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Canaries : le gouvernement local demande à l’UE de déployer des moyens aériens et maritimes de Frontex

Le gouvernement des îles Canaries a demandé à la Commission européenne de déployer les forces de Frontex dans l’archipel. Il réclame notamment des avions, des navires, des radars et d’autres systèmes pour améliorer la surveillance des frontières.

Un renforcement « significatif » de la présence de Frontex aux Canaries, c’est ce que le gouvernement local a demandé à la Commission européenne, profitant de la consultation lancée par la direction générale des migrations et des affaires intérieures pour actualiser le règlement de l’agence européenne.

Ainsi, le président Fernando Clavijo a proposé que Frontex renforce sa présence aux Canaries « avec des avions, des navires, des radars et d’autres systèmes pour améliorer la surveillance maritime et frontalière ».

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Il faut déployer « de manière constante et proportionnelle » l’agence européenne de surveillance des frontières sur l’archipel espagnol et la doter de « ressources adaptées à l’environnement maritime et à la réalité géographique des îles », a-t-il avancé.

Aujourd’hui, les agents de Frontex sur les îles Canaries « limitent leur travail à travailler dans les différents Centres d’Assistance Temporaire pour Étrangers (CATE), en aidant la Police nationale à identifier et à interroger les migrants nouvellement arrivés sur les îles ».

AFP - STRINGER | Migrants avec la Croix-Rouge espagnole sur l'île d'El Hierro, dans l’archipel des Canaries, le 3 février 2024.
AFP – STRINGER | Migrants avec la Croix-Rouge espagnole sur l’île d’El Hierro, dans l’archipel des Canaries, le 3 février 2024.

Le gouvernement des Canaries espère donc profiter de cette consultation européenne pour faire modifier le nouveau règlement de Frontex et y inclure la notion d’un déploiement beaucoup plus large pour contrôler la route atlantique. Ainsi, il passerait outre le gouvernement espagnol qui a plusieurs fois refusé de solliciter l’agence européenne pour gérer ses frontières.

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Les autorités locales espèrent surtout pouvoir intégrer Frontex à la gestion humanitaire de la crise migratoire et aux missions de sauvetage en mer. Elles demandent notamment que le nouveau règlement Frontex intègre « des protocoles de coordination spécifiques avec les services de sauvetage nationaux (comme le Salvamento Marítimo en Espagne), dans le respect des compétences des États mais en favorisant une véritable coopération opérationnelle ».

« Les îles Canaries sont un lieu fréquent d’opérations de recherche et de sauvetage (SAR). Les futures réglementations doivent garantir que Frontex non seulement assure le contrôle des frontières, mais fournit également une aide humanitaire coordonnée, conformément au droit maritime international et aux droits fondamentaux », précise la proposition du gouvernement régional.

« L’Union européenne doit renforcer son dialogue avec les pays d’Afrique de l’Ouest »

À l’occasion de cette révision du règlement, le gouvernement des Canaries propose également de revoir la politique de l’agence européenne avec les pays tiers au profit d’une « approche plus agile et plus efficace ». « L’Union européenne doit renforcer son dialogue avec les pays d’Afrique de l’Ouest d’origine et de transit des bateaux et des cayucos afin de garantir la présence de Frontex dans leurs eaux territoriales. Cela implique de promouvoir des accords bilatéraux avec ces pays et de les soutenir dans leurs efforts de surveillance maritime », indique la proposition faite à la Commission européenne.

Des accords existent déjà entre les pays européens et les pays de départ. Le dernier en date concerne d’ailleurs la route des Canaries et a été signé entre l’Espagne et la Mauritanie. Il prévoit : renforcement de la coopération entre agences, démantèlement des réseaux de passeurs, construction de centres de rétention et délégation des contrôles. Le tout grâce à une enveloppe de 210 millions d’euros accordée au pays saharien.

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Depuis, la Mauritanie mène depuis le début de l’année une politique migratoire plus stricte. Conséquence, les arrestations se multiplient et des contrôles sont menés dans les grandes villes et sur les autoroutes. « Il y a des refoulements tous les jours. La police arrête même des gens dans leurs maisons, des hommes lorsqu’ils vont au travail », racontait à InfoMigrants Abdoulaye Diallo, président de l’association Ensemble pour un avenir meilleur, à Nouakchott.

Les arrivées aux Canaries se sont d’ailleurs effondrées. Depuis janvier 2025, 11 883 exilés sont arrivés sur les iles espagnoles contre 22 304 sur la même période l’année dernière. Soit une baisse de 46,7%.

Malgré cela, cette route migratoire reste l’une des plus meurtrières. Près de 1 500 personnes sont mortes entre les côtes d’Afrique de l’Ouest et espagnoles en 2025. L’année dernière, ce sont 9 757 exilés qui sont décédés en tentant de rejoindre l’Europe, selon l’ONG Caminando Fronteras.

Sources: infomigrants

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