Mer Méditerranée : 380 migrants portés disparus depuis le passage de la tempête Harry

Selon les gardes-côtes italiens, huit embarcations parties de Tunisie à la mi-janvier ne sont jamais arrivées à destination, soit un total de 380 migrants. Leur sort pourrait être lié à la violente tempête Harry qui a balayé le bassin méditerranéen et les côtes italiennes du 19 au 21 janvier, provoquant des vagues énormes mesurant jusqu’à 16 mètres.
Le nombre de victimes en Méditerranée provoqué par le passage du cyclone Harry dans le bassin méditerranéen pourrait être dramatique : au moins 380 migrants, qui se trouvaient à bord de huit embarcations parties de Tunisie ces derniers jours (du 14 au 21 janvier), ne sont jamais arrivés à destination en Italie, selon les gardes-côtes italiens.
Dans une série de messages postés sur le réseau social X, le journaliste italien Sergio Scandura, qui travaille sur les questions migratoires, affirme que « les dates de départ [de ces embarcations parties] de Sfax sont les 14, 18, 20 et 21 janvier 2026 : [des jours marqués] par les vagues impitoyables de plus de 7 mètres et des rafales très violentes allant jusqu’à plus de 54 nœuds » causés par le cyclone Harry. Selon les autorités italiennes, Harry a généré des vagues atteignant 16 mètres de haut, dévastant plusieurs zones côtières de Sicile, de Sardaigne et de Calabre entre le 19 et le 21 janvier.
Le reporter italien détaille le profil des canots manquant à l’appel : « 49 personnes à bord d’un bateau en fer, parties de Sfax le 21 janvier à 02h00 UTC », « 45 ou 50 personnes, parties de Sfax le 18 janvier entre 18h00 et 19h00 UTC » ou encore « 42 personnes à bord d’un canot pneumatique, parti de Sfax le 14 janvier à 21h00 UTC ».
« L’alerte SAR [« search and rescue », en anglais] est retransmise à plusieurs reprises aujourd’hui sur les terminaux InmarSat [système de communication numérique par satellite qui aide les navires à remplir leurs obligations de sauvetage, ndlr] », écrivait encore le journaliste dimanche 25 janvier, précisant que les conditions météorologiques dramatiques de ces derniers jours « ne laissent guère d’espoir ».
Ces 380 personnes sont les « victimes invisibles du cyclone Harry », titre de son côté le journal italien L’Indipendente, dans son édition du 26 janvier 2026.
De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) affirme « enquêter » sur les disparitions de ces bateaux en provenance de Tunisie », selon son porte-parole Jorge Galindo. « Bien que l’OIM soit toujours en attente d’une confirmation officielle, l’ampleur des pertes humaines signalées laisse présager une nouvelle tragédie majeure en Méditerranée centrale », a déploré lundi26 janvier l’agence onusienne dans un communiqué.
Un homme seul, miraculeusement sauvé en mer
Parmi les huit canots manquants, seul un migrant a été miraculeusement secouru, samedi 24 janvier. Il dérivait seul dans une embarcation et a été récupéré par un navire marchand au large de la Tunisie. Le survivant a été emmené à Malte pour y recevoir des soins médicaux, ont déclaré les forces armées maltaises.

Le survivant, retrouvé agrippé à l’épave du bateau, serait, selon ses dires, resté en mer pendant 24 heures.
L’embarcation qui transportait 51 personnes était partie de Tunisie et a chaviré à cause des conditions météorologiques liées à la tempête Harry. L’ONG Alarm Phone – qui surveille les embarcations en mer – avait lancé un appel à témoins depuis plusieurs jours concernant la disparition de ce bateau.
« Je me suis retrouvé seul »
« Nous étions 51 à bord. Partis de Sfax, nous avons été à la merci de vagues gigantesques pendant 24 heures, puis nous avons chaviré. Je me suis retrouvé seul », a-t-il déclaré, selon l’Indipendente. « Son témoignage est le seul aperçu tragique du sort réservé à l’une des huit embarcations portées disparues dans l’alerte détaillée diffusée à plusieurs reprises par le Centre de coordination et de sauvetage des gardes-côtes italiens. L’alerte, adressée à tous les navires transitant par la route de Sfax à Lampedusa, est restée jusqu’à présent sans réponse malgré des recherches approfondies », écrit le journal.
Si les canots disparus sont tous partis de Tunisie ou de l’ouest de la Libye, l’OIM affirme qu’une autre embarcation partie de Tobrouk (dans l’est de la Libye), avec 51 migrants à bord, a également disparu en tentant de rallier la Crète.
« Le trafic de migrants à bord d’embarcations impropres à la navigation et surchargées est un acte criminel. Organiser des départs alors qu’une violente tempête frappait la région rend ces actes encore plus répréhensibles, car des personnes ont été sciemment envoyées en mer dans des conditions qui représentaient un risque quasi certain de mort », insiste l’agence onusienne dans son communiqué.
Ce nouveau drame survient quelques jours seulement après un autre naufrage, également au large des côtes tunisiennes, au cours duquel deux jumelles âgées d’un an ont péri. Les autres passagers ont été secourus jeudi 22 janvier au large de l’île italienne de Lampedusa.
Fin décembre, au moins 116 migrants, entassés dans un canot, ont disparu en tentant d’atteindre les côtes européennes par la route de la Méditerranée centrale. Une seule personne avait été retrouvée sur un morceau d’embarcation.
La Méditerranée centrale reste la route maritime la plus dangereuse du monde pour les migrants qui espèrent atteindre les côtes européennes, selon l’OIM.
Sources: infomigrants




