Traversées de la Manche : 151 migrants secourus en mer et plus de 800 arrivées au Royaume-Uni samedi

Cent cinquante-et-un migrants ont été secourus lors de tentatives de traversée clandestine de la Manche samedi puis dans la nuit suivante, a annoncé la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. Par ailleurs, plus de 800 migrants sont arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats » durant la seule journée de samedi.
C’est le signe d’une franche reprise des traversées de la Manche en « small boats » après un mois d’accalmie en raison des mauvaises conditions météorologiques. Durant le week-end, samedi 20 et dimanche 21 décembre, 151 personnes ont été secourues par les services de secours en mer français alors qu’elles tentaient de rejoindre le Royaume-Uni à bord de petites embarcations.
Quatre-vingt-une personnes ont été prises en charge dans la nuit de samedi à dimanche après une panne moteur de leur embarcation puis débarquées à Calais en fin de nuit, selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar).
Les autorités françaises ont mené deux autres interventions après des départs de bateaux dans la matinée de samedi, lors desquelles respectivement 9 puis 61 migrants ont été secourus, a ajouté la Prémar. Celle-ci souligne que les moyens de l’État et des sauveteurs en mer ont été « engagés (…) sur 18 départs d’embarcations » samedi puis dans la nuit.
Record d’arrivées pour une journée de décembre
Par ailleurs, 803 migrants sont arrivés au Royaume-Uni à bord de « small boats » durant la seule journée de samedi, ont indiqué les autorités britanniques. C’est un record pour une journée de décembre depuis l’apparition en 2018 des traversées par « small boats ».
Après près d’un mois sans aucune traversée de la Manche entre mi-novembre et mi-décembre, en raison selon plusieurs observateurs de mauvaises conditions météorologiques, le Home office britannique a enregistré plus de 2 000 arrivées de migrants par « small boats » depuis le 13 décembre, pour un total de plus de 41 000 sur l’année.
Des chiffres qui restent pour l’instant en-deçà de ceux enregistrés en 2022 (45 774 arrivées), année record depuis le début du phénomène et qui ne doivent pas cacher les drames qui surviennent fréquemment sur cette route. Au moins 29 migrants sont morts en mer depuis le 1er janvier, selon un décompte effectué par l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.
« J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant »
Depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2024, le Premier ministre travailliste Keir Starmer est sous pression pour tenter d’endiguer ces traversées illégales de la Manche. Un vaste plan anti-immigration a vu le jour le mois dernier pour décourager les migrants à venir au Royaume-Uni : la durée des titres de séjour va passer de cinq ans à deux ans et demi, les conditions d’obtention du titre de séjour permanent vont se durcir. Shabana Mahmood, la ministre de l’Intérieur britannique, a aussi décrété que les demandeurs d’asile n’auront « qu’une seule chance » de déposer une demande et une seule de faire appel – espérant ainsi accélérer dans le même temps les expulsions vers les pays d’origine.
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Ces nouvelles mesures s’ajoutent à l’accord dit « un pour un » conclu avec la France durant l’été et qui consiste à renvoyer en France des migrants arrivés au Royaume-Uni à bord d’embarcations précaires. En échange de l’accueil par le Royaume-Uni de migrants se trouvant en France. Au 27 novembre 2025, 153 personnes avaient été expulsées vers la France dans le cadre de ce programme, selon la BBC.
Mais, malgré ce durcissement de la politique migratoire côté britannique, les exilés de Calais ne comptent pas changer leur plan. D’une part, parce qu’ils ne connaissent pas toujours l’existence des réformes anglaises. D’autre part, parce qu’ils viennent de loin et n’envisagent pas de rebrousser chemin si près du but. « Je suis venu d’Afrique, j’ai traversé le désert, la mer Méditerranée… J’ai fait trop de route pour arrêter maintenant et avoir peur d’un accord », a notamment raconté Khalid (prénom d’emprunt), un Soudanais de 18 ans, à InfoMigrants, le mois dernier.
Sources: infomigrants




