Grèce : 15 migrants meurent après une « violente collision » de leur canot avec un patrouilleur grec en mer

Quinze migrants, dont quatre femmes, ont trouvé la mort mardi soir après une « violente collision » entre leur embarcation de fortune et le patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, en mer Égée. Plusieurs enfants ont également été blessés et transportés à l’hôpital.
Quinze migrants, dont quatre femmes, ont été tués mardi 3 février dans la soirée dans la collision de leur embarcation avec un bateau des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, en mer Égée.
« En raison de la violence de la collision, le canot a chaviré et coulé, entraînant la chute de tous ses passagers dans la mer », écrit la garde-côtière dans un communiqué.
Deux membres des gardes-côtes grecs ont été transférés à l’hôpital général de Chios, ainsi que 25 migrants secourus, selon les informations des gardes-côtes. Parmi les blessés figurent 11 mineurs et sept femmes. « Mais par la suite, une des femmes est décédée », précise le communiqué des autorités.
Quatorze corps (11 hommes et trois femmes) ont été sortis de l’eau par les secours. « Les dépouilles ont été transportées par les bateaux de sauvetage au port, puis à l’hôpital Skylitseio pour y subir une autopsie », ajoutent les autorités.
Le nombre total de migrants à bord n’est pas pour l’instant connu et une opération de sauvetage au large de Chios avec cinq patrouilleurs et un hélicoptère de la police portuaire est en cours ce mercredi matin pour retrouver les personnes portées disparues.
Les gardes-côtes « agissent dans des conditions de guerre »
Selon les gardes-côtes, le patrouilleur de la police portuaire qui avait repéré l’embarcation de migrants au large de Chios a émis des signaux sonores mais le bateau a fait des manœuvres pour échapper aux autorités. « Le pilote a fait demi-tour et ensuite le canot a percuté le flanc droit du patrouilleur des gardes-côtes », poursuit le communiqué.
Les gardes-côtes et l’armée de l’air grecque avec un hélicoptère participent à l’opération de recherche en cours.
« Les criminels sont les passeurs (…) qui ont tenté de déposer des migrants à Chios », a déclaré Thanos Plevris, le ministre grec des Migrations. « Les gardes-côtes (avaient) repéré le bateau des migrants et leur ont ordonné de s’arrêter mais les passeurs ont fait un virage pour s’échapper et percuté le patrouilleur ».
Après avoir exprimé « sa tristesse pour les morts », le ministre a félicité les gardes-côtes « qui ont sauvé les personnes et secouru les personnes retrouvées en mer ». Cela « montre le combat que nous devons mener contre les passeurs meurtriers de migrants en situation irrégulière et le projet de loi d’aujourd’hui comporte des dispositions spécifiques qui durcissent les peines pour ces meurtriers, les seuls responsables de ce qui se passe ». « Il va de soi qu’une enquête est en cours », a-t-il ajouté.
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De son côté, Sevi Voloudaki, la vice-ministre des Migrations, a affirmé que les gardes-côtes « agissaient dans des conditions de guerre ».
« Le gouvernement doit des explications au-delà de tout doute (sur cette tragédie), surtout après l’aggravation de sa politique anti-immigration qui favorise des logiques xénophobes », a indiqué dans un communiqué le parti de gauche Syriza
Nombreux morts sur cette route migratoire
Cette collision n’est pas la première : en mai 2024, un migrant avait été tué, et cinq autres blessés, dans une collision survenue entre un canot et un patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Symi. Selon les autorités, le pilote du bateau pneumatique avait sauté par-dessus bord pour éviter d’être arrêté, provoquant une collision avec l’un des patrouilleurs.

Ces dernières années, les gardes-côtes grecs ont été accusés par plusieurs organisations et associations de pratiquer des refoulements illégaux et de faire preuve de violences envers les exilés. Dix-huit membres des gardes-côtes sont d’ailleurs accusés d’homicide involontaire par négligence dans le naufrage d’un chalutier au large de Pylos, ville en Péloponnèse (sud) en 2023, l’un de plus importants naufrages en Méditerranée orientales ces dernières années ayant fait des centaines de morts. Parmi les 104 survivants de ce naufrage, plusieurs dizaines ont fait une plainte collective contre la police portuaire grecque, alléguant que les gardes-côtes avaient mis des heures à intervenir lorsque le bateau était en difficulté, malgré les avertissements de Frontex, police portuaire de l’UE, et de l’ONG Alarm Phone.
De nombreuses personnes en quête d’asile dans l’Union européenne tentent la périlleuse traversée entre les côtes turques et les îles grecques de la mer Égée qui lui font face.
Les naufrages – sans collision – restent aussi fréquents dans cette zone maritime. En janvier 2026, une femme et un petit garçon ont été retrouvés morts au large de l’île grecque d’Ikaria, dans le nord de la mer Égée, après le naufrage d’une embarcation transportant plus de 50 migrants.
Début décembre, 17 personnes avaient été retrouvées mortes après le naufrage de leur embarcation au large de la Crète (sud) et 15 autres portées disparues. Seules deux personnes avaient survécu.
Selon Missing Migrants, un projet de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 291 migrants ont perdu la vie en Méditerranée orientale en 2025, et quelque 33 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus dans toute la Méditerranée depuis 2014.
Sources: informigrants




