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Mort de 4 migrants dans la Manche : arrestation d’un Soudanais au Royaume-Uni

 

Un Soudanais a été arrêté vendredi dans le sud-est de l’Angleterre dans le cadre de l’enquête ouverte en France sur la mort de quatre migrants, survenue la veille, dans la Manche. Il a été inculpé samedi pour « mise en danger de la vie d’autrui », a précisé l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA).

La police britannique a annoncé l’arrestation d’un Soudanais vendredi 10 avril dans le sud-est de l’Angleterre dans le cadre de l’enquête ouverte en France sur la mort de quatre migrants, survenue la veille. Les victimes sont mortes lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche.

L’homme arrêté, âgé de 27 ans, dont l’identité n’a pas été précisée, a été arrêté puis inculpé samedi pour « mise en danger de la vie d’autrui lors d’un voyage en mer vers le Royaume-Uni », a indiqué la NCA, l’agence britannique de lutte contre la criminalité. Il est soupçonné d’avoir piloté le bateau de France jusqu’au Royaume-Uni.

La NCA a également précisé que l’arrestation avait eu lieu alors qu’il se trouvait déjà dans un centre de rétention du Kent.

Lors de sa comparution devant le tribunal de première instance de Folkestone, samedi, il a plaidé non coupable, précise la BBC. Il a été placé en détention provisoire et comparaîtra devant la Cour de la Couronne de Canterbury le 11 mai.

Six morts depuis le début de l’année

De son côté, la procureure française en charge de l’affaire, Cécile Gressier, a indiqué à l’AFP qu’aucune arrestation n’avait eu lieu en France, mais a fait état « d’interpellations » à l’étranger. Les deux hommes et deux femmes qui ont perdu la vie jeudi ont été emportés par le courant alors qu’ils tentaient de monter à bord d’un bateau avec des dizaines d’autres personnes, portant à six le nombre de décès survenus cette année lors de traversées en embarcations de fortune.

La technique des « taxi-boats » consiste pour les passeurs à récupérer des candidats à l’exil directement dans l’eau. Ce procédé est de plus en plus utilisé sur les côtes du nord de la France pour éviter les interceptions terrestres par la police sur les plages.

« Il en résulte une augmentation considérable des risques encourus par les migrants, l’embarquement se faisant directement dans l’eau, dans des conditions toujours plus chaotiques« , soulignait la préfecture maritime de la Manche et de la Mer du Nord (Prémar) il y a quelques mois. « On meurt plus au moment de l’embarcation, et moins en pleine mer », résumait aussi Salomé Bahri, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Grande-Synthe, à InfoMigrants en 2024.

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Il s’agit du deuxième drame de ce type en 2026 près de la frontière franco-britannique : le 1er avril, deux autres migrants sont morts lors d’un de ces embarquements par taxi-boat, risqués et souvent chaotiques, près de Gravelines (Nord).

L’immigration irrégulière depuis le littoral du nord de la France vers l’Angleterre constitue un point de friction récurrent dans les relations entre Paris et Londres. Sous la pression du Royaume-Uni, la France a changé en fin d’année sa doctrine d’intervention pour permettre d’intercepter en mer les taxi-boats. Mais ces interceptions sont rares pour le moment, certaines conditions devant être réunies pour ne pas mettre en danger les vies humaines.

Londres souhaiterait que sa contribution financière pour la sécurisation de la frontière par les autorités françaises soit conditionnée à l’atteinte d’un objectif d’interception d’embarcations plus élevé, selon plusieurs médias britanniques.

Sources: Infomigrants

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