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Mayotte : trois migrants, dont deux enfants, retrouvés morts suite au naufrage de leur embarcation

Au moins quatre embarcations de fortune transportant des migrants ont tenté de traverser le bras de mer entre les Comores et Mayotte dans la nuit de dimanche à lundi. Trois personnes, dont deux enfants, ont péri dans le chavirage de leur « kwassa-kwassa » lundi matin, au large de Mayotte. La route migratoire des Comores vers l’île française de Mayotte, bien que particulièrement dangereuse, reste très empruntée.

Une embarcation de fortune transportant des migrants depuis l’archipel des Comores a chaviré lundi matin au large de Mayotte, entre Longoni (principal port maritime de l’île) et le village de Majicavo.

Si « le bilan est à consolider« , la gendarmerie a indiqué que « trois personnes, dont deux enfants, ont été retrouvées mortes, lundi 29 septembre, à Mayotte ». Les corps ont été repêchés dans l’après-midi par la brigade nautique de Pamandzi, d’après la même source.

Les forces de l’ordre avaient été alertées vers 9 heures (heure locale) du chavirage de ce « kwassa-kwassa », des barques en bois rudimentaires utilisées par les candidats à l’émigration vers l’archipel français de l’océan Indien. Selon la chaîne Mayotte la 1ère, des recherches en mer et aériennes se poursuivent pour retrouver d’éventuels disparus.

L'île française de Mayotte est située entre les côtes du Mozambique et Madagascar. Crédit : Google maps
L’île française de Mayotte est située entre les côtes du Mozambique et Madagascar. Crédit : Google maps

Ce drame intervient alors qu’au moins trois autres tentatives de traversées ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi entre les Comores et Mayotte. Deux « kwassa-kwassa » ont été interceptés par les forces de l’ordre au petit matin ce lundi avant qu’ils ne puissent accoster, indique le même média. L’une dans le sud de Mayotte par la gendarmerie et l’autre au large de Kani-Kéli (sud-est). Les personnes arrêtées – quatorze hommes, cinq femmes, trois enfants ainsi qu’un nourrisson -, toutes d’origine comorienne, ont été conduites dans un centre de rétention administrative (CRA) en vue d’être reconduites à la frontière.

Un dernier kwassa a également été détecté : il a pu accoster avant l’intervention des forces de l’ordre.

Route migratoire très empruntée et meurtrière

Seuls 70 km séparent l’île comorienne d’Anjouan de Mayotte. Les traversées sont très fréquentes dans ce bras de mer séparant l’archipel des Comores de l’île devenue département français en 2011. Mayotte attire donc de nombreux candidats à l’émigration vers la France, principalement des Comoriens qui montent à bord d’embarcations de fortune pour tenter la traversée. En 2024, 493 kwassa-kwassa, transportant 6 764 personnes, avaient été interceptés, soit 61 % des embarcations détectées, d’après les chiffres de la préfecture.

Les kwassa kwassa, légers bateaux de pêche à moteur, sont utilisés pour rejoindre l'île française de Mayotte. Image d'illustration. Crédit : Wiki commons.
Les kwassa kwassa, légers bateaux de pêche à moteur, sont utilisés pour rejoindre l’île française de Mayotte. Image d’illustration. Crédit : Wiki commons.

Malgré sa proximité, cette route migratoire est particulièrement meurtrière. En novembre 2024, au moins 25 personnes avaient péri dans le naufrage de leur embarcation, au large des Comores. Des survivants du drame et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avaient imputé ce naufrage de l’embarcation aux passeurs qui auraient volontairement coulé le bateau. Deux mois avant, en septembre, un bateau transportant douze personnes n’avait jamais atteint Mayotte après avoir pris la mer depuis Anjouan, aux Comores. Un mois plus tôt, en août, huit personnes étaient mortes dans des circonstances similaires.

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Régulièrement, des accidents mortels surviennent, certains impliquant parfois la police. En juillet dernier, la collision d’un « kwassa-kwassa » transportant des migrants avec un bateau de la police nationale au large de Mayotte avait provoqué le chavirage de l’embarcation. Deux personnes sont décédées suite au choc.

Un territoire d’exception

Le territoire ultra-marin d’un peu plus de 300km2 pour environ 320 000 personnes doit composer avec l’arrivée et la gestion de nombreuses personnes en situation irrégulière. À Mayotte, 48% de la population est de nationalité étrangère et 95 % de ces étrangers sont Comoriens, selon l’Insee. Selon une enquête menée en 2016, environ « la moitié des étrangers » étaient alors en situation irrégulière.

Dans ce contexte, Mayotte est soumis à un régime d’exception en matière du droit des étrangers : asile accéléré (dépôt des dossiers et traitement des demandes), titre de séjour particulier pour les étrangers qui ne leur permet pas de sortir du département, des aides sociales pour les demandeurs d’asile plus limitées qu’en métropole, absence de l’aide médicale d’État.

Au mois de juillet, sept mois après le passage du cyclone Chido, le Parlement a adopté le projet de loi pour « refonder » Mayotte. Le texte prévoit notamment de durcir les conditions d’obtention d’un titre de séjour et de faciliter la destruction des bidonvilles.

Sources: infomigrants

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