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Au Royaume-Uni, une trentaine de migrants en grève de la faim pour contester leur renvoi vers la France

Une trentaine de migrants ont débuté lundi une grève de la faim pour protester contre leur renvoi en France prévu jeudi dans le cadre de l’accord « un pour un », rapporte le Guardian. Plus de 100 personnes ont déjà été renvoyées vers Paris depuis la mise en place de l’accord durant l’été.

Au Royaume-Uni, une trentaine de migrants ont entamé lundi une grève de la faim pour protester contre leur renvoi vers la France prévu jeudi 27 novembre, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

L’accord franco-britannique dit « un pour un » adopté cet été prévoit le renvoi en France d’un migrant arrivant au Royaume-Uni par « small boat », en échange de quoi Londres s’engage à accepter un migrant se trouvant en France et exprimant sa volonté de demander l’asile. Depuis sa mise en vigueur, plus d’une centaine de migrants ont été renvoyés en France, mais seuls 65 ont été admis au Royaume-Uni. La première arrivée légale de migrants via ce processus avait eu lieu fin septembre. Il s’agissait d’un couple de parents accompagnés d’un jeune enfant.

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Par ailleurs, deux migrants – un Iranien et un Érythréen – ont traversé une nouvelle fois la Manche après avoir été renvoyés en France. Le premier a été de nouveau expulsé alors que le second a été placé en centre de rétention. Il fait partie du groupe de personnes qui devaient être renvoyées jeudi.

Une situation « injuste et inéquitable »

« Nous avons décidé de faire une grève de la faim parce que nous avons été traités comme des criminels, a indiqué au Guardian l’un des migrants participants. Nous avons une raison d’être venus dans ce pays : être protégés. Nous n’avons rien fait contre la société ou contre qui que ce soit… Nous sommes des gens normaux, et nous aimerions être libres et bénéficier de nos droits humains et d’une protection. »

« Je suis épuisé par cette situation que je trouve profondément injuste et inéquitable », a confié une autre personne interrogée par le journal. Et d’ajouter : « Je suis arrivé par bateau avec 83 autres personnes, et seuls 12 d’entre nous ont été transférés dans un centre de détention. Les autres sont pris en charge normalement par le système d’asile et sont actuellement hébergés dans des hôtels. Pendant ce temps, nous sommes détenus ici avec des personnes qui ont peut-être été condamnées pour des crimes ».

« Ma vie s’est complètement arrêtée depuis que j’ai été placé en détention. J’ai l’impression de vivre dans l’incertitude, avec la crainte constante d’être renvoyé dans des endroits qui ne sont pas sûrs pour moi, comme la France ou mon pays d’origine », a enfin indiqué un troisième exilé, lui aussi interrogé par le Guardian.

Les 30 migrants sont soutenus dans leur démarche par Bail for Immigration Detainees, une organisation de défense des droits des migrants. Sa directrice, Charlotte Buckley, exprime son inquiétude face aux violations de droits dont sont victimes les migrants. « Nous sommes préoccupés par le fait que beaucoup d’entre eux n’ont pas accès à des conseils juridiques, notre dernier rapport montrant que le niveau de représentation juridique en détention est le plus bas depuis que nous avons commencé à enregistrer ces données ».

Elle appelle le Home office à écouter les demandes des grévistes de la faim au plus vite.

Arrivées en hausse

L’accord « un pour un » devait permettre de mettre un terme aux traversées irrégulières de la Manche à bord de « small boats ». Mais ce dispositif peine à montrer son efficacité et est vivement critiqué à la fois par les ONG et l’opposition de droite au Royaume-Uni. Dans un récent rapport, l’association Humans for rights network (HFRN) a fait état de « personnes vulnérables » éloignées, de manque d’accès à une assistance juridique ou encore de « conditions d’hébergement préjudiciables en France ».

Le HFRN a identifié « au moins trois cas » de personnes ayant des liens familiaux au Royaume-Uni et pourtant expulsées vers la France. Cependant, l’argument « liens familiaux » est censé fortement peser dans la balance lors de la sélection des exilés concernés par l’accord – et les renvois.

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Cet accord a été signé avec le but affiché de dissuader les traversées. Un argument également dénoncé par les détracteurs du projet puisque les traversées de la Manche ne cessent d’augmenter.

Depuis le début du mois, plus de 2 300 migrants ont rejoint le Royaume-Uni par « small boats ». Ces arrivées portent à plus de 39 000 le nombre de migrants arrivant sur les côtes britanniques par une traversée de la Manche depuis le début de l’année. Ce chiffre dépasse le total de l’année 2024, qui s’élevait à 36 816.

Sources: infomigrants

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