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Méditerranée : deux corps retrouvés par SOS Humanity en mer, deux semaines après le passage de la tempête Harry

Le navire humanitaire Humanity 1 a retrouvé mardi deux corps flottants en mer Méditerranée, entre plusieurs opérations de sauvetage. Cette découverte macabre intervient quelques jours après le passage de la tempête Harry sur le bassin méditerranéen, qui aurait entraîné la disparition d’environ 1 000 exilés, selon des associations.

Découverte tragique en Méditerranée. Mardi 3 février, alors qu’il menait des opérations de sauvetage en mer, le bateau humanitaire Humanity 1 de l’ONG allemande SOS Humanity a retrouvé deux corps flottants dans les vagues.

Selon l’association sur X, « dans les deux cas, leurs conditions indiquaient qu’ils étaient dans l’eau depuis longtemps et n’ont pas pu être récupérés ».

« Trop tard pour être sauvées, jamais trop tard pour être pleurées : deux victimes silencieuses de naufrages passés inaperçus », ajoute SOS Humanity. Trouver des dépouilles en mer est récurrent pour les navires humanitaires qui sillonnent la Méditerranée centrale. En fonction de leur état de décomposition, les ONG ne peuvent pas toujours remonter les cadavres à bord.

Vendredi 30 janvier, le navire de sauvetage Ocean Viking, de l’ONG SOS Méditerranée, avait aussi récupéré le corps sans vie d’une femme dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) maltaise.

1 000 exilés disparus, selon des ONG, après la tempête Harry

Quelques jours plus tôt, du 19 au 21 janvier, la tempête Harry balayait le bassin méditerranéen et les côtes italiennes, provoquant des vagues atteignant jusqu’à 16 mètres de haut. Le bilan humain de son passage est très lourd : les gardes-côtes italiens avaient estimé à 380 le nombre d’exilés disparus, mais des ONG d’aide aux migrants ont récemment revu ce chiffre à la hausse et évoquent désormais 1 000 migrants morts en mer. Néanmoins, sans dépouilles, difficile d’établir un bilan précis.

« Les deux personnes que nous avons retrouvées [en mer] faisaient peut-être partie des disparus [de la tempête Harry, ndlr]. Leur mort laisse une trace profonde qui restera gravée dans nos mémoires. Nos pensées vont aux survivants et à l’équipage du Humanity 1, qui ont été témoins de ces moments, ainsi qu’à tous ceux qui ont perdu la vie en mer », écrit encore SOS Humanity sur X.

Des vagues se brisent sur le port de La Valette, lors du passage de la tempête Harry, à Malte, le 20 janvier 2026. Crédit : Reuters
Des vagues se brisent sur le port de La Valette, lors du passage de la tempête Harry, à Malte, le 20 janvier 2026. Crédit : Reuters

Il pourrait s’agir de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », indique Laura Marmorale, présidente de l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH) dans un communiqué publié lundi 2 février.

Pour établir leur chiffre de 1 000 disparus, MSH et Refugees in Libya (qui documente la vie des migrants en Libye mais aussi en Tunisie) se sont basés sur des témoignages recueillis auprès de proches de disparus et de migrants en Tunisie qui devaient prendre place sur des canots, mais qui n’ont pas pu le faire faute d’argent pour payer le passage. « À partir du 15 janvier, plusieurs convois sont partis de différents points côtiers. […] Des convois entiers ne sont jamais revenus », assure MSH, qui dénombre avec Refugees in Libya près de 30 embarcations parties de Tunisie durant cette période.

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La semaine passée, les noms d’exilés disparus ont commencé à émerger : « Des personnes connues pour être parties [vers l’Italie] sont injoignables », rapportent les ONG. « Des centaines de familles, de parents et d’amis de disparus sont désespérés ». MSH reconnaît que les informations dont elle dispose sont « fragmentaires et parfois contradictoires », mais une chose est sûre selon l’ONG italienne, le nombre de 380 disparus avancé par les autorités italiennes ne correspond pas à l’ampleur de la catastrophe.

Par ailleurs, un migrant originaire de Sierra Leone a été miraculeusement secouru le 24 janvier. Selon son témoignage, il dérivait seul depuis 24 heures, agrippé à l’épave du bateau dans lequel il se trouvait avec 51 exilés à bord, avant que l’embarcation ne se retourne à cause de la tempête. L’unique survivant de ce naufrage a été récupéré par un navire marchand au large de la Tunisie puis emmené à Malte. « Lors de son sauvetage, des corps ont été vus flottant dans l’eau », signale MSH.

« Ces naufrages effroyables ne peuvent être considérés comme inévitables. (…) Nous ne pouvons pas tolérer que la Méditerranée reste un cimetière pour ceux qui cherchent la sécurité », s’est indigné le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) dans un communiqué publié lundi 2 février, et suggère dans le même temps que les chiffres officiels des morts en Méditerranée ces dernières semaines « pourraient être en deçà du bilan réel ».

Sources : Infomigrants

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