actualitéACTUALITESINTERNATIONALTV

Plus de 150 personnes secourues en mer Méditerranée en 24 heures

Au total, 156 personnes ont été secourues par les ONG Open Arms et SOS Humanity dans la journée de mercredi. Une partie des exilés a été prise en charge par les autorités italiennes, une autre fait route vers le port de Civitavecchia, en Italie, à bord de l’Humanity 1.

Pour la seule journée de mercredi 19 février, plus de 150 exilés ont été secourus en mer Méditerranée par des navires humanitaires. La première opération a été menée dans la matinée par le voilier Astral, affrété par l’ONG espagnole Open Arms. Suite à un signalement effectué par le Colibri, l’avion de reconnaissance des Pilotes volontaires, l’équipage de l’Astral a pu porter secours à 52 personnes. Parmi elles figuraient six femmes, dont une enceinte de huit mois.

L’ONG recherchait depuis la veille cette embarcation signalée dans un premier temps dans la zone de recherche libyenne. Finalement, les exilés avaient quasiment réussi à atteindre Lampedusa lorsque l’Astral les a repérés et secourus. Ils ont ensuite été pris en charge par les autorités italiennes puis débarqués à Lampedusa.

Quelques heures plus tard, vers 21h30, l’Astral a mené une seconde opération suite à un signalement effectué par Alarm Phone, la plateforme d’aide aux migrants sur la route de l’exil. Cette fois-ci, ce sont 64 migrants, dont cinq femmes et un bébé de trois ans, qui ont été sauvés par l’ONG. Lorsque l’Astral est arrivé sur les lieux du sauvetage, l’embarcation était « à moitié dégonflée et surchargée ». Tous les exilés ont été récupérés par les gardes-côtes italiens.

L’Astral étant un voilier, il n’est pas équipé pour accueillir un grand nombre de naufragés et ne peut pas naviguer sur de longues distances avec des dizaines de migrants à bord – contrairement à d’autres navires humanitaires plus imposant.

Enfin, une troisième opération a été menée mercredi soir par le Humanity 1, navire de l’ONG SOS Humanity. Il a porté secours à plus de 40 personnes « à bord d’un canot pneumatique hors d’état de naviguer », a indiqué l’organisation sur X. Parmi elles figuraient une femme et un enfant.

Restrictions italiennes

Ce vendredi matin, le navire de SOS Humanity faisait route vers le port désigné par les autorités italiennes où il devrait arriver le lendemain en fin d’après-midi. Il s’agit de celui de Civitavecchia, en Italie, à plus de 800 km du lieu du sauvetage. « Un fardeau inutile », regrette l’ONG car les personnes à son bord souffrent d’hypothermie, de déshydratation et sont « très affaiblies ».

Depuis 2022 et le décret Piantedosi, les ONG doivent se rendre « sans délai » au port de débarquement assigné par les autorités italiennes juste après un premier sauvetage. Si les navires humanitaires effectuent un autre sauvetage, ils doivent le faire avec l’accord de Rome. Sinon, ils s’exposent à des sanctions financières et à l’immobilisation du bateau.

A lire aussi
Méditerranée : les ONG estiment avoir perdu 735 jours en mer en deux ans à cause des lois italiennes

Ainsi, selon un rapport de SOS Méditerranée, les bateaux d’ONG ont perdu 735 jours à rejoindre des ports éloignés des lieux de sauvetage et ont parcouru au total plus de 275 000 km à cause des restrictions imposées par les autorités italiennes en mer. Et pour les navires qui n’ont pas respecté cette loi, depuis janvier 2023, « 640 jours de détention ont été imposés aux navires », indique le rapport. Et plus de 76 000 euros d’amendes ont été infligés aux ONG en seulement deux ans.

Passer des jours en mer après un sauvetage a des conséquences sur le fonctionnement et la trésorerie d’une ONG, mais pas seulement. Cela a également un impact « néfaste sur la santé physique et mentale » des naufragés, déjà traumatisés par une périlleuse traversée à bord d’un canot de fortune, signale SOS Méditerranée.

« Un naufrage sans témoins »

Par ailleurs, les ONG alertent également sur la découverte ces derniers jours de plusieurs embarcations à l’abandon en pleine mer : l’équipage du Humanity 1 a retrouvé un canot « vide et presque coulé » mercredi. SOS Méditerranée, a de son côté indiqué mercredi sur X que l’Ocean Viking avait repéré deux embarcations vides en l’espace de deux jours.

En mer, les ONG laissent un signe distinctif sur les embarcations après un sauvetage pour indiquer à d’autres potentiels navires croisant la route du bateau à la dérive que son équipage a d’ores et déjà été secouru. Mais ces trois embarcations abandonnées ne portaient aucun marquage indiquant un précédent sauvetage. Les ONG craignent donc « un ‘pushback’ illégal des gardes côte libyens » ou même pire : « un naufrage sans témoins », ces embarcations « fantômes » qui sombrent en mer sans que personne ne le sache.

Depuis le 1er janvier, on compte déjà plus de 100 migrants morts en Méditerranée centrale, selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Sur l’ensemble de 2024, ils étaient près de 1 700 à avoir péri noyés dans cette zone maritime, en tentant d’atteindre les côtes européennes sur des embarcations de fortune.

Sources: infomigrants

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page