Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an

En 2025, le nombre de demandeurs d’asile en Suède « a continué de baisser. C’est une baisse importante […] de 30% en seulement un an », a déclaré vendredi le ministre suédois des Migrations Johan Forssell. La Suède a durci sa politique migratoire ces dernières années, restreignant le regroupement familial et œuvrant pour l’expulsion de migrants en situation irrégulière.
Les demandes d’asile en Suède ont baissé de 30% sur un an, a déclaré vendredi 9 janvier le ministre suédois des Migrations, à moins d’un an des élections législatives dans le pays. Précisément, le nombre de demandeurs d’asile enregistrés était de 6 735 en 2025, contre 9 645 l’année précédente.
L’immigration liée à l’asile reste à son niveau le plus bas depuis 40 ans. « Le rythme a été très soutenu », a-t-il affirmé. « En 2025, le nombre de demandeurs d’asile en Suède a continué de baisser. C’est une baisse importante (…) de 30% en seulement un an ».
Johan Forssell a énuméré, lors d’une conférence de presse, les réformes entreprises depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement conservateur soutenu par le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), toutes destinées à restreindre l’immigration : durcissement des conditions d’obtention de la citoyenneté et du regroupement familial et surtout forte augmentation de l’aide financière au retour des migrants dans leur pays d’origine,
8 000 « retours volontaires » en 2025
Depuis le 1er janvier 2026, en effet, la contribution de l’aide financière au retour peut atteindre 30 000 euros – contre 2 300 euros auparavant. À Stockholm, le social-démocrate Alexander Ojanne, adjoint au maire, dénonce un dispositif contreproductif. « On va perdre une main-d’œuvre qualifiée dont nous avons besoin. Nous avons un gouvernement incroyablement peu sérieux. Et surtout un gouvernement mal informé. Ils sont aveuglés par leur idéologie ».

Pour Johan Forssell, c’est au contraire, une victoire. Un peu plus de 8 000 personnes ont quitté la Suède pour rejoindre leur pays d’origine en 2025.
« Si je fais le bilan du mandat jusqu’à présent [entre 2022 et 2025], on constate que le nombre [de demandes d’asile] a diminué de près de 60% et que, dans le même temps, les retours ont augmenté de 60% », a-t-il ajouté.
Révoquer la citoyenneté suédoise aux binationaux criminels
Le pays a accordé 79 684 permis de séjour au total en 2025, dont 6% pour des motifs liés à l’asile (4 700), selon des chiffres de l’Office national des migrations. C’est moins qu’en 2024, où un total de 82 857 permis avaient été octroyés, dont 6 250 permis de séjour pour l’asile.
Plusieurs chantiers de réformes sont en cours pour l’année à venir, et le gouvernement entend avancer rapidement avant la tenue des élections législatives le 13 septembre 2026.
Le gouvernement examine actuellement la possibilité de révoquer la citoyenneté suédoise des citoyens binationaux sous certaines conditions (condamnés pour crime, appartenance à un gang…). En avril dernier, les autorités avaient aussi fait part de leur volonté d’introduire dans la législation un critère de « conduite honnête » aux migrants, sous peine de voir révoquer ou refuser leur titre de séjour.
En janvier dernier, le pays scandinave a annoncé le durcissement de l’obtention de la citoyenneté. Concrètement, pour devenir suédois, un étranger devra avoir vécu huit ans en Suède – contre cinq ans auparavant -, passé un test de connaissances de la société et des valeurs suédoises, et réussi un examen de langue.
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Une autre proposition avait suscité un tollé dans le pays en mai 2024 : la coalition au pouvoir avait proposé une loi visant à obliger les travailleurs du secteur public à dénoncer aux autorités les personnes sans-papiers avec lesquelles ils sont en contact. La mesure, jugée raciste et discriminatoire, s’était cependant heurtée à une très forte opposition au sein des services publics, qui avait appelé à la « désobéissance civile ».
Après l’Allemagne, la Suède a été le deuxième pays au sein de l’Union européenne à avoir accueilli le plus grand nombre de Syriens fuyant la guerre civile en 2015 et 2016. Sur les 163 000 demandeurs d’asile en 2015, plus de 50 000 venaient de Syrie, selon les chiffres de l’autorité suédoise de statistiques SCB.
Sources: infomigrants




