Libye : 53 migrants, dont 2 bébés, meurent dans le naufrage de leur canot au large de Zouara

Une embarcation transportant 55 migrants a chaviré samedi au large de Zouara, à l’ouest de la Libye, a indiqué lundi l’Organisation internationale des migrations (OIM). Seule deux Nigérianes ont survécu, portant à 53 le nombre de personnes mortes, parmi lesquelles deux bébés.
Environ six heures après avoir pris la mer depuis les côtes libyennes, un canot pneumatique transportant 55 migrants a chaviré vendredi matin au large de Zouara (ouest de la Libye), a annoncé l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans un communiqué publié lundi 9 février. L’embarcation avait quitté Zaouïa, près de Tripoli, le 5 février vers 23h.
« Seules deux Nigérianes ont été secourues lors d’une opération de recherche et de sauvetage menée par les autorités libyennes », précise l’agence onusienne. « L’une des survivantes a déclaré avoir perdu son mari, tandis que l’autre a indiqué avoir perdu ses deux bébés dans le naufrage », ajoute l’organisation.
L’UE « déterminée à continuer de travailler avec la Libye »
« Ces événements tragiques soulignent une fois de plus la nécessité d’intensifier les efforts conjoints avec nos partenaires, y compris la Libye, afin de prévenir de tels périples dangereux et de lutter contre les réseaux criminels de passeurs qui mettent des vies en péril », a réagi un porte-parole de la Commission européenne, auprès de l’AFP.
« Nous poursuivons notre collaboration avec la Libye sur tous les aspects de la gestion des migrations, y compris les opérations de recherche et de sauvetage en mer, la protection, le retour volontaire assisté et la réintégration – autant d’actions visant à sauver des vies et à proposer des alternatives plus sûres et plus durables à la migration irrégulière », a insisté le porte-parole. En outre, a-t-il ajouté, « nous restons déterminés à continuer de travailler avec la Libye et nos autres partenaires pour nous attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et promouvoir des voies d’accès légales, sûres et ordonnées ».
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L’Union européenne (UE) va financer l’ouverture d’un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi, dans l’est de la Libye. Sur le même modèle que l’accord signé avec Tripoli, les autorités de l’est libyen seront chargées d’intercepter les migrants en Méditerranée avant qu’ils n’atteignent les rives européennes. Et ce, alors que ce gouvernement n’est pas reconnu par l’UE. Mais « comme nous l’avons maintes fois affirmé, la Commission européenne est déterminée à travailler et à coopérer avec tous les acteurs clés en Libye pour relever les défis communs, notamment la gestion des migrations », avait déclaré fin janvier à InfoMigrants un porte-parole de la Commission européenne.
Un millier de migrants disparus en mer
Ce nouveau naufrage porte à au moins 484 le nombre de migrants signalés morts ou disparus sur la route migratoire de la Méditerranée centrale en 2026, selon l’OIM.
Mais ce chiffre semble bien en deçà de la réalité. Selon l’ONG Mediterranea Saving Humans (MSH) et l’association Refugees in Libya, un millier de migrants ont disparu en mer mi-janvier. Du 19 au 21 janvier, la tempête Harry a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes, générant des vagues allant jusqu’à 16 mètres de haut et des rafales de vent atteignant plus de 54 nœuds.
Dans ce contexte, les canots précaires et surchargés des migrants n’avaient quasiment aucune chance de survie.

Il pourrait s’agir de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », avait déploré Laura Marmorale, présidente de l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH) dans un communiqué publié lundi 2 février.
Pour établir leur chiffre de 1 000 disparus, MSH et Refugees in Libya se sont basés sur des témoignages recueillis auprès de proches de disparus et de migrants en Tunisie qui devaient prendre place sur des canots, mais qui n’ont pas pu le faire faute d’argent pour payer le passage. « À partir du 15 janvier, plusieurs convois sont partis de différents points côtiers. […] Des convois entiers ne sont jamais revenus », assure MSH, qui dénombre avec Refugees in Libya près de 30 embarcations parties de Tunisie durant cette période.
Entre le 30 janvier et le 3 février, deux navires humanitaires ont retrouvé trois corps en mer dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone). Ces dépouilles pourraient être celles de migrants disparus lors de la tempête Harry.
Sources: infomigrants




