel des Baléares, qui représente une zone moins surveillée.
Depuis le début de l’année 2025, au moins 3 517 personnes sont ainsi arrivées à bord de 184 embarcations, selon le décompte de l’agence EFE basé sur les informations fournies par le gouvernement.
« 40 % » de nationalités autres que l’Algérie
Déjà en 2024, près de 6 000 personnes ont atteint l’archipel en 2024, un record. Plus précisément, toujours selon le décompte d’EFE, au moins 5 924 exilés ont débarqué contre 2 278 l’an passé. Soit presque trois fois plus. L’Intérieur espagnol, lui, enregistrait 5 882 arrivées.
D’après l’ONG espagnole Caminando Fronteras, « près de 40 % des personnes qui s’engagent sur cette route maritime des Baléares proviennent désormais de pays autres que l’Algérie ».
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Fin novembre, après l’arrivée de près de 300 personnes dans l’archipel, la police nationale, en charge de l’enregistrement des nouveaux arrivants dans les Baléares, s’était dite « débordée », rapportait le média Cronica Balear. Un débat au Sénat espagnol s’était tenu, ce même mois, au sujet des arrivées aux Baléares.
« Au cours des sept derniers jours, près de 1 000 migrants ont atteint les côtes des îles Baléares, parmi lesquels des jeunes, des enfants et des femmes enceintes », avait alors déclaré le sénateur de l’archipel Miquel Jerez. Avant d’affirmer : « Les administrations locales ont atteint leurs limites et sont seules et abandonnées ». En réponse, le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, avait assuré devant les parlementaires que cette route migratoire « ne s’était pas consolidée » cette année.
« Cette route est toujours invisible, malgré le nombre de morts »
Cet itinéraire, moins couvert par les secours, est « périlleux », prévient Caminando Fronteras dans son dernier rapport publié le 26 décembre. « Les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association.
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D’après Caminando Fronteras, au moins 517 personnes sont décédées en 2024 sur cette route des Baléares. Elles étaient 464 en 2022, et 191 en 2021. Cette année aussi, 26 embarcations ont « totalement disparu » en mer, avec tous leurs passagers, estime l’ONG, en contact étroit avec des familles et des candidats au départ. Ces chiffres font de ce passage en Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries.
« Cette route est toujours invisible, malgré le nombre de morts. Et encore, il y a beaucoup de bateaux et de personnes qu’on ne retrouve jamais. Les embarcations utilisées sur cette voie sont en fibre de verre, elles sont très fragiles et donc coulent vite : quand il y a une panne à bord, on ne peut pas dériver et tomber par hasard sur des sauveteurs. Le bateau sombre avant, avec tous les passagers », décrit Ryad, un Algérien installé en Espagne pour défendre la cause des familles de disparus sur les routes migratoires algériennes, dont Infomigrants avait recueilli le témoignage au printemps.
Sources: infomigrants




