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Europol lance un centre européen de lutte contre le trafic de migrants

L’agence policière européenne Europol a annoncé mardi le lancement d’un Centre européen de lutte contre le trafic de migrants. L’organisation va intensifier ses actions sur les réseaux sociaux et les messageries cryptées, largement utilisés par les passeurs pour attirer des migrants ou pour coordonner les déplacements des exilés. Europol veut aussi s’attaquer au modèle économique des trafiquants.

Intensifier la lutte contre les réseaux de passeurs actifs en Europe. C’est avec cet objectif qu’Europol a lancé, mardi 24 mars, un nouveau Centre européen contre le trafic illicite de migrants (ECAMS).

Cette unité de l’agence policière européenne mettra l’accent sur des enquêtes basées sur les données et renseignements open source (OSINT) et mènera également des enquêtes financières, suivant la trace des bénéfices illicites générés par les passeurs.

« Avec l’ECAMS, Europol renforce son rôle au centre de la réponse de l’Europe, en réunissant le renseignement, la coordination opérationnelle et l’analyse avancée pour aider les États membres à démanteler les réseaux criminels à grande échelle », se félicite l’organisation internationale dans un communiqué.

Le centre constitue un renforcement des capacités opérationnelles, techniques et analytiques d’Europol, explique l’agence internationale sur son site.

« Le lancement de l’ECAMS témoigne de la détermination de l’Europe à considérer le trafic de migrants pour ce qu’il est réellement : une forme grave de criminalité organisée qui coûte souvent des vies et qui en tire profit », a déclaré Catherine de Bolle, présidente d’Europol, lors d’une conférence mardi au siège de l’agence à La Haye.

« Forces de l’ordre dans les environnements numériques »

L’ECAMS compte élargir son champ d’action sur internet en introduisant « les forces de l’ordre dans les environnements numériques ». L’agence vise les opérations en ligne, de plus en plus communes, à travers lesquelles des passeurs font la publicité de voyages illégaux sur les réseaux sociaux, ou coordonnent les déplacements de migrants à travers des plateformes encryptées.

« Le trafic de migrants ne se limite plus à des voies physiques. Les réseaux criminels fonctionnent de plus en plus dans l’espace numérique », reconnaît Europol dans son communiqué.

Un groupe d’enquêteurs numériques sera chargé de « la surveillance, la détection, l’analyse et la perturbation des activités de contrebande en ligne ».

Les 18 et 19 mars, des journées d’ »actions numériques » ont permis aux policiers, travaillant sur des réseaux de trafiquants actifs en mer Méditerranée, d’ouvrir « 1 000 nouvelles pistes d’enquête » concernant « 10 cibles à haute valeur ajoutée », indique Europol.

S’attaquer au modèle économique des passeurs

L’ECAMS compte également s’attaquer au modèle économique derrière le trafic de migrants. Selon les données d’Europol, certains migrants doivent payer 20 000 euros ou plus pour atteindre leur destination en entreprenant un dangereux voyage depuis leurs pays d’origine.

Ces profits sont ensuite réinvestis dans ces mêmes opérations et infrastructures criminelles.

« En soutenant les enquêtes financières, Europol aide à retracer, geler et confisquer les avoirs criminels, perturbant les fondements économiques des réseaux de contrebande », affirme l’agence.

Depuis 2016, Europol a soutenu de nombreuses opérations à travers ses états membres qui ont permis d’arrêter des milliers de personnes soupçonnées de trafic de migrants et de démanteler des centaines de réseaux.

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La création de ce nouveau centre représente une intensification de ces opérations dans ce domaine. « En combinant les données des États membres et des partenaires avec des outils analytiques de pointe, ECAMS permet aux enquêteurs de cartographier les réseaux criminels, d’identifier les facilitateurs et de hiérarchiser les cibles à haut risque », explique le site d’Europol.

Cette nouvelle approche fondée sur le renseignement devrait permettre aux autorités d’agir plus rapidement et se coordonner plus efficacement, poursuit l’agence.

« Les réseaux criminels génèrent d’énormes revenus en exploitant des personnes vulnérables », a insisté Catherine de Bolle devant les journalistes. « Pour ces réseaux, les gens ne sont pas des êtres humains, mais des marchandises. Leurs activités criminelles ont une portée mondiale. C’est pourquoi il est important que notre alliance soit elle aussi mondiale ».

Sources: Infomigrants

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