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Libye : plus de 600 migrants secourus par les gardes-côtes au large de Tobrouk

Plus de 610 exilés qui étaient à bord de 15 embarcations ont été interceptés par les gardes-côtes libyens au large de Tobrouk, à l’est de la Libye. Après avoir été ramenés à terre, les migrants ont été pris en charge par le Croissant rouge libyen, qui leur a prodigué les premiers secours.

En l’espace de 24 heures, les gardes-côtes libyens ont secouru 616 migrants au large de Tobrouk, à l’est de la Libye. Dans le détail, 510 migrants qui naviguaient à bord de 13 embarcations distinctes ont été secourus mercredi, selon les informations du Croissant rouge libyen auprès d’InfoMigrants. Les exilés avaient été « exposés à des conditions difficiles en mer Méditerranée », rapporte le 22 avril l’ONG.

Sur sa page Facebook, le Croissant rouge libyen précise qu’une fois ramenés à terre, les migrants ont été pris en charge par l’organisation. « Les premiers secours et l’aide humanitaire nécessaire ont été fournis, dans le cadre des efforts continus pour protéger les vies et soulager les souffrances des personnes migrantes ».

Des photos publiées par l’organisation montrent des volontaires distribuant aux rescapés de la nourriture ainsi que des couvertures. Le Croissant rouge n’a pas précisé les nationalités des exilés.

Le même jour, 106 autres personnes à bord de deux embarcations ont également été interceptées par les gardes-côtes, toujours au large de Tobrouk, d’après le Croissant rouge libyen. L’organisation a encore une fois apporté son aide aux rescapés une fois ramenés à terre.

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Plus tôt dans la semaine, au moins 28 corps de migrants ont été découverts sur les côtes libyennes par les services de secours libyens. Il s’agit des victimes d’au moins deux naufrages survenus au large de Zouara, à l’ouest du pays, et de Tobrouk. Quatre survivants ont été identifiés.

Selon le Croissant rouge, les dépouilles retrouvées près de Tobrouk pourraient être des personnes faisant partie des 42 exilés qui se trouvaient à bord d’un canot parti de Libye le 15 avril dernier, qui a fait naufrage. Les portés disparus sont principalement de nationalité soudanaise, somalienne et égyptienne.

Route de Tobrouk

La Libye est depuis de nombreuses années un pays de transit pour des milliers de migrants, notamment subsahariens, qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe.

Aujourd’hui, plusieurs routes migratoires partent de ce pays vers les côtes européennes. À l’ouest, depuis la région de Tripoli, les embarcations tentent de rejoindre l’île italienne de Lampedusa. Tandis qu’à l’est, depuis la région de Tobrouk, les exilés cherchent à atteindre les îles du sud de la Grèce : Gavdos ou la Crète.

Carte de la route de Tobrouk vers les îles grecques de Crète et Gavdos.
Carte de la route de Tobrouk vers les îles grecques de Crète et Gavdos.

La route de Tobrouk s’est considérablement développée ces derniers mois, notamment pour éviter le renforcement des contrôles de gardes-côtes sur les routes à l’ouest de la Libye. En 2025, plus de 18 000 personnes sont arrivées de manière irrégulière en Crète, contre un peu plus de 5 000 en 2024, d’après les chiffres des autorités grecques. Soit plus du triple, et une augmentation de plus de 200 %.

Mais sur cette route, les dangers en mer sont encore plus importants et les naufrages fréquents. « Les distances sont multipliées par trois voire quatre : depuis Tobrouk, les migrants doivent traverser toute la Méditerranée centrale pour atteindre les rives européennes, sans compter qu’aucun navire de sauvetage ne sillonne cette zone. Les canots partis de Tobrouk qui dérivent n’ont aucune chance d’être secourus », signalait Arnaud Banos, spécialiste des migrations maritimes, à InfoMigrants le 10 avril.

Interceptions en mer émaillées de violence

Depuis le début de l’année 2026, plus de 4 400 personnes ont été interceptées en mer et ramenées de force en Libye, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, plus de 26 000 migrants avaient été arrêtés en Méditerranée centrale par les forces libyennes. Un nombre en constante augmentation : ils étaient plus de 21 000 en 2024, et 17 000 en 2023.

Ces arrestations en mer Méditerranée sont légales en vertu d’un accord conclu entre l’Italie (soutenue par l’Union européenne) et Tripoli en 2017. Depuis cette date, l’Europe confie aux autorités libyennes, via le centre de coordination de sauvetage maritime MRCC de Tripoli, la charge de la coordination des sauvetages d’embarcations de canots de migrants au large de leurs côtes. Une tâche qui incombait auparavant à Rome ou à La Valette, à Malte.

Les garde-côtes libyens tirent à balles réelles en direction d'un bateau de migrants, le 30 juin 2021. Crédits : Sea Watch
Les garde-côtes libyens tirent à balles réelles en direction d’un bateau de migrants, le 30 juin 2021. Crédits : Sea Watch

En revanche, pour les ONG, ces interceptions sont illégales et émaillées de violences. Les Libyens sont en effet régulièrement accusés de faire usage d’armes à feu lors de ces opérations. Certaines de leurs interventions aboutissent aussi à des drames.

Autre inquiétude des associations : l’ouverture d’un centre MRCC à Benghazi, dans l’est de la Libye, financé par la Commission européenne. Sur le même modèle que l’accord signé avec Tripoli, les autorités de l’est libyen seront désormais chargées d’intercepter les migrants en Méditerranée avant qu’ils n’atteignent les rives européennes.

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Sauf que pour les personnes ramenées dans le pays, le calvaire se poursuit. Car en Libye, les migrants sont détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, torture, travail forcé, exploitation sexuelle… Dans un rapport publié mi-février, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient à être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye.

Sources: Infomigrants

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