Londres envisage d’héberger les demandeurs d’asile sur des sites militaires

Londres envisage d’héberger des demandeurs d’asile dans des casernes situées sur d’anciens sites militaires, pour mettre fin au recours aux hôtels. Le gouvernement britannique est sous pression alors que les traversées de la Manche connaissent cette année des records et que des manifestations anti-migrants secouent le pays depuis juillet.
Le Royaume-Uni cherche des alternatives à l’hébergement des demandeurs d’asile dans des hôtels. Le ministre de la Défense, John Healey, a affirmé, dimanche 7 septembre, lors d’une interview à Sky News, que le gouvernement travaillait « à l’utilisation potentielle de sites militaires ou non-militaires » pour héberger temporairement les demandeurs d’asile.
Deux anciennes bases militaires ont déjà été aménagées sous le précédent gouvernement conservateur et accueillent plusieurs centaines de demandeurs d’asile. Un usage critiqué par les associations d’aide aux migrants.
Les arrivées de migrants pèsent sur un système d’asile déjà engorgé, contraignant les pouvoirs publics à héberger les demandeurs d’asile dans des hôtels au frais du contribuable.
32 000 demandeurs d’asile hébergés en hôtels
Le gouvernement travailliste s’est engagé à mettre fin au recours aux hôtels pour les exilés d’ici 2029, mais il est sous pression pour accélérer le calendrier après une série de manifestations violentes devant les hébergements à travers le pays.

Depuis la mi-juillet, de nombreux Britanniques manifestent régulièrement devant les hôtels logeant des exilés. Ces actions réunissent à chaque fois quelques centaines de personnes scandant le slogan « Abolish Asylum System » (« Abolir le système d’asile », en anglais) et réclamant le départ des migrants.
Dans le même temps, le parti d’extrême droite Reform UK, qui a fait de l’immigration son sujet principal, caracole en tête des sondages.
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Actuellement, plus de 32 000 migrants sont hébergés dans des hôtels – sur un total de 111 000 demandeurs d’asile répartis à l’intérieur du pays. Un chiffre largement inférieur au pic de plus de 56 000 personnes enregistrées en septembre 2023 sous le gouvernement conservateur de Rishi Sunak, d’après les données de Sky News.
Record d’arrivées
Depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2024, Keir Starmer a fait de la lutte contre l’immigration sa priorité. Mais le chef du gouvernement peine à tenir sa promesse d’endiguer le phénomène des « small boats ».
Samedi 6 septembre, 1 097 migrants, à bord de 17 embarcations, sont parvenus à atteindre l’Angleterre en traversant la Manche, d’après les chiffres du Home office, après plusieurs jours d’accalmie. Au total depuis janvier, plus de 30 000 exilés ont rejoint les rives britanniques depuis les côtes françaises. Un chiffre jamais atteint à cette période de l’année, même au plus fort des arrivées en 2022 – année durant laquelle plus de 45 000 personnes avaient débarqué au Royaume-Uni.
La nouvelle ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, nommée vendredi lors d’un vaste remaniement, a qualifié ces chiffres d' »inacceptables ». « Protéger les frontières du Royaume-Uni est ma priorité en tant que ministre de l’Intérieur et j’étudierai toutes les options pour restaurer l’ordre dans notre système migratoire », a-t-elle insisté.
Sources: infomigrants




