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Dans la Manche, plus de 200 personnes secourues et ramenées à terre durant le week-end

Entre vendredi et samedi, quelque 210 personnes ont été secourues par les services de secours en mer français et ramenées à terre à Calais et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France. En dépit de l’accord dit « un pour un » passé entre Londres et Paris cet été, les tentatives de traversées sont encore très nombreuses depuis le littoral français.

Sur le littoral nord de la France, le week-end a été marqué par de nombreuses opérations de secours d’embarcations de migrants. En tout, 210 personnes ont été prises en charge par les services de secours en mer français entre le vendredi 17 et le samedi 18 octobre, selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar).

Dans la matinée du 17 octobre, les autorités sont alertées par une embarcation de migrants repérée en Baie de Somme, au sud de Boulogne-sur-Mer. « Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) engage alors le remorqueur d’intervention d’assistance et de sauvetage (RIAS) VB Abeille Normandie et l’avion de surveillance de la police aux frontières Action Air Environnement pour une opération de recherche. Le VB Abeille Normandie porte secours à l’ensemble des 81 personnes de l’embarcation. Ces dernières sont ensuite débarquées sur le quai de l’Europe à Boulogne-sur-Mer », a indiqué la Premar dans un premier communiqué, publié le 18 octobre.

Plus tard dans la journée, une seconde embarcation quitte les côtes françaises au sud de Boulogne-sur-Mer et embarque de nouveaux passagers à Equihen-Plage. Mais « en raison d’une avarie sur le moteur de l’embarcation, les migrants demandent à être secourus par le BSAM Garonne qui récupère à son bord l’ensemble des 80 personnes. Celles-ci sont ensuite déposées en milieu d’après-midi au port de Boulogne-sur-Mer », a détaillé la préfecture.

Les principaux points de départ des small boats et taxi boats vers le Royaume-Uni. Crédit : Studio graphique FMM
Les principaux points de départ des small boats et taxi boats vers le Royaume-Uni. Crédit : Studio graphique FMM

Également vendredi, 24 personnes se trouvant sur une embarcation signalée dans le secteur des dunes de la Slack [au nord de Boulogne-sur-mer] sont prises en charge par le navire Minck. « Ces dernières sont déposées au quai Paul Devot à Calais en milieu de nuit », a encore rapporté la Premar.

« Les personnes sont laissées dans la nature »

Vendredi soir, dans la zone portuaire de Boulogne-sur-Mer, les bénévoles de l’association Opal’Exil, qui vient en aide aux migrants sur le littoral du nord de la France, ont assisté aux arrivées de l’Abeille Normandie et de la Garonne et des 161 exilés qui se trouvaient à leur bord.

« Il y avait beaucoup d’hommes, quelques femmes et quelques enfants », se souvient Brigitte Duhen Rybczynski, bénévole pour l’association, interrogée par InfoMigrants. « Les bateaux sont arrivés sur le coup des 18h et les premiers exilés sont sortis de la zone portuaire vers 19h30 », précise-t-elle.

Une course contre-la-montre s’est alors lancée pour les bénévoles car « à Boulogne, il n’y a pas de solution pour mettre [les migrants] à l’abri après ces situations difficiles ». « S’il y a un mort dans une traversée, les gens sont [mis à l’abri] pour les besoins de l’enquête […] Mais sinon, une fois une intervention de la protection civile terminée, ils sont relâchés dans la nature », décrit la bénévole.

Vendredi soir, comme à chaque fois après une traversée ratée, les personnes souhaitaient toutes prendre le train pour rejoindre Calais puis, éventuellement, Dunkerque – où se trouvent généralement leurs campements. Mais le dernier train partait à 21h de Boulogne-sur-Mer.

Quelque 160 personnes ont été acheminées à la gare de Boulogne-sur-Mer où des bénévoles leur ont servi de quoi se restaurer, avant de prendre le train pour Calais. Crédit : Opal'Exil
Quelque 160 personnes ont été acheminées à la gare de Boulogne-sur-Mer où des bénévoles leur ont servi de quoi se restaurer, avant de prendre le train pour Calais. Crédit : Opal’Exil

Nouvelle intervention le samedi

Durant la journée du samedi 18 octobre, une nouvelle opération de sauvetage est menée, vers Gravelines, entre Dunkerque et Calais. « Le CROSS Gris-Nez […] engage alors le navire de sauvetage affecté par l’État Ridens. À la suite du dégonflement soudain de l’embarcation, le Ridens met à l’eau son embarcation de drome opérationnelle (EDO) et porte secours à 25 personnes. Le reste des occupants refuse l’assistance proposée par le Ridens […] »

Deux des secourus requièrent une assistance médicale et sont transbordés sur une embarcation de la Gendarmerie maritime, puis ramenés au port de Calais. Les autres sont débarquées au même endroit par le Ridens.

En tout, ce sont donc 210 personnes qui ont été secourues dans la Manche entre vendredi et samedi.

Pas de baisse des traversées

La France et le Royaume-Uni ont signé en août 2025 un accord qualifié de « un pour un », ou « one in one out ». Celui-ci prévoit le renvoi en France de migrants arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats », en échange de l’accueil par Londres de migrants se trouvant en France.

Depuis son entrée en vigueur, 26 personnes au total ont été renvoyées en France par les autorités britanniques, d’après un communiqué du Home office – certains ayant été renvoyés directement de Paris vers d’autres pays européens en vertu du règlement Dublin. Et 18 migrants ont fait le chemin inverse.

Mais, le 14 octobre, une quinzaine d’associations française ont demandé au Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française, de suspendre et d’annuler l’application de cet accord. Elles estiment que ce partenariat « de la honte » est « entaché d’illégalité » et « qu’il ne respecte pas le procédé prévu par la Constitution ».

Par ailleurs, elles arguent que « les traversées de la Manche non autorisées et dangereuses n’ont pas diminué » depuis la signature de l’accord. En effet, plus de 35 000 personnes ont atteint le sol britannique depuis le mois de janvier (contre 26 000 l’an dernier au même moment). Un record pour cette période de l’année.

Sources: infomigrants

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