Espagne: plus de 600 migrants arrivent aux Baléares en trois jours

Depuis le début de l’année, le nombre de migrants arrivant aux îles Baléares a considérablement augmenté. Rien que depuis lundi, plus de 600 exilés ont atteint les côtes des îles espagnoles.
Depuis lundi, plus de 600 exilés sont arrivés aux iles Baléares à bord d’une trentaine d’embarcation. Il s’agit de « l’une des arrivées de bateaux les plus intenses que nous ayons jamais eues en si peu de temps », a déclaré le délégué du gouvernement sur l’île, Alfonso Rodríguez.
Les embarcations ont été interceptées à Majorque, Ibiza et Formentera, selon les données fournies par la délégation du gouvernement aux Baléares. À leur bord figurent principalement des migrants algériens et subsahariens. Les autorités notent également la présence de plus en plus forte d’exilés venant d’Afrique de l’Est dans les bateaux.
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Konestory, un migrant sud-soudanais de 20 ans, a confié à Reuters être arrivé à Palma après avoir fui l’instabilité croissante dans sa région. Il a payé 1 700 euros pour embarquer sur un bateau depuis l’Algérie. Après environ deux jours de navigation, il a atteint l’île espagnole. Ils ont affronté « beaucoup de vagues », manqué de nourriture et d’eau, et se sont égarés en mer, a-t-il raconté.
Hausse de 170% des arrivées
Cette année, cette route migratoire au départ de l’Algérie est particulièrement active. De janvier à juillet, les îles ont accueilli environ 3 500 personnes arrivées par bateau, soit une augmentation de 170 % par rapport à la même période l’année dernière. Et selon les chiffres du gouvernement espagnol au 12 août, au moins 3 913 personnes sont arrivées à bord de 209 embarcations. Un chiffre qui dépasse largement les arrivées en 2024 à la même période.

La plupart des personnes ont débarqué à Majorque et à Formentera, mais certains sont également arrivés à Ibiza. Ainsi, l’Autorité portuaire des Îles Baléares (APB) a inauguré lundi soir la Station Maritime 3 (EM3) du Port de Palma pour héberger temporairement les migrants vulnérables arrivant sur la côte de Majorque.
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Un espace a été aménagé dans le bâtiment Casa del Mar, dans le port de La Savina, un lieu qui a déjà été utilisé lors d’autres périodes d’activités intenses sur cette route. Et un centre d’accueil a aussi été mis en place à Ibiza.
Tous ces lieux ne sont qu’une étape avant le transfert des exilés. La plupart ne restent pas plus de 48 heures sur les îles avant d’être transférés vers la Péninsule.
« Où est le gouvernement de Pedro Sanchez ? »
Malgré cela, les autorités locales craignent de voir la situation des Canaries – ou quelque 47 000 migrants sont arrivés cette année – se répéter chez eux. « Alors que les autres routes migratoires diminuent, la route des Baléares se consolide et se développe. Où est le gouvernement de Pedro Sanchez ? », a publié mercredi sur X la présidente de la région des Baléares, Marga Prohens, estimant que les Baléares sont « abandonnées » par le gouvernement.
Elle a réclamé davantage de moyens pour les forces de l’ordre et une coopération accrue avec l’Algérie, à l’instar de ce qui a été fait avec la Mauritanie. Nouakchott a effectivement opéré un durcissement de sa politique migratoire suite à la signature en mars 2024 d’un accord avec l’Union européenne. Au programme : renforcement de la coopération entre agences, démantèlement des réseaux de passeurs, construction de centres de rétention et délégation des contrôles, le tout grâce à une enveloppe de 210 millions d’euros accordée au pays saharien.
Et même si cet itinéraire requiert une moins longue traversée en bateau comparé à la route au départ de l’Afrique de l’Ouest, il est tout aussi « périlleux », prévient Caminando Fronteras, et moins couvert par les secours. La route algérienne – qui comprend les arrivées aux Baléares et sur la côte sud-est de l’Espagne -, de la Méditerranée occidentale a causé la mort de 328 personnes en 2024.
« Les dangers de cette traversée (vers les Baléares) sont même plus importants (que les traversées vers la péninsule) en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », estime l’ONG.
Sources: infomigrants




