Uncategorized

Mer Méditerranée : le Sea-Eye 5 porte secours à près de 150 migrants entassés dans un canot

Le navire humanitaire de l’ONG allemande Sea-Eye a secouru dimanche matin 144 migrants entassés dans une embarcation en bois inadaptée à une traversée de la Méditerranée. Deux personnes dans un état critique ont été prises en charge par les garde-côtes italiens avec une cinquantaine d’autres exilés. Le Sea-Eye 5 fait quant à lui route, avec la cinquantaine de naufragés restants, vers le port de Tarente situé à 40 heures de route de la zone de recherche et de sauvetage.

Dimanche 31 août vers 9 heures du matin, la plateforme d’aide aux migrants en mer alerte le navire humanitaire de l’ONG Sea-Eye, le Sea-Eye 5 qui patrouille actuellement en mer Méditerranée, du cas d’un bateau de migrants en détresse. « En quelques heures, l’équipage a pu secourir 144 personnes qui étaient en mer depuis des jours sur une embarcation en bois inutilisable », indique dans un communiqué l’organisation allemande.

Parmi les migrants secourus se trouve une femme enceinte. Et « plusieurs personnes étaient dans un état critique », précise encore Sea-Eye. « Ce fut un défi pour tout l’équipage, qui devait prodiguer des soins tout en s’occupant d’un si grand nombre de personnes en détresse » rapporte l’ONG.

Deux exilés ont été évacués pour raisons médicales par les garde-côtes italiens sur l’île de Lampedusa, accompagnés de 51 autres personnes – le Sea-Eye 5 n’étant pas en mesure d’accueillir autant de migrants au même moment.

Quant à la centaine d’autres exilés restants, ils vont devoir patienter encore avant de fouler le sol européen. Rome a attribué le port de Tarente, dans le sud de l’Italie, pour débarquer les naufragés. Au total, il fait 40 navigation heures pour rejoindre la botte italienne de la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone). « Malgré notre soutien constant, les personnes à bord sont contraintes de supporter des températures extrêmes sur le pont, avec un espace très limité, et pendant une période prolongée en raison de l’éloignement du port de débarquement qui nous a été assigné. Dans ces conditions, leur santé ne peut que se détériorer », a averti le médecin à bord du Sea-Eye 5, Giovanni Capa.

Entraves aux actions des ONG en mer

Depuis l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, issue d’un parti d’extrême droite, en Italie fin 2023, les activités des navires humanitaires sont considérablement entravées. Après un sauvetage, les ONG se voient régulièrement attribuer des ports très éloignés de la SAR zone. Une politique qui accentue les risques de drames en Méditerranée, estiment les militants.

A lire aussi
Méditerranée : l’Ocean Viking visé par des tirs des gardes-côtes libyens

Rome est encore allée plus loin cet été : en plein mois d’août, l’Italie a immobilisé en mer pour la première fois un avion de surveillance d’une ONG. Le Seabird 1 de l’ONG Sea-Watch s’est en effet vu refuser l’autorisation de voler pendant vingt jours par l’autorité aéronautique ENAC (Agence nationale de l’aviation civile).

Dans un communiqué parvenu à l’AFP, l’ENAC a indiqué que cette décision a été prise à la suite de nombreux signalements de la part des garde-côtes italiens. Selon l’ENAC, le pilote du Seabird 1 n’a pas averti les autorités italiennes en priorité d’une situation d’urgence en mer. L’autorité aéronautique a insisté sur le fait que cette décision était un « acte nécessaire et non un choix discrétionnaire ».

« Il est évident qu’il s’agit d’un prétexte pour se débarrasser de nous en tant que témoins de la situation en Méditerranée », avait réagi dans un communiqué Laura Meschede, porte-parole de Sea-Watch.

Sources: infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page