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Libye : plus de 100 000 migrants ont bénéficié d’une aide au retour « volontaire » depuis 2015

Depuis le lancement du programme d’aide au retour humanitaire « volontaire » (VHR) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2015, plus de 100 000 migrants en Libye ont pu regagner leur pays en Afrique et Asie. Confrontés à des conditions de vie délétères, de plus en plus de migrants en Libye demandent à l’OIM de les aider à quitter le pays.

Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 100 000 migrants ont pu rentrer chez eux par le biais de son programme de retour humanitaire volontaire (VHR), lancé en 2015.

Les personnes rapatriées sont originaires de 49 pays d’Afrique et d’Asie comme le Nigéria, le Mali, le Niger ou encore le Bangladesh entre autres. Si pour la grande majorité, il s’agissaient d’hommes (près de 73 000), environ 17 000 femmes ainsi que plus de 10 000 enfants – parfois non accompagnés – ont également bénéficié de cette aide de l’OIM.

D’après les derniers chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM) en 2025, plus de 800 000 migrants se trouvent actuellement en Libye. Les Subsahariens sont parmi les plus nombreux dans les rangs de ces migrants qui se rendent dans le pays pour tenter ensuite de rejoindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée.

Des conditions extrêmes en Libye

Déjà précaires, les migrants sont confrontés en Libye à des conditions particulièrement difficiles et sont des proies faciles. Les exilés sont régulièrement interpellés dans les rues par les autorités ou enlevés par des milices.

De très nombreux témoignages rapportent les multiples violences qu’ils subissent à l’intérieur de centres officiels mais aussi non officiels où ils sont détenus : viols, tortures, emprisonnements illégaux, cellules surchargées, peu de nourriture distribuée, travail forcé… Un calvaire quotidien pour des milliers de migrants. Nombre d’entre eux sont également victimes d’extorsion de la part de trafiquants issus de réseaux mafieux qui les torturent pour racketter leur famille.

Les « expulsions forcées » et souvent violentes de migrants, y compris de mineurs, dans des zones désertiques, notamment vers le nord du Niger, se sont également intensifiées. « Les personnes arrivent blessées, assoiffées et affamées », alerte l’organisation Alarme Phone Sahara.

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Des fosses communes ont aussi été découvertes, laissant présager le pire des sorts pour certains d’entre eux.

En février dernier, suite à la découverte de charniers, une trentaine d’organisations internationales (dont Human Rights Watch, Sea-Watch et plusieurs ONG de sauvetages en mer) avaient appelé au « gel des financements » de l’Union européenne (UE) à la Libye. Depuis 2017, l’UE finance en effet le pays pour empêcher les migrants de travers la Méditerranée.

Dans le même temps, début avril, les autorités libyennes ont annoncé la fermeture des sièges de dix organisations humanitaires internationales et la suspension de leurs activités. Tripoli les accuse de mener des actions « hostiles visant à modifier la composition démographique du pays » en « installant des migrants » d’Afrique subsaharienne sur son territoire.

Une alternative de plus en plus sollicitée

Confrontés à ces conditions de vie extrêmes, de plus en plus de migrants en Libye souhaitent donc fuir le pays et demandent une aide au retour. Cette « bouée de sauvetage » apparait comme l’une des seules échappatoires pour les exilés bloqués et un moyen sûr de retrouver plus de sécurité.

Le programme de retour volontaire de l’OIM offre une assistance avant le départ mais aussi une assistance à la réintégration.

« Dans un contexte où les risques de protection restent élevés et où les voies d’accès régulières sont limitées, le VHR offre une option cruciale et salvatrice pour ceux qui souhaitent rentrer chez eux », a déclaré Nicoletta Giordano, chef de mission de l’OIM en Libye.

La semaine dernière, cinq vols de retour ont été organisés, deux à partir de Benghazi, deux autres à partir de Sebha et un dernier depuis Misrata. Parmi les bénéficiaires, John et Temnaia, un couple nigérian marié qui s’est rencontré en Libye, faisaient face à une accumulation de difficultés, surtout depuis la naissance de leur fille. « Nous ne voyions pas d’avenir pour elle ici », explique John dont l’enfant n’avait pas accès à l’éducation.

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Si le retour est présenté comme une décision « volontaire » malgré les options très limitées des migrants, elle reste souvent « la seule alternative possible », selon un groupe de chercheurs. Pour l’organisation Alarm Phone Sahara, « au vu de la situation menaçante en Libye, on peut douter que ces décisions de retour aient été réellement volontaires ».

Dans son communiqué, tout en se félicitant de la « décennie d’efforts » fournis, l’OIM souligne sa préoccupation concernant « les défis et les risques persistants auxquels sont confrontés les migrants le long de la route de la Méditerranée centrale ».

Elle affirme rester « déterminée à faciliter des solutions sûres, dignes et fondées sur les droits pour les migrants qui choisissent de rentrer chez eux, tout en continuant à s’engager avec ses partenaires pour assurer la protection et rechercher des résultats durables pour tous », notamment en fournissant une « aide humanitaire aux populations vulnérables » par le soutien à des « solutions plus durables et à long terme « .

Sources: infomigrants

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