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« Retours volontaires » de l’OIM : 345 migrants rapatriés de Libye au Nigeria en deux semaines

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 181 migrants nigérians ont été rapatriés de Benghazi, à l’est de la Libye, au Nigeria, mercredi 11 mars via le programme onusien de « retour volontaire ». Quelques jours auparavant, 165 migrants avaient déjà décollé de Tripoli vers Lagos. De plus en plus de migrants en Libye demandent à l’OIM de les aider à quitter le pays à cause de leurs conditions de vie délétères.

Les autorités de l’Est de la Libye, à Benghazi, ont procédé au rapatriement volontaire de 181 migrants nigérians vers Lagos, mercredi 11 mars 2026. Ce « vol retour » a été coordonné par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui assure, sur le réseau social X, que le voyage a été « sûr, humain et digne pour tous les bénéficiaires ».

Début mars, un autre vol de 165 migrants nigérians avait déjà décollé de Libye, depuis l’aéroport de Tripoli cette fois-ci, pour Lagos. En tout, entre le 1er mars et le 12 mars, 345 migrants nigérians ont ainsi quitté la Libye.

Depuis plusieurs mois, les autorités libyennes, à l’ouest comme à l’est, veulent accélérer le retour de migrants en situation irrégulière vers leur pays d’origine pour éviter leur « installation permanente » dans le pays.

En décembre, le ministre libyen de l’Intérieur des autorités de Tripoli, Imad Trabelsi, avait indiqué, en présence d’ambassadeurs et représentants d’organisations internationales, le lancement d’un nouveau programme pour renvoyer des migrants en situation irrégulière chez eux. Ce mois-là, des « milliers de migrants » devaient être rapatriés au Tchad, en Somalie, au Mali et en Syrie, à raison de « deux vols hebdomadaires », avait-il annoncé.

Confrontés à des conditions de vie délétères en Libye (enlèvements, arrestations arbitraires, actes de torture…) de plus en plus de migrants en Libye demandent à l’OIM de les aider à quitter le pays.

Des migrants enfermés dans une prison de Tobrouk, en Libye, en septembre 2025. Crédit : capture d'écran Refugees in Libye
Des migrants enfermés dans une prison de Tobrouk, en Libye, en septembre 2025. Crédit : capture d’écran Refugees in Libye

En effet, passeurs et trafiquants ont profité du climat d’instabilité qui règne dans le pays depuis la chute et mort de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour développer des réseaux mafieux autour de la traite d’êtres humains. La majorité des migrants subsahariens jetés arbitrairement en prison sont aux mains de ces trafiquants et victimes d’extorsions. Les geôliers les torturent, les filment et envoient les vidéos à leurs familles pour demander des rançons. Mais de nombreux migrants meurent en détention, faute de famille et d’argent.

Un retour parfois impossible

Ainsi, depuis le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015, plus de 100 000 migrants en Libye ont pu regagner leur pays en Afrique et Asie.

Si certains sans-papiers peuvent rentrer chez eux via ces « retours volontaires » de l’OIM, le retour reste impossible pour de nombreux autres. Les exilés soudanais, par exemple, très nombreux en Libye, ne peuvent rejoindre leur pays déchiré par un conflit sanglant. D’autres migrants, coincés en Libye, fuient des violences familiales au pays, comme Marie et sa fille Aya, âgée de 7 ans. Camerounaise, Marie a fui un mari violent et violeur au pays. Elle rêve de quitter la Libye où elle a déjà séjourné trois fois en prison, mais ne sait pas où aller.

D’après les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2025, plus de 800 000 migrants se trouvent actuellement en Libye. Les Subsahariens sont parmi les plus nombreux dans les rangs de ces migrants qui se rendent dans le pays pour tenter ensuite de rejoindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée.

La Libye, situé à environ 300 km des côtes italiennes, est l’un des principaux points de départ en Afrique du Nord pour les migrants, en majorité provenant d’Afrique subsaharienne, qui tentent la traversée au péril de leur vie. Plus de 1 300 migrants sont morts en Méditerranée centrale en 2025, selon l’OIM.

Sources: Infomigrants

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