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Maroc : 26 nouveaux corps de migrants retrouvés à la frontière algérienne depuis le début de l’année

Selon un bilan de l’association marocaine des droits de l’Homme, 26 migrants sont décédés entre le Maroc et l’Algérie depuis le début de l’année. Et si l’on englobe les chiffres depuis novembre 2025, ce sont près de 50 migrants qui ont trouvé la mort à cette frontière terrestre. « Du jamais vu », s’inquiète l’association.

Dans la région orientale du Maroc, à la frontière avec l’Algérie, les drames se poursuivent. Selon l’Association marocaine pour les droits de l’Homme (AMDH), 26 corps de migrants ont été retrouvés depuis le début de l’année. Parmi les victimes, d’origine subsahariennes et soudanaises, figurent une femme et un enfant de moins de trois ans, selon un communiqué de l’AMDH.

Toujours selon l’association marocaine, les corps des exilés ont été retrouvés à divers endroits. Quinze corps ont été découverts dans la région de Ras Asfour.

Les onze autres ont été trouvés dans la province de Figuig – six à Aïn Chaïr et cinq à Bouârfa -. Seuls quatre exilés ont été identifiés. La découverte de cadavres de migrants dans cette région désertique du sud du pays est « nouvelle », explique à InfoMigrants Omar Naji, de l’AMDH.

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Cette route est principalement empruntée par les migrants soudanais qui souhaitent prendre un passage gratuit, hors des réseaux de passeurs, explique Omar Naji. Mais cette alternative, « est beaucoup plus éloignée et plus dangereuse », ajoute-t-il. Près de 300 km séparent la ville d’Oujda de celle de Figuig.

Carte de la frontière entre l'Algérie et le Maroc. Crédit : Google maps
Carte de la frontière entre l’Algérie et le Maroc. Crédit : Google maps

À ce bilan s’ajoute celui de fin 2025, lui aussi conséquent. Au total, le nombre de migrants décédés entre novembre 2025 et avril 2026 s’élève à 47 personnes, dont 36 dans la région de Ras Asfour, parmi lesquelles trois femmes et un enfant. Un nombre « effarant », dénonce l’AMDH. « C’est anormal et grave. Du jamais vu sur cette frontière terrestre », dénonce Omar Naji.

Routes dangereuses

Les causes de ces décès restent non déterminées officiellement mais, estime l’association, coïncident avec des conditions climatiques difficiles, « notamment une baisse des températures, des pluies et des chutes de neige ». L’association pointe aussi la militarisation de la zone qui rend les passages clandestins plus « dangereux ».

Les déplacements de nuit entraînent des chutes sur des routes accidentées et « méconnues » des migrants. L’association évoque « l’impossibilité d’allumer des feux pour se réchauffer », et la présence d’un fossé « profond de 4,5 mètres de large sur 4 mètres de profondeur », côté algérien.

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« Les migrants [tombent dans ce fossé parce qu’ils] se déplacent la nuit dans l’obscurité totale [pour essayer de franchir la frontière], ils ne peuvent même pas allumer les lampes de leur téléphones portables pour ne pas être repérés par les militaires », expliquait le mois dernier Omar Naji. Et faute de secours dans la zone, de nombreuses vies « n’ont pas été sauvées à temps » précise encore le rapport.

Deux cercueils de corps de migrants retrouvés à la frontière Maroc-Algérie en décembre 2025. Crédit : DR
Deux cercueils de corps de migrants retrouvés à la frontière Maroc-Algérie en décembre 2025. Crédit : DR

Concernant les corps retrouvés dans la région désertique de Figuig, l’association ne dispose que peu d’informations. Car comme pour les autres décès, « les autorités n’ont pas communiqué de bilan des autopsies », regrette l’associatif.

C’est une région plus désertique donc il n’y a pas, pour ces morts, les mêmes questions de froid et de passages montagneux qu’à Ras Asnour. « Nous n’avons que très peu d’informations sur cette route très éloignée. Les décès peuvent avoir de multiples raisons : les conditions difficiles du désert, des violences sur la route, etc ».

Violences et rançons

Les migrants d’Afrique subsaharienne qui traversent généralement cette frontière depuis l’Algérie pour tenter d’entrer au Maroc et continuer leur chemin vers l’Europe se retrouvent pour beaucoup piégés par des trafiquants. Ils sont kidnappés, rançonnés.

« Les migrants sont séquestrés, mains ligotées, interdits de sortir, torturés après avoir saisis tout ce qu’ils possédaient (argent, téléphone…). Par la suite, chaque migrant est filmé dans cet état de détresse. La vidéo enregistrée est envoyée à sa famille (qui peut être dans le pays d’origine ou en Europe) pour demander une rançon de 500 euros contre sa libération », peut-on lire dans le rapport de l’AMDH.

Les femmes sont elles aussi victimes d’exactions. « Elles subissent d’autres violations par les chefs de ces bandes criminelles qui les exploitent sexuellement pendant des années et bloquent leur projet de migration ».

En décembre 2022, sept migrants subsahariens avaient déjà été retrouvés morts dans la même zone de Ras Asfour près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc. Quelques jours plus tard, le 21 décembre, le cadavre d’un jeune homme âgé de 20 à 25 ans était découvert au même endroit, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.

En 2021, Driss Elaoula, membre de la plateforme Alarm Phone, avait aussi retrouvé au fond d’un de ces fossés le corps d’une jeune Camerounaise, « congelée ». Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’Association d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), basée à Oujda, ville proche de la frontière algérienne, parmi lesquels des migrants aussi originaires du Tchad et du Soudan.

Sources: Infomigrants

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