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Libye : au moins 28 corps de migrants découverts sur les côtes après plusieurs naufrages

Au moins 28 corps de migrants ont été découverts sur les côtes libyennes depuis samedi par les services de secours libyens. Il s’agit des victimes d’au moins deux naufrages survenus au large de Zouara et de Tobrouk. Quatre survivants ont été identifiés.

Ce sont des départs de bateaux pour l’Europe, survenus aux deux extrémités de la Libye, qui ont abouti à des drames. Samedi 18 avril, les services de secours libyens ont découvert 17 corps de migrants au niveau de la ville de Zouara, à une centaine de kilomètres de la capitale Tripoli, à l’ouest de la Libye, a rapporté l’agence de presse Reuters.

Le centre médical de secours de la zone a indiqué que 14 corps avaient été enterrés à la suite de cette opération et que le corps d’un ressortissant bangladais avait pu être identifié et rendu à sa famille à Tripoli. Aucun détail n’a été donné sur les deux autres corps.

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Au cours de la même journée, le Croissant Rouge libyen a retrouvé six corps de migrants sur des plages près de Tobrouk, dans l’est du pays. Selon un message posté par l’organisation humanitaire sur son compte Facebook, un septième corps a été retrouvé le lendemain. Lundi 20 avril, le Croissant rouge a indiqué que quatre corps supplémentaires avaient été retrouvés sur les côtes.

Dans un rapport, l’organisation précise que ces personnes pourraient faire partie des 42 exilés qui se trouvaient à bord d’une embarcation partie de Libye le 15 avril dernier. Parmi elles, au moins 32 personnes – dont des femmes et des enfants – seraient portées disparues, principalement de nationalité soudanaise, somalienne et égyptienne.

La route de Tobrouk, de plus en plus fréquentée

Depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un pays de transit pour des milliers de migrants subsahariens qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe.

Aujourd’hui, plusieurs routes migratoires partent de Libye vers l’Europe. À l’ouest, depuis la région de Tripoli, les embarcations tentent de rejoindre l’île italienne de Lampedusa. Tandis qu’à l’est, depuis la région de Tobrouk, les migrants cherchent à atteindre les îles du sud de la Grèce : Gavdos ou la Crète. En 2025, trois fois plus de migrants sont arrivés en Crète par cette route qu’en 2024.

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Face à la fréquentation en hausse de cette route, la Commission européenne a décidé de financer l’ouverture d’un centre de coordination de sauvetage maritime (MRCC) à Benghazi, dans l’est de la Libye. Et ce, alors que le gouvernement de cette zone n’est pas reconnu par l’Union européenne (UE).

Le MRCC de Benghazi devrait fonctionner sur le même modèle que celui de Tripoli. Depuis un accord signé entre l’UE et Tripoli en 2017, les gardes-côtes libyens de l’ouest sont chargés de la coordination des sauvetages au large de leurs côtes. Une tâche qui incombait auparavant au MRCC de Rome ou de La Valette, à Malte. L’accord de 2017 prévoit que l’Italie équipe et forme les autorités libyennes pour intercepter en mer les exilés en route vers les côtes européennes.

Au moins 5 000 détenus

Depuis le début de l’année 2026, plus de 4 200 personnes ont été interceptées en mer et ramenées de force en Libye, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, plus de 26 000 migrants avaient été arrêtés en Méditerranée centrale par les forces libyennes et renvoyés dans le pays, selon les chiffres de l’OIM. Un nombre en constante augmentation : ils étaient plus de 21 000 en 2024, et 17 000 en 2023.

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Pour les personnes ramenées dans le pays, le calvaire se poursuit car, en Libye, les migrants sont détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, travail forcé, exploitation sexuelle…

Dans un récent rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient à être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye.

Le rapport, qui s’appuie sur des entretiens avec une centaine de personnes originaires de 16 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud, couvre une période de deux ans, de janvier 2024 à décembre 2025. Il décrit des cas d’hommes contraints de travailler sans salaire ni nourriture suffisante, et de filles séparées de leur mère.

Le document évoque « une réalité brutale et normalisée » sur les migrants en Libye et dénonce « un modèle d’exploitation » qui profite de la « vulnérabilité accrue » des exilés.

Environ 5 000 personnes détenues dans des centres officiels suite à des « interceptions illégales et dangereuses en mer » sont victimes de violences sexuelles et sexistes, de torture, d’esclavage et de disparitions forcées, précise le rapport de l’ONU.

Sources: Infomigrants

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