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Baléares : plus de 180 migrants interceptés à bord de onze embarcations entre vendredi et dimanche

L’archipel espagnol des Baléares a connu une forte hausse des arrivées par voie maritime entre vendredi et dimanche. Pas moins de 11 embarcations, transportant 185 migrants majoritairement maghrébins et subsahariens, ont été interceptées ce week-end, principalement au large de l’île de Formentera. Depuis le début de l’année, la route migratoire au départ de l’Algérie vers les Baléares connait un important regain.

L’archipel espagnol des Baléares a connu un week-end mouvementé avec un important flux d’arrivées de bateaux transportant illégalement des migrants.

Onze embarcations ont été interceptées entre vendredi et dimanche avec à bord 185 migrants, majoritairement d’origine maghrébine et subsaharienne, ont renseigné les autorités espagnoles. Selon les informations fournies par la délégation du gouvernement aux Baléares, la plupart de ces exilés semblait en bonne santé.

Le ballet des arrivées a débuté vendredi soir avec un premier bateau transportant 13 personnes -toutes maghrébines – repérées à 11 miles au sud de l’île de Formentera. Quelques heures plus tard, vers 1h40 le samedi, une nouvelle alerte a résonné quand un second bateau de 24 migrants – d’origine subsaharienne – a été intercepté au même endroit.

Une troisième embarcation a ensuite été secourue vers 5h47, toujours dans la même zone de l’île. Cette fois, 13 exilés maghrébins ont été pris en charge. Puis vers 10h, la Garde Civile espagnole est de nouveau intervenue auprès d’un groupe de 17 migrants maghrébins au niveau de la plage d’Es Cupinar, toujours à Formentera.

Les routes maritimes à destination des îles Baléares débutent plus à l'est de l'Algérie. Crédit : Caminando Fronteras
Les routes maritimes à destination des îles Baléares débutent plus à l’est de l’Algérie. Crédit : Caminando Fronteras

Le pic des arrivées a été atteint durant la journée du dimanche : pas moins de sept embarcations, avec à bord 118 migrants, ont été recensés jusqu’à 17 heures ce jour-là. Celles-ci ont majoritairement eu lieu au niveau de Formentera mais un bateau a également été arrêté à proximité d’Es Caló des Moro, sur l’île de Majorque, ainsi qu’un autre près de l’île de Cabrera.

Ce jour-là, la première embarcation a été détectée à 2h47 quand les équipes de sauvetage en mer ainsi que la Garde civile ont aidé 19 migrants originaires du Maghreb qui se trouvaient à environ 3 miles du phare de La Mola (Formentera). Le protocole a de nouveau été activé à 4h20 quand l’embarcation de 15 immigrants a été interceptée sur la route PM 820 KM, au niveau du kilomètre 1, à Es Caló (Formentera).

Hausse des arrivées

Depuis le début de l’année, le nombre de migrants arrivant aux îles Baléares a considérablement augmenté. Alors que les contrôles se sont renforcés sur les autres routes migratoires (Tunisie, Maroc, Mauritanie notamment), depuis 2022, celle qui relie l’Algérie à l’Espagne se déplace de plus en plus à l’est, en direction de l’archipel des Baléares, qui représente une zone moins surveillée.

Nombre d'arrivées par voie maritime du 1er janvier au 15 septembre 2025 aux Baléares. Crédit : Ministère de l'intérieur espagnol
Nombre d’arrivées par voie maritime du 1er janvier au 15 septembre 2025 aux Baléares. Crédit : Ministère de l’intérieur espagnol

En comptant les embarcations recensées ce week-end, 307 bateaux sont arrivés de manière irrégulière sur les côtes des Baléares depuis le début de l’année, ce qui porte à un total de 5 688 migrants débarqués, selon le décompte basé sur les données de la délégation du gouvernement aux Baléares. En 2024, 5 882 migrants étaient arrivés dans l’archipel par voie maritime, selon le rapport annuel sur la sécurité nationale du ministère de l’Intérieur.

Fin novembre 2024, après l’arrivée de près de 300 personnes dans l’archipel, la police nationale, en charge de l’enregistrement des nouveaux arrivants dans les Baléares, s’était dite « débordée », rapportait le média Cronica Balear. Un débat s’était d’ailleurs tenu sur la question ce même mois au Sénat espagnol. Face à cette augmentation considérable, la présidente du gouvernement des îles Baléares, Marga Prohens a exigé, lors d’une conférence de presse tenue le 21 août, le déploiement urgent de troupes de l’agence européenne de gardes-frontières et gardes-côtes Frontex dans l’archipel.

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D’après l’ONG espagnole Caminando Fronteras, « près de 40 % des personnes qui s’engagent sur cette route maritime des Baléares proviennent désormais de pays autres que l’Algérie ». Les autorités notent également la présence de plus en plus forte d’exilés venant d’Afrique de l’Est dans les bateaux.

Des conditions périlleuses

Cet itinéraire, moins couvert par les secours, est « périlleux », prévient Caminando Fronteras dans son dernier rapport publié le 26 décembre. « Les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association.

D’après Caminando Fronteras, au moins 517 personnes sont décédées en 2024 sur cette route des Baléares. Au moins 300 migrants sont morts depuis janvier en tentant de rejoindre les Baléares depuis les rives du nord de l’Afrique. Elles étaient 464 en 2022, et 191 en 2021.

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Cette année aussi, 26 embarcations ont « totalement disparu » en mer, avec tous leurs passagers, estime l’ONG, en contact étroit avec des familles et des candidats au départ. Ces chiffres font de ce passage en Méditerranée la deuxième route la plus meurtrière pour l’Espagne, derrière celle des Canaries.

« Cette route est toujours invisible, malgré le nombre de morts. Et encore, il y a beaucoup de bateaux et de personnes qu’on ne retrouve jamais. Les embarcations utilisées sur cette voie sont en fibre de verre, elles sont très fragiles et donc coulent vite : quand il y a une panne à bord, on ne peut pas dériver et tomber par hasard sur des sauveteurs. Le bateau sombre avant, avec tous les passagers », décrit Ryad, un Algérien installé en Espagne pour défendre la cause des familles de disparus sur les routes migratoires algériennes, dont InfoMigrants avait recueilli le témoignage au printemps.

Sources: infomigrants

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